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Chapelle ardente pour Bernard Landry à Québec

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De nombreux Québécois, citoyens, élus et dignitaires se relaient depuis la première heure samedi matin, devant le cercueil de Bernard Landry, qui est exposé en chapelle ardente au Salon rouge de l’Assemblée nationale.

Le cortège funèbre de l’ancien premier ministre péquiste a fait son arrivée au Parlement vers 8 h 15, suivi de sa conjointe Chantal Renaud, qui l’a accompagné jusqu’à son dernier souffle mardi dernier.

M. Landry est décédé à l'âge de 81 ans et 7 mois. Il souffrait d’une fibrose pulmonaire.

Le premier ministre François Legault, qui a été ministre de l’Éducation et ministre de la Santé dans le cabinet de Bernard Landry au début des années 2000, a été l’un des premiers à venir offrir ses condoléances à la famille.

Tristesse

«C'est un moment de tristesse, parce que je n'entendrai plus jamais sa voix», a déclaré M. Legault, visiblement ému en s’adressant à la presse parlementaire.

Les deux hommes s’étaient d’ailleurs parlé, au téléphone, la semaine dernière, a raconté le premier ministre. « On s’était promis de se voir, et ça je trouve ça triste, que je ne puisse pas aller le voir, puis recevoir deux-trois conseils de sa part».

«Malgré la neige, nous savons que le lys, aujourd'hui, refleurira», a indiqué à son tour le chef péquiste par intérim Pascal Bérubé, en promettant de poursuivre la bataille pour l'indépendance du Québec, un combat auquel M. Landry n’a jamais renoncé.

L’ex-premier ministre Lucien Bouchard a été lui aussi très ému, de revenir à l’Assemblée nationale dans ce contexte.

«De revenir ici, [...] ça me fait revivre tellement de souvenirs, images, émotions... Des épisodes si intenses dans nos vies. [...] Et de le voir reposer ainsi, dans une des salles où nous avons travaillé, c’est quelque chose à digérer. [...] Ça commence à ressembler pas mal à la fin de ma génération. C’est une page, dans le processus, qui se tourne. »

Venus par centaines

Malgré le mauvais temps à l’extérieur, à midi, déjà près de 200 personnes s’étaient rendues au Parlement pour rendre un dernier hommage à M. Landry. En après-midi, ils étaient encore plus nombreux à avoir fait la file pour offrir leurs condoléances à sa famille.

«Ça nous réconforte beaucoup de voir l’amour que les gens nous retournent de lui», a réagi l’une des filles de M. Landry, Pascale, en son nom, celui de sa sœur Julie, son frère Philippe, de Chantal Renaud et de toute la famille.

«Le Québec va grandir encore grâce à tout ce qu’il a semé depuis toutes ces années», a ajouté Mme Landry.

Une deuxième journée de chapelle ardente aura lieu à Montréal, lundi, à la Basilique Notre-Dame de Montréal, et ses funérailles d'État au même endroit, mardi.

- Avec la collaboration d’Arnaud Koenig-Soutière

 

Nombreux témoignages

«C’est important pour moi de venir saluer M. Landry pour tout ce qu’il a fait, pour sa mémoire», a dit le leader parlementaire de l’opposition officielle, Sébastien Proulx.

«C’était un homme d’État, M. Landry, a continué le député libéral de Jean-Talon. Un homme qui a voulu servir et qui l’a fait avec une très grande classe, un amoureux des mots, un amoureux des lettres, qui avait une grande culture générale.»

«Il aura appris aux Québécois à être fiers d'être Québécois. Un homme d'une grande détermination, d'une grande rigueur», a commenté de son côté le député caquiste de Lévis, François Paradis, qui est pressenti à la présidence de l’Assemblée nationale.

Les portes de l'Assemblée nationale sont ouvertes jusqu'à 18 h pour ceux qui voudraient rendre un dernier hommage à Bernard Landry. Malgré le mauvais temps à l’extérieur, à midi, déjà près de 200 personnes s’étaient rendues au Parlement pour l’occasion. En après-midi, ils étaient encore plus nombreux à faire la file pour offrir leurs condoléances à la famille de M. Landry.

Une deuxième journée de chapelle ardente aura lieu à Montréal, lundi, à la basilique Notre-Dame de Montréal, et ses funérailles d'État au même endroit, mardi.

