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Ils se préparent à la crise écologique

Des citoyens de tout horizon apprennent la survie en forêt chaque fin de semaine dans les Laurentides

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SAINT-FAUSTIN—LAC-CARRÉ | Des citoyens vont chaque fin de semaine dans une forêt des Laurentides pour apprendre à survivre en prévision d’une crise économique ou écologique qui viderait les tablettes des épiceries.

Autrefois professionnel de la finance, Mathieu Hébert a choisi de changer de vie et de se consacrer à sa passion : les techniques de survie. Avec son comparse Simon Denis, il a fondé en 2007 l’école Les Primitifs à Saint-Faustin—Lac-Carré.

Il y partage les connaissances qu’il a acquises au fil de nombreux stages, au Tracker School de Tom Brown, aux États-Unis, entre autres.

« C’est un savoir-faire qui appartient à l’humanité depuis le début des temps. En réalité, ça ne fait pas si longtemps qu’on l’a oublié. En le refaisant circuler, on vise la survie individuelle, mais aussi la survie de l’espèce. Il faudra savoir quoi faire, le jour où il n’y aura plus de bouffe sur les tablettes des magasins », dit M. Hébert.

Roche, branches et racines

Chaque week-end, des hommes et des femmes de tous les métiers, bien souvent accompagnés de leurs enfants, viennent apprendre comment construire un abri à partir de branches et de feuillage, fabriquer des outils à base de roches et de bois, utiliser des racines de conifères en guise de cordes et allumer un feu en frottant deux morceaux de bois l’un contre l’autre.

M. Hébert leur apprend le trappage, l’abattage, le tannage des peaux et toutes sortes de façons de cuire et de fumer viandes et poissons.

Survivalistes

Les passionnés qui assistent aux formations se disent pour la plupart survivalistes, mais chacun à sa manière.

Martin, coordonnateur de 39 ans de Montréal, qui demande qu’on taise son nom de famille, a senti une urgence lorsqu’il est devenu père.

« Les sommités scientifiques nous préviennent que la Terre est à un point de non-retour, et il faut s’attendre à ce que nos systèmes tombent. Ça me préoccupe de laisser ce monde-là à mes enfants, on ne sait pas ce qui va arriver. J’ai voulu venir prendre des habiletés ici que je vais pouvoir leur transmettre », a-t-il mentionné pendant une formation à la fin octobre.

Son ami Martin Audy, un rénovateur de 37 ans de Sainte-Adèle, voit les choses un peu différemment.

« Je me considère comme un survivaliste, mais pas parce que je crains l’Apocalypse. Je ne m’équipe pas en fonction d’une catastrophe, mais plutôt pour la vie de tous les jours. Je veux pouvoir rentrer dans le bois avec rien et savoir me débrouiller », dit-il.

Pour Jess Bertolacci, designer de 35 ans, qui est là toutes les fins de semaine à titre de formatrice, acquérir ces connaissances a été synonyme de confiance.

« Quand on est capable de survivre dans des conditions extrêmes, ça aide à relativiser les problèmes de la vie quotidienne. Moi, ça m’a rendue plus autonome et j’ai acquis beaucoup de confiance en moi », raconte-t-elle.