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Accident tragique: une ado qui n’a eu aucune chance

Un chauffard a dévié de sa voie et a provoqué un face-à-face avec la voiture qu’elle conduisait, en Montérégie

Courtoisie de la famille.
Photo courtoisie de la famille Brigitte Lefebvre (civière du bas) nous a donné cette photo pour montrer l’ampleur de la tragédie routière causée par un chauffard qui a coûté la vie à sa fille de 16 ans Amélie.

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SALABERRY-DE-VALLEYFIELD | Une ado de 16 ans qui apprenait à conduire aux côtés de sa mère n’a eu aucune chance lorsqu’un chauffard aujourd’hui accusé de conduite dangereuse a subitement dévié de sa voie pour causer un face-à-face d’une extrême violence, en Montérégie.

« Je me souviens de l’avoir regardée et elle était heureuse de conduire », s’est rappelé hier Brigitte Lefebvre, la mère d’Amélie Lefebvre.

Amélie Lefebvre
Photo courtoisie de la famille
Amélie Lefebvre

La dame de 45 ans témoignait derrière un paravent au procès de Réal Gagné, accusé de conduite avec les facultés affaiblies et conduite dangereuse mortelle et causant des lésions.

« J’ai le sourire de ma fille comme dernier souvenir. Je ne veux pas avoir son visage à lui dans ma mémoire », a expliqué Mme Lefebvre au Journal, qui a respecté sa volonté en ne publiant pas la photo de l’homme de 50 ans.

Le 28 juillet 2015, la mère de famille était passagère avant de sa Hyundai Elantra, que sa fille conduisait, sur l’autoroute 530 ouest, à Salaberry-de-Valleyfield.

Brigitte Lefebvre a dû réapprendre à marcher avec une hanche artificielle après la collision, alors que sa fille Amélie a succombé à ses blessures.
Photo courtoisie de la famille
Brigitte Lefebvre a dû réapprendre à marcher avec une hanche artificielle après la collision, alors que sa fille Amélie a succombé à ses blessures.

Surgi brusquement

En cet après-midi ensoleillé d’été, Brigitte et Amélie Lefebvre revenaient d’acheter des ballons pour une fête lorsqu’une voiture circulant en sens inverse a brusquement surgi dans leur voie.

La voiture des victimes a été percutée de plein fouet. 
Photo courtoisie de la cour
La voiture des victimes a été percutée de plein fouet. 

L’adolescente, qui détenait un permis temporaire valide, a braqué les roues vers l’accotement pour tenter d’éviter la collision, en vain.

« C’est comme s’il s’était dit : “Le prochain char rouge que je vois, je rentre dedans” », a illustré Brigitte Lefebvre, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Deux automobilistes témoins de la scène ont affirmé avoir vu la Chevrolet Malibu de Réal Gagné louvoyer à deux reprises avant l’impact, qui s’est produit dans une zone où la limite est de 80 km/h.

Une femme suivant l’accusé a même klaxonné avec insistance pour tenter de susciter une réaction, sans succès.

« Ma fille était très amochée. Mon obsession, c’était qu’elle n’ait pas le cou cassé, alors je lui tenais la tête tout le temps, mais à un moment donné, je n’étais plus capable », a détaillé Brigitte Lefebvre.

Amélie Lefebvre a été victime d’un traumatisme crânien sévère et est décédée le lendemain, à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Sa mère, qui recevait à l’Hôpital général de Montréal de fortes doses de morphine et des soins pour ses graves blessures, a exigé qu’on la transporte en ambulance auprès de sa fille avant qu’elle ne rende son dernier souffle.

« Je ne voulais pas qu’elle meure toute seule », a-t-elle dit au juge Bertrand St-Arnaud.

Témoignant pour sa défense, Réal Gagné a répété hier ne pas se souvenir des secondes précédant l’impact.

Réal Gagné a aussi subi d’importantes blessures lors de l’impact.
Photo courtoisie de la cour
Réal Gagné a aussi subi d’importantes blessures lors de l’impact.

Endormi au volant

Il croit s’être endormi au volant, lui qui n’avait presque pas fermé l’œil la veille, en plus de travailler durant 18 heures.

Le matin même, Gagné avait percuté un parapet de l’autoroute en rentrant du boulot. Au lieu d’aller se coucher en arrivant chez lui, il a repris le volant pour aller défaire un quai chez son propriétaire. La collision fatale a eu lieu sur le chemin du retour.

La présence de méthamphétamine, qui aurait été consommée trois jours plus tôt, a été notée dans son sang.

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