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Trump peut dormir tranquille

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C’est tout ?

C’est tout ce que les démocrates ont réussi à faire après avoir passé deux ans à diaboliser Donald Trump ?

Remporter le Congrès par la peau des dents ?

Si j’étais eux, je ne me péterais pas les bretelles...

UNE VAGUELETTE

Pendant deux ans, on a eu des manifs anti-Trump.

Des chansons anti-Trump.

Des livres anti-Trump.

Des vedettes qui ridiculisaient Trump aux Oscars, aux Emmys et aux Tonys.

Des joueurs de football qui défiaient Trump avant leurs matchs.

Un déluge d’éditoriaux anti-Trump.

Une avalanche de reportages anti-Trump.

Des masques qui se moquaient du look de Trump.

Des campagnes, des pétitions, des blagues, des insultes, des sites internet, des clips, des t-shirts, des marches, des imitations, des satires, des documentaires, des pamphlets, des essais...

Robert De Niro, Alec Baldwin, Taylor Swift, Rosie O’Donnell, Rihanna, Charlize Theron, Michael Moore, Katy Perry, Miley Cyrus, Bon Jovi, Emma Watson, Julia Roberts, Alicia Keys, Peter Gabriel, Brian Eno, Eminem, Roger Waters, George Clooney, Beyoncé, Jay Z, Shakira...

Pas moyen d’ouvrir la télé sans tomber sur quelqu’un quelque part qui disait que Trump était un idiot, un ignare, un fou, un psychopathe, un incompétent, un agresseur sexuel, un monstre, un tyran et le pire leader que la Terre n’ait jamais porté.

Et c’est tout ce que les démocrates ont réussi à faire ?

Avec toute cette armada ? Toute cette publicité ? Toutes ces personnalités ?

Ben coudonc.

Pas de quoi pavoiser.

On annonçait un tsunami et on a eu droit à une vaguelette.

Si j’étais Trump, je dormirais tranquille sur mes deux oreilles.

Les deux majeurs bien dressés.

UNE ÉLITE DÉCONNECTÉE

On a l’impression, en regardant les médias américains, que la population des États-Unis au grand complet est contre Trump.

C’est faux.

Encore une preuve que les membres de l’élite sont déconnectés et qu’ils se parlent entre eux...

Taylor Swift a beau se moquer de Trump dans son gros manoir avec ses amis fortunés de New York et de Hollywood, le gars de Pittsburgh, de Buffalo ou de Milwaukee qui a perdu son boulot quand son usine a été délocalisée en Chine ou en Inde écoute Trump lorsque celui-ci parle.

Avant, ce travailleur votait peut-être pour le Parti démocrate.

Mais les démocrates l’ont laissé tomber pour s’intéresser à des « groupes cibles » plus à la mode et moins « ringards » – les jeunes, les migrants, les femmes, les minorités et les LGBT...

Alors cet ouvrier (qui considère – avec raison – la mondialisation comme une menace et une catastrophe) s’est tourné vers The Donald.

En se disant : « Oui, le gars est vulgaire, grossier et narcissique, mais au moins, il s’intéresse à moi. Il ne me regarde pas de haut. Il n’a pas honte de qui je suis. »

Rappelez-vous la célèbre phrase de René Lévesque : « Méfiez-vous de ceux qui disent aimer le peuple, mais qui méprisent tout ce que le peuple aime. »

Eh bien, à tort ou à raison, notre travailleur a l’impression que les démocrates méprisent tout ce qu’il aime.

Et tout ce qu’il est.

VERS 2020

Les démocrates préfèrent attaquer Trump plutôt que de s’autocritiquer et de se regarder dans le miroir ?

Parfait.

Ils risquent de le faire durant encore six ans...