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Toujours aucun revenu avec les « vidanges »

Les municipalités du Bas-Saint-Laurent toujours incapables de faire du gaz naturel à partir des déchets

biométhanisation
Photo collaboration spéciale, Stéphanie Gendron Michel Lagacé, président de la SEMER, pose avec Sylvie Vignet, mairesse de la Ville de Rivière-du-Loup, devant l’usine de biométhanisation mise en exploitation en 2015.

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RIVIÈRE-DU-LOUP | Des municipalités du Bas-Saint-Laurent croyaient faire de l’argent avec leurs déchets de table, mais deux ans après l’ouverture de leur usine, ce n’est pas encore le cas.

Quelque 28 M$, dont 15,5 M$ des gouvernements, ont été investis pour construire l’usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup. Celle-ci devait transformer les déchets de table en gaz naturel liquéfié. Depuis deux ans, l’usine perd 100 000 $ par mois parce qu’elle ne vend pas de GNL, n’étant pas capable de le produire.

Pour le moment, les déchets sont transformés en biogaz qui est ensuite brûlé.

Les contribuables et leur partenaire privé ont donc perdu environ 2 M$ depuis la mise en service de l’usine, à cause d’un déficit de 5 M$, plutôt que celui anticipé de 3 M$.

« Oui, il y a des jours où on est découragés et des jours où on est impatients. C’est un projet techniquement très complexe », admet Éric Tremblay, président de Terix-Envirogaz, le partenaire privé qui possède 20 % de l’usine.

Le problème sera réglé d’ici deux semaines, espèrent les administrateurs. Par contre, il faudra 3 à 5 ans pour rattraper ce retard financier.

« On satisfait à 100 % les attentes des MRC clientes par rapport à l’aspect environnemental. Il y a un objectif économique qui reste à atteindre », dit Michel Lagacé, président de la SEMER, Société d’économie mixte d’énergie renouvelable et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup.

Bris et malchance

La pièce maîtresse du système qui permet le refroidissement a brisé deux fois. L’entreprise qui l’a fournie l’a fait réparer sous garantie assez rapidement. Il n’y a donc pas matière à poursuite judiciaire, selon les administrateurs.

Le retard est surtout attribuable à une inondation dans une des cellules de déchets. Puis les tuyaux de captation du site d’enfouissement de Rivière-du-Loup se sont colmatés, peut-être en raison de l’inondation. Le système a été arrêté pendant plusieurs mois.

« Une usine, quand c’est arrêté, c’est comme une automobile, c’est dur à repartir », résume simplement Éric Tremblay.

Quelques problèmes mineurs se sont présentés dans les systèmes au fur et à mesure des tests effectués en raison d’un démarrage en série. Chaque fois, il a fallu recommencer les étapes.

« Tout est du nouveau. C’est beau de mettre de la pression, mais il faut que tu laisses les gens travailler », ajoute la mairesse de Rivière-du-Loup, Sylvie Vignet.

Les administrateurs estiment que le gaz naturel liquéfié sera produit d’ici deux semaines et que cette fois-ci sera la bonne. On prévoit faire des bénéfices de 800 000 $ à partir de 2021-2022.