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Rejeté par le peuple, sauvé par le système

Donald Trump
Photo AFP Donald Trump

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Le refrain populiste de Donald Trump est familier: le peuple est avec lui, mais le système est truqué. Aux élections de mi-mandat, le peuple a voté contre Trump, mais le système électoral lui a permis d’éviter une défaite complète.

Donald Trump l’a échappé belle. On prédisait une vague bleue et elle est venue, mais les dommages pour le président ont été moins pires que ce à quoi on s’attendait.

Fidèle à lui-même, Trump présente les résultats comme une victoire, mais il a bel et bien subi un revers.

Bien sûr, les républicains ont fait des gains au Sénat, mais les marges de victoire sont presque partout en recul et quelques forteresses ont failli leur échapper.

Quand on y regarde de plus près, ni Trump ni les républicains n’ont de raisons pour se péter les bretelles.

La vague bleue est venue

Ce n’était pas un tsunami, mais elle est venue, la vague bleue. À la Chambre des représentants, les démocrates se sont emparés de la majorité. Le dépouillement se poursuit, mais le résultat devrait être environ 229 sièges contre 206, un gain net de 34 sièges pour les démocrates.

C’est beaucoup moins que le gain de 63 sièges que les républicains avaient enregistré en 2010, que Barack Obama avait qualifié de dégelée (shellacking), mais en termes de vote populaire, la majorité démocrate en 2018 (au moins 6,9 % selon le New York Times) est semblable à celle des républicains en 2010 (6,8 points).

Le boulet Trump

Même si le parti présidentiel perd des plumes à presque toutes les élections de mi-mandat, on aurait pu s’attendre à mieux des républicains cette année en raison de la vigueur de l’économie et de l’emploi.

En fait, c’est surtout le faible taux d’approbation du président Trump qui distingue cette élection des autres, ce qui explique une partie des gains démocrates.

Les efforts du président pour enflammer sa « base » ont peut-être aidé marginalement quelques candidats, mais son incapacité à persuader les électeurs (surtout les électrices) sans attache partisane et son effet mobilisateur parmi les démocrates font probablement de Trump un boulet pour son parti.

Un coup de pouce du système

La répartition géographique des électeurs et le tripotage des cartes électorales (gerrymandering) par plusieurs gouvernements d’États républicains donnent un avantage certain à Trump et à son parti.

De plus, dans plusieurs États, les républicains ont mis en place des règles électorales qui entravent la participation au détriment de groupes largement démocrates.

En 2016, le système avait avantagé Trump, qui a obtenu la majorité au collège électoral malgré un déficit de près de trois millions de votes au scrutin populaire.

Dans plusieurs États qui avaient permis à Trump d’exploiter ce « système », notamment au Michigan, en Pennsylvanie et au Wisconsin, les républicains ont essuyé de lourdes pertes mardi, alors on verra si le populiste Trump arrivera encore à déjouer la volonté majoritaire du peuple en 2020.