Avec la collaboration d’Arnaud Koenig-Soutière

Ce qu’ils ont dit

«C’était important pour moi de venir rendre un dernier hommage à M. Landry. J’ai eu l’honneur de travailler avec M. Landry. [...] J’ai appris beaucoup avec M. Landry, en économie. J’ai appris aussi ce que c’est être un homme d’État. [...] Il avait des qualités exceptionnelles aussi d’orateur. Beaucoup de gens ont dit qu’il était un des meilleurs orateurs au Québec.»

- François Legault, premier ministre du Québec et ministre péquiste sous Bernard Landry (2001-2003)

«Bernard Landry était de notre famille politique. Nous en sommes les héritiers. [...] Le legs de Bernard Landry, son héritage, son esprit demeureront très présents. Malgré la neige, aujourd’hui, nous savons que le lys, refleurira. [...] René Lévesque, Jacques Parizeau et maintenant Bernard Landry sont des immortels dans le monde politique québécois.»

- Pascal Bérubé, chef par intérim du Parti québécois

«C’était un être d’exception. [...] C’est comme si une page se tournait, parce que c’est l’héritier du cours classique. [...] Oui, son dévouement économique est indéniable, mais c’était plus que ça. C’était également aussi un grand amant de la langue française, un grand amant de la culture québécoise. »

- Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Québecor, ex-chef du Parti québécois (2015-2016)

« Merci de me donner l’occasion de m’adresser aux gens du Québec. Je voudrais, au nom de Chantal Renaud, ma soeur Julie, mon frère Philippe et toute la famille, les remercier du fond de mon coeur, pour tout l’amour qu’on a reçu aujourd’hui. Ça nous réconforte beaucoup de voir l’amour que les gens nous retournent de lui. »

- Pascale Landry, fille de Bernard Landry

« Bernard c’est quelqu’un qui faisait partie de ma vie. Et moi de la sienne. [...] C’est la fin d’une génération. [...] De le voir reposer ainsi, dans une des salles où nous avons travaillé, c’est quelque chose à digérer. [...] Ça commence à ressembler pas mal à la fin de ma génération. C’est une page, dans le processus, qui se tourne. »

- Lucien Bouchard, ex-premier ministre du Québec (1996-2001)

« Ce moment est pour lui, pour qu'on lui redonne un peu et qu'on dise aux membres de sa famille que tous les sacrifices qu'il a fait, qu'ils ont fait, on leur en est redevable. »

- Agnès Maltais, ex-députée péquiste de Taschereau (1998-2018) et ex-ministre de la Culture, puis déléguée à la Santé, aux Services sociaux, et à l’Emploi sous Bernard Landry

«C'est un grand patriote québécois qu'on perd. Il avait la passion du Québec, l'amour absolu du Québec, et surtout l'amour de l'avancement du Québec.»

- Gérard Deltell, député fédéral de Louis-Saint-Laurent (PCC) et ex-correspondant parlementaire à l’Assemblée nationale

«C'est plus qu'un ami, c'est un frère que je perds. [...] Ce que j'aimais en Bernard, c'est ce militant exemplaire qui a le sens de la nécessité de continuer les efforts au jour le jour si on veut arriver à la souveraineté. J'espère que cet exemple-là, nous allons le retenir pour l'avenir.»

- Marc-André Bédard, ex-député péquiste de Chicoutimi (1973-1985), ex-ministre de la Justice et ex-vice-premier ministre (1976-1985)

«M. Landry représentait d’abord un grand ami de la France. Quelqu’un qui comme beaucoup d’autres, mais en particulier avait compris l’importance de la relation entre la France et le Québec et qui a souhaité la maintenir. [...] C’est un grand patriote, un grand homme d’État que le Québec a perdu.»

- Laurence Haguenauer, consule générale de France à Québec

« C’est important pour moi de venir saluer M. Landry pour tout ce qu’il a fait, pour sa mémoire. C’était un homme d’État [...] qui a voulu servir et qui l’a fait avec une très grande classe. Un amoureux des mots, un amoureux des lettres, qui avait une grande culture générale. »

- Sébastien Proulx, leader parlementaire de l’opposition officielle et député libéral de Jean-Talon

«Je suis très ému évidemment. Je suis venu d’abord saluer mon ami. On se connaissait depuis presque 60 ans. [...] (C’était) un homme qui était absolument dévoué, à sa patrie, à sa famille, à ses amis. Un homme d’un courage infini qui sera un modèle j’espère pour tous les jeunes.»

- Denis De Belleval, ex-député péquiste de Charlesbourg (1976-1982) et ex-ministre de la Fonction publique, puis des Transports (1976-1981).

