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Ados accusés de porno juvénile; je vais t'apprendre le respect, mon gars

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Sur l’îlot de la cuisine traîne l’article du journal de mercredi qui nous apprenait que, à Thetford Mines, des ados auraient fait circuler des vidéos de relations sexuelles montrant des filles mineures, âgées de 14 et 15 ans, filmées à leur insu. Ça me met en beau «joual vert»! Ces accusations de possession et production de pornographie juvénile, ainsi que de diffusion non consensuelle d’une image intime contre l’un des trois suspects d’âge mineur est une occasion en or pour ouvrir le dialogue avec nos gars et leur répéter ce que signifient les mots «respect» et «intimité».

Je le sais bien, lorsqu’on est un adolescent, on a les hormones dans le tapis, on a une curiosité sexuelle débordante et parler de nos réussites avec les filles est, pour certains, une façon de se faire valoir au sein du groupe de boys.

Je l’ai entendu quand j’étais jeune et je l’entends même encore aujourd’hui de la part d’hommes de mon âge qui, dans des élans de vantardise juvénile, osent raconter les détails de leurs conquêtes. (Pour les critiques qui ont déjà envie de me clouer au pilori, je sais, certaines filles et femmes n’hésitent pas non plus à dévoiler – et peut-être même inventer - certaines informations sur leurs ébats sexuels.)

Éducation sexuelle = éducation au respect

Je suis maman et belle-maman de gars. Quand j’ai écho de récits comme celui du Séminaire des Pères Maristes, où cinq garçons de 13 et 14 ans auraient échangé des photos intimes de jeunes filles, ou cette autre histoire de vidéos explicites partagées mettant en scène des mineures filmées contre leur gré, je fais de la projection.

Je me dis que, s’il fallait qu’un jour l’un de nos gars diffuse des images explicites de l’une de ses relations, j’aurais le sentiment que mon chum et moi avons vraiment manqué à nos rôles d’éducateurs.

Ces tristes histoires de violation de l’intimité la plus élémentaire sont de malheureuses opportunités pour apprendre à nos hommes en devenir ce que sont des rapports sexuels épanouissants et respectueux.

Déjà que notre progéniture peut avoir accès à la pornographie en un claquement de doigts... On ne se le cachera pas, la porno est, de façon générale, tout sauf un modèle à suivre en termes de respect de la femme. 

Partager des moments intimes; un cadeau

À vous, les garçons qui m’entourent, votre père et moi vous répéterons souvent qu’échanger une proximité physique et sexuelle avec une autre personne est un privilège. C’est un cadeau à chérir et à garder pour soi, même si le rapprochement se vit de façon virtuelle, par l’entremise de photos ou de vidéos, comme s’expérimente d’ailleurs une bonne partie de votre existence.

Je le sais, ça sonne ringard par rapport à tout ce que vous entendez et voyez, mais j’ose vous le dire quand même : Plus on cultive une intimité avec une autre personne, plus riches, agréables et épanouissantes sont nos rencontres.

Les filles et les femmes, au lit ou dans la vie en général, aiment les garçons et les hommes qui les respectent et considèrent ce qu’elles souhaitent, dans un souci de ne pas leur porter atteinte.

L’inverse est aussi vrai.

Si vous sentez, les gars, que vous êtes dans une relation où votre point de vue, votre corps, vos rêves et vos limites ne sont pas considérés, vous êtes dans une relation malsaine. Quittez.

Les femmes aiment les hommes forts, c’est vrai. Forts comme dans : «Je n’ai pas besoin de nuire aux autres pour me valoriser.»