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Envolée des dénonciations sexuelles après #MoiAussi

On dénombre 74 plaintes d’agression sexuelle par jour depuis novembre 2017

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OTTAWA | Le nombre de plaintes pour agressions sexuelles a bondi de 61 % à travers le Québec dans les mois qui ont suivi le mouvement #MeToo, soit la plus importante hausse à travers le pays.

Les effets du phénomène de dénonciation baptisé #MoiAussi en français se sont fait sentir bien au-delà des frontières des États-Unis, où est né le mouvement, révèlent de nouvelles données publiées hier par Statistique Canada.

Dans les trois mois suivant le début du mouvement, en octobre 2017, le nombre moyen de victimes d’agressions sexuelles déclarées par la police par jour est passé de 59 à 74, révèle l’agence fédérale. Un bond de pas moins de 25 % en l’espace d’à peine 90 jours.

Les auteurs Cristine Rotenberg et Adam Cotter assurent que la hausse n’est pas attribuable à une augmentation du crime, mais bien à une plus grande ouverture à la dénonciation.

Vague au Québec

« La hausse est probablement attribuable à une combinaison de facteurs, y compris le fait que les victimes étaient davantage disposées à signaler un incident à la police à la suite de l’émergence du mouvement », expliquent-ils.

Pendant cette période, plusieurs femmes sont sorties de l’ombre pour dénoncer des personnalités québécoises, dont Gilbert Rozon, Michel Brûlé et Éric Salvail.

Au Québec, le taux d’agressions sexuelles dénoncées aux policiers par 100 000 habitants a bondi de pas moins de 61 % dans les trois mois suivant le début du mouvement.

On note aussi que quatre des cinq régions métropolitaines au Canada où on remarque la plus grande hausse des dénonciations sont chez nous, soit Québec (+78 %), Sherbrooke (+76 %), Saguenay (+69 %) et Montréal (+67 %).

« Au Québec [...], les médias ont largement couvert le mouvement, des personnalités publiques ont été accusées d’inconduite sexuelle, et de nombreux services de police ont mis en place des lignes d’aide spécialisées pour le signalement des agressions sexuelles », analysent Mme Rotenberg et M. Cotter pour expliquer la différence d’avec le reste du Canada.

Selon Stéphanie Tremblay, du Regroupement québécois des CALACS, les résultats sont encourageants, mais la victoire est loin d’être acquise alors qu’un nombre minime de dénonciations mènent à une déclaration de culpabilité devant les tribunaux.

 

Hausse des dénonciations après #MoiAussi

  • Yukon | -18 %
  • Territoires du Nord-Ouest | -10 %
  • Nunavut | +8 %
  • Colombie-Britannique | +16 %
  • Alberta | +7 %
  • Saskatchewan | +1 %
  • Manitoba | +27 %
  • Ontario | +19 %
  • Terre-Neuve-et-Labrador | +36 %
  • Québec | +61 %
  • Nouveau-Brunswick | +9 %
  • Nouvelle-Écosse | +15 %
  • Île-du-Prince-Édouard | +3 %

► Total Canada | +24 %