«Bernard Landry, c’était un homme pour moi qui avait vraiment le sens de l’État, qui aimait profondément le peuple québécois, et qui a toujours cru en son immense potentiel. [...] Ça dépasse l’allégeance politique, quand on observe des hommes comme ça qui ont consacré leur vie au service public, qu’ils soient souverainistes ou fédéralistes.»

- Joël Lightbound, député fédéral de Louis-Hébert (PLC)

« C’était un homme d’une très grande simplicité. C’était un homme d’une très grande accessibilité. Pour Bernard Landry, en définitive, il n’y avait jamais vraiment de problème, il n’y avait que de solutions. C’est un gars qui dans les hauts et dans les bas, gardait toujours le moral. c’était un être contagieux de joie de vivre. »

- Jean-François Simard, député caquiste de Montmorency, ex-ministre péquiste délégué à l'Environnement et à l'Eau (2002-2003)

« C’était une personne qui aimait beaucoup marcher. Pour lui c’était un sport extrême. [...] C’était un monsieur très très cultivé, très gentil, très amoureux des Québécois. Ç’a été un honneur de le servir. »

- Jean Racine, ex-garde du corps de Bernard Landry

« Déjà il nous manque. [...] Il était le patriote le plus extraordinaire, le plus moderne. [...] Il aura, jusqu’à la dernière minute de sa vie, aidé la cause de ce pays, et puis n’en tient qu’à ceux qui restent de continuer. »

- Marie Malavoy, ex-ministre péquiste

Ce qu’ils retiennent de Bernard Landry

François Legault

Le chef du gouvernement, François Legault a été l’un des premiers à s’adresser aux médias après avoir offert ses condoléances à la famille de l’ancien premier ministre.

«J’ai appris beaucoup avec M. Landry en économie. J’ai appris aussi ce que c’est être un homme d’État. Il disait souvent : “le parti avant les Hommes, et la Patrie avant le parti”. Je l’ai vu souvent en pratique, l’appliquer. Pour lui c’était toujours important de faire passer le bien commun avant l’intérêt partisan. [...] Je garde de beaux souvenirs et de grandes leçons de lui. [...] Ce matin, je pensais au fait que je n’entendrai plus cette voix de Bernard Landry.»

Il a également remercié Chantal Renaud d’avoir sacrifié plusieurs nuits afin de s’occuper de M. Landry dans la maladie.

Pascal Bérubé
 
«Le legs de Bernard Landry, son héritage, son esprit, demeureront très présents. Malgré la neige aujourd’hui, nous savons que le lys refleurira. [...] René Lévesque, Jacques Parizeau et maintenant Bernard Landry sont des immortels dans le monde politique québécois. À travers leurs convictions, leur ambition qui était pour le Québec, ils ont marqué des millions de vies, ils ont marqué la nôtre de façon indélébile. [...]

«Nous serons à la hauteur du legs d’un géant; son esprit nous anime, nous sommes tournés vers l’avenir en portant son héritage comme quelque chose de très précieux. Les derniers mots qu’il nous a dits, que ce soit par le truchement de la télévision ou qu’il m’a dits en personne il y a quelques semaines dans sa maison, ont maintenant l’allure d’un testament politique, et nous le porterons bien haut.»

Gérard Deltell

«C’est un grand patriote québécois qu’on perd. M. Landry avait la passion absolue du Québec, un amour absolu du Québec, l’amour surtout de l’avancement du Québec.»

«On ne partageait pas toujours les mêmes points de vue, mais au-delà de ça, c’était la conviction qu’il avait. C’était un militant infatigable; à l’extrême hiver de sa vie, il témoignait encore de sa passion pour l’avancement du Québec. C’est inspirant pour tout le monde.»

Marc-André Bédard

Pour l’ancien ministre péquiste et militant souverainiste (et père de Stéphane Bédard), Marc-André Bédard, le départ de Bernard Landry n’est ni plus ni moins la perte, non pas seulement d’un camarade, mais d’un frère.

 

«Je suis venu saluer un frère courageux dans la défense d’un idéal qu’il avait à cœur, de l’indépendance du Québec. Un homme audacieux, créatif dans les réalisations qu’il a faites pour essayer de bâtir le Québec.

«Ce que j’aimais dans Bernard c’est ce militant exemplaire qui a le sens de la nécessité de continuer les efforts au jour le jour si on veut arriver à la souveraineté. Et j’espère que cet exemple nous allons le retenir dans la réflexion de l’avenir qui s’en vient. On va retenir l’homme engagé pleinement, de cœur et d’intelligence.»
 
-  TVA Nouvelles