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Cessez de haïr les jeunes

La traditionnelle manifestation étudiante du «22»
PHILIPPE-OLIVIER CONTANT/AGENCE QMI

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«Paresseux», «enfants-rois», «individualistes», la réputation des millénariaux est tenace.

Et depuis qu’on sait que 70 % d’entre eux placent l’environnement avant l’économie, et que les idées progressistes de Québec solidaire en séduisent plus d’un, nous ne sommes plus que d’ingrats matérialistes: nous sommes aussi des pelleteux de nuages.

Et si la seule chose dont nous étions coupables, c’était d’être jeunes? Jeunes, mais surtout plein d’espoir? Un verdict plausible, puisque ce mépris ne date pas d’hier.

La candeur: un mal nécessaire

«Les jeunes ont l’âme élevée parce qu’ils n’ont jamais été humiliés par les misères de la vie», disait Aristote.

Un discours qui depuis se transmet de génération en génération, puisque par son manque d’acquis, d’argent et d’expérience, chaque jeunesse est devenue experte dans l’art de vouloir rétablir les injustices en un claquement de doigts.

En effet, entre les années 60 et 80, ces baby-boomers qui nous accusent aujourd’hui de vouloir le beurre et l’argent du beurre étaient accusés d’être irrespectueux de l’autorité religieuse, mais aussi, tout comme nous, insatisfaits de ce qu’on leur offrait déjà.

Mais c’est cettedite insatisfaction qui les a poussés à abattre l’ordre établi, nous léguant ainsi les fruits de leur labeur. De l’accès des femmes mariées au marché du travail, à la grève étudiante de 68, en passant par la fougue indépendantiste, les jeunes de la Révolution tranquille ont été inéluctables en ce qui a trait à l’affranchissement du Québec.

Et maintenant?

Maintenant que cette jeunesse auparavant révolutionnaire prépare sa retraite et ne se bat plus que pour son confort, c’est à notre tour d’empêcher le peuple de stagner.

La jeunesse a beau être inexpérimentée, c’est la seule qui a encore la force d’entrevoir un avenir meilleur.

Certes nos combats sont différents, certes notre accès précoce à la technologie nous rend parfois superficiels et indociles, mais c’est cette même technologie qui nous ouvre au reste du monde, ouverture dont rêvaient aussi les jeunes 50 ans plus tôt.

Rien ne sert alors de tenir rigueur aux jeunes d’aujourd’hui de vouloir continuer le travail commencé, nous sommes un passage obligé pour un Québec évolué.

 

Écoutez les réactions de Richard Martineau au sujet de cette chronique à partir de 10 min 53 s

 

Cette chronique est en lien à la thématique «conflit de générations» proposée par Richard Martineau:

 

 


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