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L’anti-snob

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Si la réaction au décès de Bernard Landry est si vive, c’est que cet homme s’est fait un nombre incroyable d’amis, surtout au cours des 13 dernières années, et pas seulement parmi les puissants.

Après son départ de la politique active, le bouillant personnage s’est adouci. Loin de se retirer dans un Olympe parmi la haute société, il n’hésitait jamais à venir appuyer les petites sociétés d’histoire, les organisateurs de conférences, parfois confidentielles et éloignées.

Sa logique était quelque chose comme : si tu te dévoues pour le Québec, je vais te prêter main-forte. Sa retraite n’était donc pas une sinécure.

Mentor

Sa démission comme chef du PQ en 2005 (à mon avis impulsive et nuisible à son parti qui ne s’en est jamais remis) l’a quelque peu soustrait aux caméras, mais il est alors devenu omniprésent « sur le terrain » et accessible. De jeunes passionnés d’histoire ou de politique parlent de Bernard comme d’un ami ou d’un mentor.

Jacques Parizeau aussi se montrait généreux de son temps ; mais Landry encore davantage. Et il s’avérait beaucoup moins intimidant que « Monsieur » pour le commun des mortels.

Bernard et moi

Je prononçais une conférence à la société patrimoniale de Sainte-Thérèse mardi, et je venais de mentionner Bernard Landry et son œuvre pour rapatrier à Varennes la dépouille de Marguerite d’Youville lorsqu’une dame m’a interrompu en s’excusant : « On vient d’annoncer le décès de Bernard Landry. » La salle était pleine à craquer. Un murmure de tristesse l’a traversée.

M. Landry et moi avions noué une sincère amitié. Il m’a invité dans sa petite maison datant de la Nouvelle-France à Verchères. Lorsque mon petit-fils adolescent a été emporté par une leucémie, Bernard Landry a eu la délicatesse de m’envoyer un mot de condoléances. Il avait eu la même amabilité au décès de mon grand frère Jacques quelques années plus tôt. À sa veuve, Chantal, son amoureuse, par ces mots, j’exprime ma sympathie.