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Ça passe ou ça casse pour Reed

Kavis Reed lors du bilan de saison de la direction des Alouettes, hier.
Photo Agence QMI, Dominick Gravel Kavis Reed lors du bilan de saison de la direction des Alouettes, hier.

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C’était la chose à faire dans les circonstances. À défaut d’annoncer des changements, les dirigeants des Alouettes ont fait leur mea culpa.

Le président Patrick Boivin a qualifié d’inacceptable la saison qui s’est terminée en fin de semaine dernière.

Le directeur général Kavis Reed a dit que l’équipe avait offert un rendement en deçà des attentes et qu’il en assumait la responsabilité.

L’entraîneur en chef Mike Sherman s’est porté à sa rescousse en disant qu’à titre de personne responsable des opérations sur le terrain, il portait le blâme sur ses épaules.

Bel exercice de franchise et d’humilité. Mais ça ne règle en rien les problèmes des Alouettes dans l’immédiat.

Vous étiez nombreux à souhaiter le départ de Reed. Plusieurs journalistes remettaient ses compétences en question.

Établir une constance

Boivin s’est voulu clair quant à son statut. Il a démenti formellement une rumeur disant qu’il avait rencontré deux hommes dans le dessein de remplacer son directeur général.

Mais il a été aussi direct quand on lui a demandé si la prochaine saison était celle de la dernière chance pour Reed.

« Il faut que ça marche », a-t-il répondu.

Si on veut faire dans le positivisme, on peut dire que les Alouettes ne peuvent faire pire l’an prochain que lors des deux premières saisons de l’ère Reed.

À cet égard, Sherman a tracé un parallèle entre ses débuts avec les Alouettes et sa première saison à titre d’entraîneur en chef des Packers de Green Bay.

« Nous avions raté les séries par un match à Green Bay. Mais nous avions établi une constance qui nous a servis les années suivantes », a-t-il raconté.

« On veut faire la même chose ici. On savait que la première année serait difficile. Aucun joueur ne célébrait après notre victoire à Hamilton samedi dernier. Nous voulons être en mesure d’atteindre des standards de haut niveau.

« Ça demande de la constance pour y arriver. C’est ce dont les champions sont faits. »

Ça suffit les défaites !

Les Alouettes ont véhiculé cette image d’excellence durant plusieurs années sous le règne de Jim Popp. Les victoires étaient nombreuses et les amateurs avaient grand plaisir à se rendre au stade Percival-Molson.

L’achalandage va toutefois au gré des victoires ou des défaites pour les Alouettes. Il en est de même pour l’Impact. Quand ces équipes ne livrent pas la marchandise, les consommateurs dépensent leur argent ailleurs.

Le Canadien vit le même phénomène après avoir joué devant des salles combles durant une quinzaine d’années. Les baisses d’assistance ne sont pas dramatiques, mais le message des partisans est clair. Ils en ont marre de voir leur équipe perdre.

Boivin a utilisé le même langage dans son intro hier.

« Nous savons que nos partisans sont tannés d’attendre nos victoires et je suis aussi tanné qu’eux », a-t-il dit franchement.

Un gros pas en arrière

Les gradins étaient clairsemés au cours de la dernière saison. La direction a donc cru bon de procéder à une reconfiguration du stade en vue de la prochaine campagne. Le nombre de sièges baissera de 25 000 à 20 000 sièges, ce qui n’est pas de nature à rehausser le portrait que l’on fait de la situation.

« Au lieu d’être éparpillés, les spectateurs seront localisés au centre du stade. Cela permettra d’améliorer l’atmosphère », a expliqué Boivin.

« Les sièges du centre seront disponibles à des prix plus abordables. On aura environ 9000 sièges qui coûteront moins de 60 $.

« Nos études de marché démontrent qu’il y a des prix plancher, selon les catégories d’âge, que les gens sont prêts à défrayer. On pense qu’on sera capable de vendre plus de sièges à ces prix-là. »

En ce qui a trait aux sections qui seront inutilisées, les Alouettes projettent de les recouvrir avec des bannières qui leur permettraient d’aller chercher des revenus publicitaires.

Ces mesures donnent l’impression que les Alouettes ont un pied dans la tombe. L’équipe accumule des déficits depuis quelques années. Le temps n’est plus à la rigolade. Ça va prendre des victoires au plus sacrant !

Bientôt une nouvelle identité

La modernisation de l’image de marque des Alouettes figurait parmi les tâches de Patrick Boivin à son arrivée à la présidence de l’équipe, en janvier 2017. Certaines choses ont été faites, mais le plus gros est à venir.

De quoi s’agit-il exactement ? Parle-t-on entre autres d’un nouveau logo et de nouvelles couleurs ?

« On va créer une nouvelle identité organisationnelle et une nouvelle culture », a indiqué Boivin.

« On va adopter une meilleure approche qui va être ancrée dans l’ADN montréalais. Une nouvelle esthétique (uniforme de l’équipe) viendra avec ça, mais cela n’était pas à la base de la réflexion qu’on a faite. »

Il y a toutefois lieu de s’interroger sur le moment choisi pour le dévoilement de ce plan. On a en effet choisi la fin de semaine du Super Bowl, en février prochain. On peut se demander si la chose ne risque pas de passer sous le radar.

La priorité

Les Alouettes suivent le courant en cette matière. Les habitudes des consommateurs de sports changent comme dans tout autre domaine. Mais pour les atteindre, le produit doit être bon sur le terrain.

Si les amateurs de la jeune génération assistent à des événements sportifs pour socialiser, ils veulent voir des victoires aussi. Si ça veut dire ramener Johnny Manziel l’an prochain, qu’il en soit ainsi.

On doit accorder la chance au coureur.

Le quart de 25 ans est arrivé chez les Alouettes dans un contexte difficile. Il avait peu joué avec les Tiger-Cats de Hamilton et il avait tout à apprendre de la Ligue canadienne de football.

Les Alouettes n’ont pas grand-chose à perdre. Son contrat n’est valide que pour une autre saison.

Tant qu’à l’avoir, aussi bien tenter le coup avec lui jusqu’au bout.