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S’affranchir des traumatismes du passé

S’affranchir des traumatismes du passé
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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***Cette chronique est le coup de cœur de Richard Martineau

Écoutez les réactions de Richard Martineau au sujet de cette chronique à partir de 33 min 32 s :

 

 

Des études en psychologie démontrent que certains traumatismes peuvent être transmis d’une génération à l’autre. Et si les traumas politiques de nos parents avaient forgé la vision de ma génération?

66 %, c’est le taux de participation des dernières élections québécoises. Malgré l’urgence en environnement, en éducation et en santé, le Québécois, peu importe son âge, choisit de rester chez lui. 

Ce sentiment d’impuissance et d’indifférence par rapport à la démocratie s’ancre dans les promesses brisées de l’État-Providence et du projet souverainiste. Il est encore vif chez les plus vieux, il percole toujours sur ma génération. Peut-on s’en libérer?

Désenchantement

Les années 1960 et 1970 sont marquées par la construction de l’État-Providence et le rêve du pays. On pense qu’avec un État fort, on arrivera à réduire les inégalités de richesse... et à devenir libres. On aspire à faire du français la langue officielle d’une nation souveraine. 

Puis, deux rendez-vous avec l’histoire deviennent des souvenirs douloureux. En trame de fond, la planète se laisse séduire par le néolibéralisme. L’État interventionniste subit compressions et privatisations. Les projets structurants sont mis sur la glace pour la réingénierie de l’État et l’ère libérale technocrate.

Les grandes déceptions en amour rendent souvent l’engagement difficile. C’est ce qui se passe entre les Québécois et leur démocratie.

Cette relation tumultueuse a fécondé la culture politique des milléniaux. 

Le paradoxe millénial

Ma génération redoute la grande porte des projets collectifs pour faire avancer des causes, elle préfère se concentrer sur ce qui passe par ses mains, sur ce qui protégera son bonheur, plus indépendant, de celui des autres. Ce n’est pas mon souhait, mais c’est la réalité.

Les milléniaux sont individualistes, comme ceux qui se vantaient d’être lucides en sabrant les programmes sociaux. 

Cependant, ma génération est particulièrement hétéroclite. Elle se remet en question, appréhende et rêve différemment. Elle est humaine.

Quand j’écoute mes amis défendre, le feu dans les yeux et dans l’âme, l’égalité des chances et le développement durable, je me dis qu’il est peut-être temps de s’affranchir des traumatismes du passé et de tenter, à notre tour, d’écrire l’histoire.

 

Cette chronique est en lien à la thématique "conflit de générations" proposée par Richard Martineau:

 

 

 


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