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Une peine clémente pour un vendeur de méthamphétamine

Sa «réhabilitation particulièrement convaincante» lui permet d'éviter une peine plus sévère

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Un accusé de 28 ans sans antécédents judiciaires qui a commis une importante «erreur de parcours» en livrant pour un réseau de trafiquants des dizaines de milliers de comprimés de méthamphétamine est en voie de s’en sortir avec une peine de deux ans moins un jour.

Ce genre de crime vaut habituellement une peine de trois, quatre, voire cinq ans de pénitencier, a souligné le procureur de la poursuite, Me Juan Manzano.

Mais «les circonstances vraiment particulières» du dossier d’Anthony Drouin, «qui n’a pas une structure de personnalité délinquante», permettent d’en venir à une telle suggestion commune, a-t-il expliqué au juge Christian Boulet mercredi.

150 000 comprimés

En septembre 2016, Drouin, à la demande d’un ami, a accepté de remplacer un individu pour être «le livreur d’Alexandre Mathieu» – ce dernier, une des têtes du réseau, a plaidé coupable et a écopé d’une peine de neuf ans.

Jusqu’à son arrestation le 8 novembre 2016, Drouin prenait des sacs de livraison que lui donnait Mathieu, séparait les pilules et les livrait. Il aurait été impliqué dans le trafic de quelque 150 000 comprimés de méthamphétamine, incluant les 52 000 qui ont été saisis chez lui et dans son véhicule.

Le 23 novembre 2016, une frappe policière permettait de démanteler cet important réseau qui vendait des millions de comprimés de méthamphétamine sur le territoire québécois. Une quinzaine d’individus avaient été arrêtés.

Reprise en main

«Ce qui me permet d’accepter cette suggestion, qui est en bas de la fourchette des peines généralement prononcées pour des quantités importantes de drogues dures, nocives et addictives qui causent des ravages épouvantables auprès des jeunes, ce sont des facteurs personnels qui vous sont reliés et les facteurs atténuants extrêmement importants», a indiqué le juge.

La reconnaissance de culpabilité de Drouin, ses remords, le fait qu'il n'ait pas d’antécédents judiciaires, son jeune âge, sa réhabilitation «particulièrement convaincante» – il travaille et a fait plus de 120 heures de bénévolat depuis deux ans – et le faible risque de récidive qu'il présente ont été signalés en tant que facteurs atténuants par les parties.

Drouin, qui ne consomme plus de drogue, est soutenu par sa conjointe, avec qui il a des projets d’avenir, a ajouté son avocat.

«Il était un peu naïf, il ne savait pas trop dans quoi il s’embarquait, a dit Me Jean-Philippe Lanthier. Il a réalisé qu’il a causé du mal à la société», a-t-il assuré.

«On peut penser que c’est une peine clémente, mais [...] c’est vraiment une erreur de parcours, a-t-il mentionné. Même, pour moi, c’est une peine sévère, parce que s’il y avait eu possibilité d’une peine de prison dans la collectivité, c’est ce que j’aurais plaidé.»

Puisque la suggestion commune est intervenue in extremis et que l’accusé n’était pas prêt, mercredi, à prendre le chemin des cellules, le prononcé officiel de la peine doit avoir lieu le 26 novembre.