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Le méchant casse-tête du banquier de la CAQ

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Au rythme où l’argent entre dans les coffres de l’État, le nouveau gouvernement Legault aurait les moyens financiers de donner suite à ses promesses électorales, tout en conservant les généreux cadeaux offerts par le précédent gouvernement Couillard.

En l’espace d’à peine cinq mois, grâce aux juteuses recettes supplémentaires d’impôts et de taxes perçues sur le dos des contribuables québécois, le gouvernement du Québec a engrangé un incroyable surplus de 4,14 milliards de dollars.

Je parle ici du réel surplus réalisé d’avril à août, soit le surplus enregistré avant la déduction du transfert d’argent (de 1,1 G$) dans le fonds des générations. Lequel argent provient des redevances et taxes spécifiques qui sont au bout du compte payées par nous, les consommateurs.

Pour « apprécier » à sa juste envergure l’actuel surplus de 4,14 milliards, sachez qu’il dépasse de 1,56 milliard le surplus de la période correspondante du précédent exercice financier de 2017-18, que l’ex-ministre des Finances, Carlos Leitao, avait bouclé avec un historique surplus de 4,6 milliards. Et ce, après avoir haussé de façon importante les dépenses gouvernementales.

MISE EN DOUTE DU SURPLUS

Afin de calmer les attentes de la population, le nouveau ministre des Finances, Éric Girard (aucun lien de parenté avec moi), a cependant tenu à dire qu’on ne pouvait extrapoler ce substantiel surplus accumulé en cinq mois à l’ensemble de l’exercice financier en cours.

Il a laissé entendre que ledit surplus allait disparaître. Rien de moins !

Pire encore, à l’instar de son chef François Legault, Éric Girard doute de la véracité même du surplus accumulé jusqu’à présent. Franchement !

Comme on peut voir, le nouvel argentier caquiste joue de grande prudence. Issu lui aussi du monde bancaire, tout comme son prédécesseur, Éric Girard emboîtera-t-il le pas à Carlos Leitao dont la stratégie budgétaire lui a permis de faire du Québec la province la plus rentable des quatre dernières années ?

Une stratégie budgétaire qui, d’un budget à l’autre, a consisté à minimiser systématiquement les revenus que le gouvernement allait encaisser. Et d’autre part, une stratégie qui, rappelons-le, a eu pour impact de compresser au maximum les dépenses gouvernementales durant deux ans et demi d’austérité budgétaire.

Les résultats des cinq premiers mois de l’actuel exercice financier s’inscrivent dans la foulée de la stratégie budgétaire Leitao : le gouvernement encaisse des rentrées fiscales supérieures aux prévisions et réussit à dépenser moins que prévu !

Au chapitre des revenus, l’ex-gouvernement Couillard a prévu pour l’ensemble de l’année financière une hausse de 2,7 %. Au cours des cinq premiers mois, la hausse des recettes s’élève à 6,6 %, soit nettement supérieure aux prévisions de Leitao.

Quant aux dépenses gouvernementales, l’augmentation prévue par Leitao est de 5,3 % alors qu’après cinq mois, elle s’élève à 4,4 %.

CINQ SURPLUS DE SUITE

Au plan budgétaire, le gouvernement Couillard a réussi le tour de force de boucler ses cinq budgets avec des surplus.

J’ai analysé l’évolution budgétaire des cinq premiers mois, de chacun des exercices financiers sous Carlos Leitao.

En cinq ans, la hausse des revenus d’impôts, de taxes, de transferts fédéraux... s’élève à 8,22 milliards (+ 28,8 %), à comparer à une augmentation de dépenses gouvernementales de 3,4 milliards (11,6 %).

Une hausse de revenus qui dépasse 2,4 fois la hausse des dépenses.

Merci aux contribuables !