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Le Sacrifice ultime pour l’organisation

Tomas Plekanec se retire après une carrière de 1001 matchs dans la Ligue nationale

Tomas Plekanec a parfois semblé ému pendant la conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé la fin de son association avec le Tricolore.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Tomas Plekanec a parfois semblé ému pendant la conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé la fin de son association avec le Tricolore.

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Le sport professionnel a beau être une histoire de business, il n’est pas toujours facile de tirer un trait sur une association d’une quinzaine d’années.

Les yeux rougis de Marc Bergevin et les trémolos dans la voix de Tomas Plekanec ont témoigné du difficile constat auquel le directeur général du Canadien et son vétéran sont arrivés : il est de temps de prendre des chemins différents.

« J’aurais pu arriver à la dernière minute et dire à Plecky que je tentais de l’échanger ou que j’allais le placer au ballottage, a expliqué Bergevin lors du point de presse annonçant la fin de cette longue union, hier. Mais par respect pour tout ce qu’il a fait pour l’organisation, je lui devais une explication. »

Une décision de hockey rendue inévitable en raison de la belle progression de Phillip Danault, de la contribution de Max Domi et de l’éclosion inattendue de Jesperi Kotkaniemi.

« Je comprends la décision. C’est dans le plus grand intérêt de l’organisation, a souligné Plekanec. KK et Max vont tellement bien. En plus, il y a des joueurs à Laval qui frappent à la porte. Je suis ici depuis assez longtemps pour savoir que ces jeunes ont besoin d’une chance. »

Le CH et rien d’autre

Comme il l’a fait pendant une dizaine d’années, alors qu’il occupait un rôle qui n’aurait normalement pas dû lui revenir, le Tchèque en a pris une pour l’équipe.

En raison de son amour pour l’organisation qui en avait fait son choix de troisième tour en 2001, Plekanec a fait le déchirant choix de mettre un terme à sa carrière dans la LNH.

« J’ai toujours voulu me retirer comme joueur du Canadien. C’est toujours quelque chose dont j’ai été fier », a-t-il souligné.

Un sentiment grandement renforcé lors des 17 rencontres de saison régulière et des sept matchs de séries éliminatoires qu’il a disputés avec un chandail des Maple Leafs sur le dos.

« C’était différent et étrange », a-t-il admis.

Cependant, il a ajouté qu’il ne ferme pas la porte à la possibilité de jouer dans son pays natal.

« Je veux assurément jouer une ou deux autres saisons. Par la suite, je regarderai les options qui s’offrent à moi. »

Conscient de la fin

Avec plusieurs points d’interrogation au centre, Bergevin a choisi de lui passer un coup de fil le 1er juillet. Mais rapidement, Plekanec a compris que la fin approchait. Laissé de côté lors des trois premiers matchs de la saison, il a disputé les trois suivants avant de se retrouver sur la touche en raison d’une mystérieuse blessure au bas du dos.

« Je viens d’avoir 36 ans. La ligue est rapide. Il y a plusieurs jeunes. Nous avons... je veux dire, Montréal a tellement de bons jeunes joueurs. C’est une chose que je voyais venir. J’avais compris que je serais celui qui serait laissé de côté de temps à autre. »

Au moins, l’appel de Bergevin aura permis au vétéran de 13 saisons de jouer son 1000e match dans la LNH au Centre Bell, vêtu de rouge. Plekanec met donc un terme à sa carrière après 1001 rencontres, dont 984 avec le Canadien.

Une carrière au cours de laquelle il a fait scintiller la lumière rouge à 233 reprises en plus de se faire complice de 375 buts. De ses 608 points, seulement deux passes ont été récoltées avec les Leafs.

« J’espère que les partisans vont toujours se souvenir de moi comme d’un joueur qui donnait son 100 % et qui laissait tout ce qu’il avait pour le logo. »

La hantise de Crosby

Satisfait dans l’ensemble, Plekanec part tout de même avec un regret.

« Malheureusement, je n’ai jamais eu la chance de jouer pour la coupe Stanley. »

Il peut tout de même partir la tête haute. Jaroslav Halak a toujours obtenu une large part du crédit pour le parcours du Canadien qui, à la surprise générale, avait atteint la finale de l’Association de l’Est en 2010, après avoir éliminé les Capitals et les Penguins en sept matchs.

Ce qu’on a depuis oublié, c’est le travail que Plekanec avait effectué pour neutraliser les gros canons adverses. Sidney Crosby en avait même perdu ses moyens. En sept rencontres, le capitaine des Penguins avait été limité à un seul but et quatre mentions d’assistance.