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Au revoir, Monsieur Landry

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Il m’est arrivé à de nombreuses reprises de rencontrer Bernard Landry, parfois en privé, parfois comme animatrice de forums ou de colloques. Chaque fois, il me rappelait l’urgence de reprendre le flambeau, parcourir des kilomètres et aller parler aux jeunes. Monsieur Landry ne croyait pas avoir toutes les solutions et voyait en la jeunesse l’espoir du pays. Elle était la clé de la survie de la nation québécoise.

Tournée indépendantiste

Il voulait, il y a à peine deux ans, que nous organisions, lui et moi, une tournée des cégeps et des universités, comme lorsqu’il était à la tête du PQ. Cette idée ne se concrétisera jamais, nous étions beaucoup trop occupés. Toutefois, cette proposition reste une preuve de la volonté de cet homme d’État de s’assurer une descendance militante indépendantiste. Il n’a jamais abandonné les jeunes, la relève.

Grand tribun, je ne l’ai jamais vu refuser une invitation, même lorsqu’il était plus fatigué, à venir rencontrer les militants. Dans les faits, il était toujours en verve. Il avait cette capacité d’expliciter l’indépendance, la nation québécoise, pour tout public. Je me souviens, en 2004, lors d’une tournée associée au film de Labrecque À hauteur d’homme, Bernard Landry avait alors subjugué une salle plus que comble à l’Université de Sherbrooke. J’étais dans cette salle, et cette activité aura eu un impact majeur sur mon implication par la suite. Il était impossible de rester insensible devant des convictions aussi profondes.

Succession

Le décès de Bernard Landry ne signifie pas la fin des grands tribuns pour l’indépendance. Car il aura préparé sa succession. Des jeunes et des moins jeunes capables de prendre le micro et de s’exprimer clairement sur la nation québécoise. En cette journée de funérailles nationales, j’aimerais lui dire : « Merci, Monsieur Landry, d’avoir cru si fort en la jeunesse ! Elle vous rendra fier, j’en suis certaine ».