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La censure québécoise

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Je l’ai appris à mes dépens: au Québec, on ne peut pas parler de tout.

D’abord, parce qu’à bien des égards, nous sommes une société consensuelle qui déteste la chicane, mais aussi parce que nous avons eu des blessures qui n’ont juste jamais guéri.

La polarisation de l’immigration

Dans les médias québécois, on doit absolument excuser une prise de position négative sur l’immigration. Certains premiers ministres ont tellement polarisé le sujet qu’il est impossible d’être nuancé. C’est soit qu’on est un raciste fasciste ou qu’on accueille des réfugiés dans sa maison. Aucun entre-deux n’est possible. Bravo Philippe Couillard! Résultat, les gens ont peur de dire ce qu’ils pensent publiquement. En 2018, l’autocensure est extrêmement présente.

Les tabous du référendum perdu

Ne me dites pas que Radio-Canada a fait des documentaires sur la chose, il y a encore plein de non-dits sur le référendum de 95. D’abord le plus gros tabou: les raisons de la défaite. Même s’il a été prouvé que le Canada a triché et que le vote des allophones a presque été exclusivement vers le non, on n’a pas le droit de le dire. Mettez-vous ça dans la tête, les Québécois ont perdu le référendum à cause de l’argent et du vote ethnique.

C’est un fait. C’est plate, c’est triste voire scandalisant, mais on a quand même le droit de le dire. Arrêtez de garder ça à l’intérieur. La censure médiatique qui a condamné ces propos est une construction sociale qui vise à nous diviser. Le plus grand faux pas du PQ aura été d’accepter ce consensus.

Un écartement historique

Jadis, lorsque les Québécois allaient à l’église, tout se passait en latin. Seul le curé pouvait comprendre la leçon. Ouf, ça en fait du monde qui ne comprenait rien. Aujourd’hui, j’ai parfois l’impression que les médias ont le même rôle: nous éloigner du microphone. On s’assure de garder seulement les gens qui savent parler des «vraies affaires». Le Québec serait bien différent si on ouvrait la porte aux opinions des gens. Finalement, ce sont tous les Québécois qui y perdent au change.

 

Écoutez les réactions de Richard Martineau au sujet de cette chronique à partir de 18 min 10 s :

 

 

 


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