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Ces femmes qui n’aimaient pas les femmes

US President Donald Trump addresses rally in North Carolina, less than two weeks before midterm polls
AFP

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Lorsque cet article sera publié, les Américains auront déjà choisi ceux qui siégeront au Congrès du pays pour les deux prochaines années. Et à date, tous les scénarios sont possibles.

Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse aujourd’hui. Ce qui m’intrigue plutôt, c’est l’enthousiasme avec lequel plusieurs femmes ont soutenu Donald Trump pendant ces élections de mi-mandat.

Déjà, en 2016, le pourcentage de votes féminins (ou de votes tout courts) pour un candidat qui tient autant de propos sexistes et anti-choix était à mon sens beaucoup trop élevé. 42% des Américaines avaient en effet choisi l’attrapeur d’entre-jambes comme grand patron des quatre prochaines années.

«Elles seront rapidement déçues et dépossédées», m’étais-je dit.

La désinformation

Hélas, non. Les Trumpettes sont tenaces: les pancartes «Women for Trump» continuent d’être brandies. Et selon un récent sondage de NBC Wall Street Journal, 38% des femmes approuvent toujours son travail. Si seulement 4% ont déchanté sur Trump, même après qu’il se soit vanté d’avoir commis des agressions sexuelles, même après qu’il ait humilié Christine Ford, c’est que certaines de ses propositions leur sont essentielles au point de les rendre aveugles.

En effet, en s’intéressant aux sondages, on découvre que seulement 4% des femmes noires auraient voté pour ce 45e président en 2016, contre 53% de femmes blanches. Ce qui motivait ces dernières à s’enticher de Donald il y a deux ans se dessine davantage aujourd’hui: cette semaine, elles ont presque toutes évoqué leur peur des immigrants. Antiféministes, racistes, mais surtout mal informées, ces femmes ont mordu à l’hameçon d’un président qui leur promet, en bon mal alpha, de les protéger. Mais les protéger de quoi?

Une peur mal placée

Depuis 2001, seulement 170 Américains ont été victimes d’attentats terroristes (dont seuls 25% étaient d’inspiration islamiste), alors qu’uniquement en 2015, 1600 femmes ont été tuées par un homme.

Bien que précipitées, ces statistiques indiquent surtout l’absurdité du monde dans lequel nous vivons: un monde où la violence envers les femmes est banalisée et où la peur de l’étranger sert d’argument à une nation qui divise afin de mieux régner.

 

Écoutez les réactions de Richard Martineau au sujet de cette chronique à partir de 10 min 53 s

 

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