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Pas de congé pour les joueurs d’influence

Carey Price a mal réagi devant Neal Pionk en fin de troisième période mardi et le joueur des Rangers a inscrit le but de la victoire.
Photo AFP Carey Price a mal réagi devant Neal Pionk en fin de troisième période mardi et le joueur des Rangers a inscrit le but de la victoire.

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Fatigue ? Eh ! Nous sommes au tout début de novembre. Fatigue mentale ? Peut-être. Mais peut-on mettre en doute le jugement ?

Quand le Canadien menait par la marque de 3 à 1 face aux Rangers, mardi, je ne suis pas certain qu’on ressentait une fatigue mentale. C’est quand le Tricolore a plongé dans l’indiscipline qu’il a perdu le rythme, qu’il a perdu son exécution et qu’il a fourni aux Rangers l’opportunité dont cette équipe avait tant besoin.

Et il y a un facteur qu’on ne peut pas négliger.

Shea Weber, Carey Price et Jonathan Drouin sont les trois joueurs identifiés pour guider cette équipe. Brendan Gallagher a aussi un rôle important et Max Domi a vraiment modifié la donne, mais il faut se tourner vers les trois joueurs d’influence pour atteindre les objectifs fixés.

Or, mardi contre les Rangers, le bilan s’établit ainsi.

Drouin a montré une fiche de -4. Plusieurs revirements. Une soirée à oublier. La veille à Brooklyn, il avait offert l’une de ses meilleures performances de la saison.

Price a commis une erreur sur le but égalisateur, redonnant espoir aux Rangers. Sur le but de la victoire, il n’a rien fait pour déranger le joueur des « Blueshirts ». C’était une situation où habituellement, un gardien concentré va défier le porteur du disque et va tenter de harponner la rondelle. Il n’a absolument rien fait.

Weber est toujours sur la liste des blessés et, au fur et à mesure que la saison progresse, on voit une brigade défensive davantage sollicitée et incapable de réagir avec la même assurance que lors des trois premières semaines de la saison.

Dans le cas de Drouin, y a-t-il un joueur plus énigmatique ? Talentueux, rapide, doué pour contrôler la rondelle, il plonge trop souvent dans la confusion. Il est nettement plus à l’aise à l’aile et son style de jeu a toujours été de profiter de toute la surface glacée. Cependant, il ne parvient pas à coller les bonnes performances.

Price inquiète

Les joueurs d’influence ont cette capacité d’exercer un impact. Drouin a du mal à associer son talent aux engagements que doit respecter un joueur de son statut.

Dans le cas de Carey Price, doit-on ressentir une certaine inquiétude ? A-t-on raison d’être plus soucieux dans son cas que dans celui de Drouin ?

Absolument.

Il est le joueur de concession, celui qui, basé sur les performances des années passées — oublions l’an dernier et l’année précédente —, a été désigné pour faire toute la différence. Or, jusqu’ici, les résultats sont loin d’être concluants. Y a-t-il une grande différence entre le Price de 2017-2018 et celui de cette saison ?

Sur le plan de l’attitude, sans aucun doute. Il s’implique, il connaît bien les enjeux. Cependant, sur le plan des résultats, a-t-il fait toute la différence cette saison ?

Parfois, comme lors de la victoire par jeu blanc de 3 à 0 à Boston. Et contre Washington, la semaine dernière, alors qu’il a effectué deux arrêts spectaculaires en troisième période.

Mais le Carey Price qui a habitué les partisans de l’équipe à des exploits particuliers soir après soir tarde à retrouver cette magie qui épatait non seulement la galerie, mais, parfois, les adversaires du Canadien.

Pas intimidant

Ken Hitchcock avait bien résumé le travail de Price, il y a deux ans.

« Il est intimidant, c’est aussi simple que ça. »

Or, Price n’intimide personne présentement. Il appartient toujours à l’élite du circuit, c’est indéniable, mais est-ce la nouvelle Ligue nationale, avec une attaque plus explosive, avec des jeunes joueurs plus talentueux que jamais, qui remet tout en question ?

Price n’est pas le seul gardien de la LNH à éprouver des ennuis.

Braden Holtby et Matt Murray également. Sergei Bobrovsky est brouillon un match sur deux. Ça n’allait pas du tout pour Jonathan Quick avant qu’il se retrouve à l’infirmerie. Connor Hellebuyck n’a rien cassé jusqu’à maintenant. Mike Smith non plus.

Sauf qu’Andrei Vasilevskiy, Antti Rantta, John Gibson, et Devon Dubnyk, entre autres, se démarquent.

C’est dans ce dernier groupe que Price devrait se retrouver.

À son retour, Weber donnera plus de lustre à la brigade défensive, du moins on le présume, mais entre-temps, c’est Price qui doit prendre les choses en main...

Quenneville a perdu

Dans les faits, les décideurs des Blackhawks avaient le choix entre Stan Bowman, le directeur général de l’organisation, ou Joël Quenneville.

Quenneville a payé la note.

« Nous avons confiance en Stan, » a dit le président de l’équipe, John McDonough.

Mais pour combien de temps ? Voilà la question. L’objectif est une participation aux séries éliminatoires. Or, les Blackhawks n’ont possiblement pas les effectifs pour s’y tailler une place, surtout avec la compétition féroce que se livrent les équipes de la division Centrale.

Le choix de Quenneville n’étonne pas. Il a failli perdre son emploi l’an dernier. L’entraîneur n’a pas aidé sa cause en entretenant des relations plutôt tendues avec son directeur général. L’an dernier, il avait critiqué les dirigeants de l’équipe d’avoir échangé le défenseur Niklas Hjalmarsson aux Coyotes de l’Arizona. Il avait pété les plombs en apprenant le départ d’Artemi Panarin. Il n’avait pas accepté le départ de son adjoint Mike Kitchen.

Bref, il avait fourni plusieurs arguments aux propriétaires de l’équipe pour mettre un terme à leur association. Il ne part pas les mains vides puisqu’il touchera 12 millions $ d’ici la fin de son entente. Où ira-t-il ?

Hockey Canada devrait être une aventure pour l’homme de 60 ans.

Au fait, Quenneville avait été fortement recommandé par... Marc Bergevin, à l’époque, pour remplacer Denis Savard.

Dans le calepin

Les Coyotes seront vendus. Quand ? Possiblement avant la présentation du prochain match des étoiles ? Vont-ils demeurer à Glendale ? Ne pariez pas de gros sous. Houston pourrait être une solution intéressante.

Houston et Dallas pourraient créer une belle rivalité dans la division Centrale et la formation de Seattle évoluerait dans la division Pacifique.

Donald Fehr assure les joueurs qu’il sera en poste à la prochaine négociation, après quoi il prendra sa retraite. Les joueurs tenteront-ils de trouver un remplaçant à Fehr afin qu’il puisse participer aux négociations ? Ce ne serait pas une mauvaise idée...