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«De retour sur la bonne voie»

L’agent de Jean Pascal est confiant en prévision du duel du 24 novembre contre Dmitry Bivol

Greg Leon, que l’on voit photographié avec Jean Pascal, travaille pour les intérêts du boxeur depuis 2012.
Photo courtoisie, Greg Leon Greg Leon, que l’on voit photographié avec Jean Pascal, travaille pour les intérêts du boxeur depuis 2012.

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Jean Pascal aura une opportunité en or le 24 novembre prochain alors qu’il affrontera le champion WBA des mi-lourds, Dmitry Bivol. S’il y a une personne qui croit que le Québécois pourra écrire une page d’histoire lors de cette soirée, c’est son agent Greg Leon.

« La voiture (Jean Pascal) est de retour sur la bonne voie et elle est prête pour faire une course de F1, a-t-il indiqué lors d’une généreuse entrevue avec Le Journal au cours des derniers jours. Je sais qu’il est en confiance et je crois en lui.

« À 36 ans, Jean est conscient que cette opportunité est une bénédiction du ciel. Il sait pertinemment que ça pourrait être son dernier combat de championnat du monde en carrière. Il veut en profiter. »

Greg Leon, que l’on voit photographié avec Jean Pascal, travaille pour les intérêts du boxeur depuis 2012.
Photo courtoisie, Greg Leon

Leon rêve d’une victoire de son poulain pour pouvoir mettre en place des combats d’unification contre Adonis Stevenson ou Eleider Alvarez dès 2019.

Cependant, avant de penser à ces possibilités, Pascal (33-5-1, 20 K.-O.) a un gros dossier entre les mains lorsqu’il montera dans le ring de l’hôtel Hard Rock Hotel & Casino d’Atlantic City.

« Bivol est le meilleur 175 lb de la planète à l’heure actuelle, selon moi, a indiqué Leon. Je sais que ce n’est pas un combat de championnat facile, mais il n’y en a aucun qui l’est. »

Greg Leon, que l’on voit photographié avec Jean Pascal, travaille pour les intérêts du boxeur depuis 2012.
Photo courtoisie, Greg Leon

Candidat depuis longtemps

Leon a confirmé que Pascal faisait partie des discussions pour un duel avec Bivol depuis plus d’un an. Toutefois, les deux premières offres déposées par Main Events et le clan du champion n’étaient pas assez alléchantes.

« On a eu une première proposition avant le duel contre Eleider Alvarez (juin 2017), a expliqué Leon. Toutefois, il était plus avantageux sur les plans financier et sportif pour Jean d’affronter Alvarez.

La bourse était meilleure, mais il avait aussi une chance d’affronter Adonis Stevenson avec une victoire. Il serait devenu aspirant obligatoire. Pour une fois, Stevenson aurait la chance de vendre des billets et d’avoir des revenus de la télévision à la carte. »

« Pas logique »

Puis, la promotrice Katy Duva et l’agent de Bivol, Vadim Kornilov, sont revenus à la charge pour la demi-finale du gala du 4 août.

« Encore une fois, j’ai refusé, et ce n’était pas seulement en raison du combat entre Jean et Steve Bossé, a-t-il précisé. Sur le plan financier, ça n’était pas logique.

« Jean aurait empoché seulement sa bourse. Les revenus des droits canadiens de la télévision à la carte étaient attribués à GYM, car Eleider Alvarez faisait les frais de la finale. L’argent d’une demi-finale, c’est bien, mais celui d’une finale est encore plus intéressant. »

Après la défaite de Pascal contre Alvarez par décision unanime, plusieurs observateurs ont pensé que l’heure de la retraite avait sonné pour l’ancien champion du monde.

Leon et Pascal ont eu des discussions à ce sujet dans les semaines suivantes.

Encore de l’essence

Toutefois, comme il l’a souvent mentionné, le boxeur sentait qu’il avait encore de l’essence dans le réservoir. C’est à ce moment qu’il a affronté Ahmed Elbiali, à Miami.

