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#MoiAussi: le nombre de dénonciations a augmenté davantage à Québec qu’ailleurs au pays

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QUÉBEC | La police de Québec n'est pas surprise par les chiffres de Statistique Canada qui indiquent que la région de Québec est celle, au pays, où le nombre de dénonciations a le plus augmenté dans la foulée du mouvement #MoiAussi apparu en octobre 2017.

Selon l'étude, le nombre de plaintes a fait un bond de 78 % dans la Vieille-Capitale, comparativement à 61 % pour l'ensemble du Québec.

L'Ontario enregistre une hausse de 19 % et la Colombie-Britannique de 16 %.

La police de Québec dit avoir été débordée d'appels pendant cette période principalement pour des dénonciations d'agressions sexuelles survenues lors des 10 à 15 dernières années.

Elle indique que la ligne mise en place pour les victimes par le DPCP a aussi contribué à cette augmentation, de même que les dénonciations de personnalités québécoises connues.

L'Université Laval a également connu une hausse de dénonciations dans la dernière année. Un bureau et une ligne avaient été mis en place pour aider les victimes dans la foulée des plaintes formulées en 2016 sur le campus.

Pour les organismes qui aident les victimes, il s'agit d’un signe encourageant, mais beaucoup de travail reste à faire pour que ces dénonciations se traduisent par des condamnations devant les tribunaux.

Mouvement #MoiAussi: Sherbrooke parmi les championnes en matière de dénonciations

Le nombre de plaintes à la police des agressions sexuelles a grandement augmenté dans la foulée du mouvement #MoiAussi. Selon une étude menée par Statistique Canada, Sherbrooke figure parmi les villes où la hausse des dénonciations a été la plus grande.

En octobre 2017, le Québec était balayé par le mouvement #MoiAussi. Des femmes sont alors sorties massivement pour dénoncer leur agresseur. Dans les trois mois qui ont suivi le mouvement, le nombre de plaintes fondées pour agression sexuelle a explosé. Avec une augmentation de 61 %, le Québec est de loin la province qui a réagi le plus fortement à #MoiAussi.

«Ce n'est pas négatif, ça ne veut pas dire qu'il y a plus d'agressions sexuelles. Ça signifie plutôt que les victimes brisent le silence», a commenté vendredi Stéphanie Tremblay, porte-parole du Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel.

Les scandales d'Éric Salvail et de Gilbert Rozon, dénoncés publiquement par des visages connus comme la comédienne Patricia Tulasne, peut expliquer cette réaction.

«Quand des personnalités publiques sortent publiquement, on observe une hausse dans la demande de services», a confirmé Mme Tremblay.

Parmi les villes canadiennes ayant enregistré les plus fortes hausses de dénonciations, Québec, Sherbrooke, Saguenay et Montréal arrivent en tête.

-Jasmin Dumas