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L’AMF devrait enquêter sur l’effondrement de Bombardier

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Depuis le 11 juillet dernier, la valeur de Bombardier en Bourse a chuté de 7,2 milliards de dollars. L’action a perdu plus de la moitié (52,5 %) de sa valeur en l’espace d’à peine quatre mois, passant de 5,58 $ à 2,65 $.

La grosse claque est survenue depuis le début d’octobre.

Le 1er octobre dernier, lendemain de la fin du trimestre au 30 septembre (dont on vient de rendre publics les résultats), l’action de Bombardier fermait à 4,67 $.

Depuis ce jour, le titre n’a jamais cessé de reculer en Bourse, pour finalement se ramasser à seulement 3,19 $ la veille de la publication des résultats au 30 septembre, soit ce mercredi dernier 7 novembre.

J’attire ici votre attention sur le fait que le titre avait ainsi perdu 32 % de sa valeur lors des cinq semaines qui ont précédé le dévoilement des décevants résultats et de la coupe de 5000 emplois.

Et on connaît la suite : ce jeudi 8 novembre, jour du dévoilement des résultats, Bombardier subit une volée de 25 % alors que l’action chute de 3,19 $ à 2,41 $. Hier, elle remontait à 2,65 $.

Au nombre des vendeurs d’actions de Bombardier qui ont eu le « pif » de vendre au cours de la période allant du 1er octobre au 7 novembre, s’en trouvent-ils qui ont bénéficié d’informations privilégiées sur les résultats de la compagnie ?

Quand une compagnie dans laquelle le gouvernement du Québec et la Caisse ont investi 3,3 milliards de nos impôts et épargnes s’effondre de la sorte, il me semble qu’il y a ici matière à enquête de la part de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Des dirigeants chanceux

Les hauts dirigeants de Bombardier devraient s’en être mieux tirés que le commun des actionnaires. Dans le mois qui a suivi le récent sommet du titre (5,58 $ en juillet), le conseil d’administration a créé un « Régime d’aliénation de titres automatique » pour leur permettre de liquider des blocs d’actions.

C’est ainsi que, le 17 août dernier, les Alain Bellemare, Pierre Beaudoin et autres membres de la haute direction de Bombardier ont transféré des gros blocs d’options d’actions entre les mains d’une firme de courtage de Toronto dans le but de passer à la caisse en exerçant lesdites options.

Compte tenu du prix de l’action en août et septembre derniers (4,50 $/4,60 $), j’avais calculé que les hauts dirigeants de Bombardier allaient se partager un alléchant profit de 78 millions de dollars, dont autour de 18 millions pour le PDG Alain Bellemare et 6 millions pour son prédécesseur, Pierre Beaudoin. Évidemment, ce magot est en sus de leur rémunération annuelle, voire 13 millions $ dans le cas du grand patron Bellemare, le mieux payé au Québec.

Quand les hauts dirigeants d’une compagnie liquident massivement des blocs d’actions, cela lance évidemment un très mauvais signal aux investisseurs. Cela soulève inévitablement la méfiance, avais-je écrit dans ma chronique du 30 août dernier.

Mais jamais au point de voir un titre s’effondrer !