« Premier Boxing Champions (PBC) était convaincu que Jean perdrait ce combat, a souligné Leon. Je me rappelle que les gens pensaient que mon poulain était fini, même si toutes ses défaites avaient été encaissées contre les meilleurs pugilistes au monde.

« Jean a vendu ce duel comme si c’était le dernier de sa carrière. S’il avait perdu contre cet adversaire de calibre moyen, c’était terminé pour de vrai. »

Si Pascal subit la défaite, le 24 novembre prochain, contre Bivol, est-ce qu’on vivra ce scénario ?

Difficile à dire, mais on peut être assuré que Pascal laissera tout dans le ring.

Pas question d’avoir des regrets.

Une affaire de confiance

Greg Leon travaille pour les intérêts de Jean Pascal depuis 2012. Dans le monde de la boxe, c’est une éternité.

« On s’est rencontrés pour la première fois lors d’un combat entre Carl Froch et Glen Johnson, en 2011, a expliqué Greg Leon. On a commencé à travailler ensemble l’année suivante.

« J’aurais voulu qu’il se joigne à mon équipe avant, mais gagner la confiance de Jean, ça peut prendre du temps. Quand il a complété son analyse et qu’il voit que tu es une bonne personne, tu peux faire partie de sa garde rapprochée. »

Greg Leon, que l’on voit photographié avec Jean Pascal, travaille pour les intérêts du boxeur depuis 2012.
Photo courtoisie, Greg Leon

Leon est arrivé dans la carrière de Pascal au moment où il écoulait un contrat promotionnel avec GYM.

« C’est plus difficile de manœuvrer avec les termes d’un contrat que tu n’as pas négocié, a affirmé l’Américain. Le vrai travail a commencé après le duel contre Lucian Bute.

« C’est à ce moment qu’on a lancé Jean Pascal Promotions et j’ai eu plus de responsabilités, notamment au niveau des négociations. Je crois que j’ai eu une bonne moyenne au bâton en lui obtenant deux duels contre Sergey Kovalev, un contre Eleider Alvarez et celui contre Dmitry Bivol. »

De l’honnêteté

Selon Leon, sa relation avec Pascal se résume à un mot : honnêteté.

« La loyauté dépend toujours des individus. Il y a des boxeurs et des gérants qui ne sont pas loyaux. Ça fonctionne avec Jean parce que nous sommes honnêtes l’un envers l’autre.

« Jean me dit parfois des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord, et je n’hésite pas à lui dire. Ça va dans l’autre sens aussi. Par contre, à la fin, c’est lui qui prend les décisions. »

Les dessous de Pascal-Kovalev

Leon a levé le voile sur certains événements qui se sont déroulés avant, pendant et après les deux combats de Pascal contre Sergey Kovalev.

« Après le premier duel, la revanche a été conclue quelques minutes après le départ du dernier spectateur du Centre Bell, a raconté l’agent. Jean voulait revenir rapidement devant les caméras de HBO. »

« On a alors proposé Tommy Karpency et Sean Monaghan comme adversaires au réseau américain, mais les deux ont été refusés. C’est à ce moment que Yunieski Gonzalez est arrivé dans le décor. Je n’étais pas enchanté par ce combat parce que je souhaitais que Jean obtienne une soirée de travail plus facile pour son retour. »

« Après les deux combats de Kovalev et celui de Gonzalez, Jean était comme une voiture qui avait roulé 200 000 kilomètres. On a dû être prudent dans la façon de le ramener. »

Malgré une période de repos de quelques mois, Pascal s’est incliné contre Eleider Alvarez pour le titre d’aspirant obligatoire du WBC des mi-lourds.

« Je crois qu’il aurait pu gagner contre Alvarez, mais son temps de réaction n’était pas bon, a ajouté Leon. Il n’avait pas la confiance pour laisser aller ses mains. Si un athlète n’a pas confiance en ses moyens à 100 %, il ne peut pas exploiter son plein potentiel. »