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Bombardier: Legault doit intervenir, dit Anglade, qui refuse de blâmer l’entreprise

Dominique Anglade
Photo d'archives, Simon Clark Dominique Anglade

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QUÉBEC | Le Parti libéral demande au gouvernement Legault de lancer des pourparlers avec Bombardier pour revigorer le secteur de l’aérospatial au Québec, mais refuse de montrer du doigt l’entreprise pour les récentes suppressions d’emplois.

Bombardier a annoncé jeudi qu’elle devra abolir 5000 emplois, dont 2500 au Québec, au cours des 18 prochains mois.

«C’est au gouvernement de s'asseoir avec l’entreprise, s’asseoir avec le secteur et trouver des solutions. Nous, [quand nous formions le gouvernement], nous en avons trouvé, des solutions», a indiqué la porte-parole libérale en économie, Dominique Anglade, lors d’une mêlée de presse, jeudi.

«Le gouvernement a la responsabilité d’être proactif et de démontrer qu’il a la volonté ferme de poursuivre le développement du secteur de l’aérospatiale», a-t-elle ajouté.

Elle croit notamment que Québec doit interpeller le gouvernement fédéral pour qu’il mette l’épaule à la roue dans la promotion du secteur de l’aérospatiale.

Pas de blâme

Par ailleurs, Mme Anglade refuse d’associer les décisions de l’entreprise aux suppressions d’emplois annoncés jeudi.

«Il y a des réalités d’affaires auxquelles ils font face, ça, on le conçoit. Mais encore une fois, c’est au gouvernement de s’asseoir avec l’entreprise pour trouver des solutions», a-t-elle indiqué.

«C’est une entreprise qui a fait en sorte qu’aujourd’hui, sans elle, on n’aurait pas le secteur de l’aérospatiale qu’on a au Québec. C’est un pilier de l’économie, c’est 40 000 emplois», a-t-elle ajouté.

Quant à la rémunération des dirigeants et les décisions d’affaires, «ça, c’est le rôle du C.A.», a dit Mme Anglade.

«S’engraisser avec les fonds publics»

Pour sa part, Québec solidaire reproche à Bombardier d’avoir «abandonné» les travailleurs, en «s’engraissant largement avec des fonds publics».

Québec a investi 1,3 milliard $ en 2016 dans la branche C Series de Bombardier, avant qu’Airbus en prenne le contrôle en juin dernier.

«De toute évidence, la direction de Bombardier, ça ne les dérange pas de s'en mettre plein les poches en s'abreuvant avec des fonds publics pendant que, de l'autre main, ils mettent à pied des milliers de Québécois», a déploré le porte-parole solidaire, Gabriel-Nadeau Dubois, qui exige un «changement de culture économique» au Québec.

«Gloutonnerie»

De son côté, le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, croit qu’investir à nouveau dans Bombardier serait «imprudent et téméraire».

Le gouvernement Legault doit d’abord s’occuper «personnellement» du dossier, «au lieu d’accepter béatement» les raisons évoquées pour la suppression d’emplois.

Les dirigeants de l’entreprise doivent également renoncer immédiatement à leurs éventuels bonis, qui sont de la «gloutonnerie», croit M. Bérubé.

«Quelles que soient les décisions qui sont prises, lorsqu’elles impliquent de façon massive de l’argent public, il faut d’abord que la priorité soit la préservation des emplois», a-t-il insisté, lors d’une mêlée de presse.

– Avec la collaboration de Geneviève Lajoie