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Le 3e lien n'entraînera pas d'étalement urbain, selon le maire de Lévis

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, veut « détruire le mythe » de l’étalement urbain à Lévis. Sa ville crée ses propres emplois et n’est plus une « banlieue » de Québec, a-t-il pesté, mercredi, lors d’un point de presse sur la main-d’œuvre à l’hôtel de ville, en compagnie de la conseillère municipale Karine Laflamme.

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Quoi qu’en disent les experts en urbanisme et les écologistes, la construction d’un nouveau lien routier à l’est, entre Québec et Lévis, n’entraînera pas d’étalement urbain, croit le maire de Lévis.

Gilles Lehouillier s’appuie essentiellement sur le fait que sa ville va continuer à se développer de l’intérieur, grâce à son potentiel de 22 500 nouvelles unités d’habitation, ce qui est amplement suffisant, croit-il, pour répondre à la demande sur la Rive-Sud dans le prochain quart de siècle.

En résumé, tout futur développement à l’intérieur du périmètre de la municipalité, y compris aux limites de ce périmètre, ne constitue pas de l’étalement urbain à ses yeux.

« Il y a certains spécialistes qui sont dans le champ. On ne fait pas d’étalement urbain à Lévis. On est dans le cœur de notre périmètre urbain. En dehors du périmètre urbain, on n’accepte plus aucun projet de développement dans la zone rurale, dans la zone agricole. On est peut-être les seuls qui font ça au Québec », a-t-il témoigné lors d’une mêlée de presse, mercredi, à l’hôtel de ville de Lévis.

Le bungalow perd du terrain

Le maire a longuement vanté la philosophie de sa ville qui s’inscrit, dit-il, dans les principes du développement durable. Il prône également la densification et rappelle que le « multifamilial revient en force » alors que le bungalow, qui était roi et maître il y a 25 ans, perd du terrain.

Quant aux municipalités voisines dans Bellechasse, M. Lehouillier estime que les promoteurs immobiliers auront de la difficulté à obtenir le dézonage des terres agricoles, tant que le territoire lévisien offrira des opportunités de développement.

Une « forme d’étalement urbain »

Pour Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du département de géographie à l’Université Laval, il ne fait aucun doute que le développement de tout l’espace disponible à Lévis constituera une « forme d’étalement urbain » en raison du changement d’utilisation du sol, surtout si les futures habitations sont occupées par des gens qui travaillent sur la Rive-Nord.

Le phénomène de l’étalement urbain – dont la définition varie d’un ouvrage à l’autre – est bien documenté autour des grands axes routiers.

M. Lehouillier reconnaît lui-même que le développement s’est accéléré de « façon exponentielle » à la suite de la construction du pont-tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine à Montréal.

« C’est ça qui va arriver » à Lévis, a-t-il admis, mercredi, refusant toutefois d’associer ce futur développement à de l’étalement urbain puisque Lévis est la « ville-centre » de Chaudière-Appalaches et « n’est pas une banlieue » de Québec.

Ce qu'il a dit :

« Ce que je dis aux gens qui disent que le développement de Lévis, c’est le développement d’une banlieue ou de l’étalement urbain, c’est que c’est complètement faux. On va inviter ces gens-là à venir à Lévis puis on va leur donner un cours d’urbanisme 101. » —Gilles Lehouillier, maire de Lévis