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Banque RBC : Il faut aider nos pétrolières

STOCKQMI-BANQUE
Photo d’archives, Agence QMI

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Vraiment incroyable et aussi très disgracieux de la part d’une banque qui déjà prive les Canadiens de milliards de dollars chaque année grâce à ses filiales installées dans les paradis fiscaux et qui transfère beaucoup d’employés en Asie afin d’économiser et d’être plus efficace et efficiente, même si elle engrange des profits records grâce au fameux cartel bancaire canadien chaque année : « La Banque Royale (RBC) affiche un profit annuel record (en 2017) de 11.5 milliards $ » (Le Devoir, 30 novembre 2017).

J’ai failli m’étouffer dans ma tasse de thé à la lecture du titre de cet article récent publié dans Le Devoir du 27 octobre 2018 : « Le gouvernement doit soutenir (ce qu’il fait depuis toujours, tant provincial que fédéral) le secteur de l’énergie, dit la RBC ». Absolument rien à leur épreuve pour accroître toujours plus les inégalités économiques et enrichir davantage les pétrolières milliardaires majoritairement étrangères (dont la française Total liée à Power Corp.). Puis-je vous inviter à lire les textes suivants publiés les 20 octobre 2018 et 12 janvier 2017 dans le Journal de Montréal et rédigés par le chroniqueur Michel Girard : « La gloutonnerie des pétrolières » et « Les pétrolières abusent ».

Je ne sais pas pour vous, mais moi la moutarde forte me monte au nez. Selon les « experts » de la Royal Bank, en plus de se faire escroquer à la pompe par les pétrolières, il faudrait en plus se faire hara-kiri en demandant aux citoyens et aux consommateurs de les subventionner encore plus. Qu’attendent nos politiciens pour réagir et agir? Ah j’oubliais, tant au fédéral qu’au provincial (Dubé, Fitzgibbon et Girard à la CAQ et Leitao, Daoust, Gignac, Ménard et Coiteux au PLQ), nos gouvernements comptent plusieurs banquiers dans leur députation où l’on en fait des ministres vedettes dotés supposément d’une très grande compétence pour gérer l’État comme une banque.

Et pourtant, en 2011, l’Agence internationale de l’énergie préconisait le contraire de la Banque Royale : « L’AIE plaide pour la fin des subventions aux énergies fossiles » (Le Devoir, 7 avril 2011). Et encore plus le pétrole le plus polluant du monde issu de nos sables bitumineux en Alberta, que la RBC veut toutefois subventionner. Même que l’ONU, en 2015 et en 2017, a dit ceci : « L’ONU invite Ottawa à abandonner le pétrole » et « Climat. Il faut cesser d’investir dans les énergies fossiles, martèle l’ONU » (Le Devoir, 15 avril 2015 et 16 novembre 2017).

Moins dans les services publics et plus dans le pétrole

Ce n’est pas tout mes amis comme inepties formulées par Dave McKay, le PDG de la Banque Royale du Canada. À propos des recettes futures encaissées par le gouvernement fédéral, l’honorable monsieur a eu le culot de dire : « Nous nous inquiétons (le patronat) qu’une trop grande partie de cet argent (provenant de la taxe carbone qu’il appuie timidement) passe dans les dépenses générales (programmes sociaux) du gouvernement (et de la population) plutôt que d’être investie dans la production d’énergie plus propre (c’est-à-dire du pétrole moins sale) et plus concurrentielle ». Léo, es-tu en train de faire une montée de lait? Oui. Observez le choix des mots du banquier : les services publics et les programmes sociaux représentent pour lui des « dépenses » alors que subventionner le pétrole de l’Alberta constitue à ses yeux un « investissement ». C’est effrayant de dire de telles ignominies.

L’hypocrisie des gouvernements canadiens et occidentaux

« Le Canada (PLC) salue le rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ». C’est de l’hypocrisie. D’un côté, le Parti libéral du Canada est signataire de l’Accord de Paris visant à limiter le réchauffement climatique et appuie joyeusement le dernier rapport alarmiste du GIEC tout en promouvant de l’autre côté l’exploitation du pétrole partout au Canada et achète au montant de 4.5 milliards $ en fonds publics le pipeline TransMountain pour acheminer encore plus de ce produit polluant. Cherchez l’erreur! Cherchez l’authenticité dans toute cette mascarade! Et Justin qui, malgré tout, vient nous dire que : « Trudeau prévient que les désastres vont se multiplier grâce à vos initiatives. Les générations futures le remercient pour le beau tas de cochonnerie environnementale qu’il va leur léguer. Les autres pays occidentaux, pas mieux que le Canada, ne font que baratiner et placoter sur les dangers du réchauffement climatique : “Les gouvernements du monde approuvent un rapport-choc (celui du GIEC) sur le climat (mais ils ne font rien)” (Le Journal de Montréal, 6 octobre 2018).

Tel que m’ordonnent mes thérapeutes Pancho et Igor, je dois, malgré tout, en trouver des drôles comme celle-ci émanant encore une fois du Parti libéral du Québec. Même s’ils ne sont plus au pouvoir, il faut bien admettre qu’ils sont toujours les champions de l’humour insignifiant : “La protection de l’environnement pourrait (mais c’est pas sûr) devenir la 9e valeur libérale” (Le Devoir, 25 octobre 2018). Vous m’en direz tant!

RBC qui en rajoute, elle qui s’est payée une pleine page d’infopublicité dans La Presse intitulée : “Aider à bâtir un avenir meilleur. Quand on croit en nos enfants, ils peuvent s’épanouir”. Vraiment touchant. Moi ça me fait pleurer. Un avenir meilleur pour nos enfants afin qu’ils s’épanouissent grâce aux milliards de dollars que les banques canadiennes détournent dans les paradis fiscaux et grâce à l’“investissement public” dans l’accroissement de la production de pétrole sale.