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Patinage de vitesse longue piste: la tête aux mondiaux

Laurent Dubreuil entend s’imposer dès la première Coupe du monde au Japon

Christopher Fiola et Laurent Dubreuil nourriront la tradition de sprinteurs issus du Québec dans l’équipe canadienne de patinage de vitesse en longue piste.
Photo Stevens Leblanc Christopher Fiola et Laurent Dubreuil nourriront la tradition de sprinteurs issus du Québec dans l’équipe canadienne de patinage de vitesse en longue piste.

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La principale course de l’hiver qui captive Laurent Dubreuil est prévue aussi loin que le 8 février et durera à peine 35 secondes, mais il commencera à la préparer dès ces jours-ci au Japon.

L’épreuve explosive du 500 m des Championnats mondiaux de patinage de vitesse constitue la cible de la prochaine saison pour Dubreuil, pour qui la Coupe du monde à Obihiro, en fin de semaine, lui servira déjà de hors-d’œuvre. À l’aube de sa septième saison en Coupe du monde, des indices lui laissent croire qu’un titre mondial se trouve à sa portée. La réponse lui viendra le vendredi 8 février, à Inzell, en Allemagne.

« À un moment donné, ça va marcher. Est-ce cette saison ? Peut-être, peut-être pas, mais quand je vais arriver sur la ligne, je vais y croire. Je me sens bien pour le faire », laissait entendre le patineur de 26 ans, la semaine dernière, avant un voyage de six semaines qui le mènera à quatre Coupes du monde en Asie et en Europe.

Dubreuil nous a habitués à des débuts de saison chargés à la dynamite. Comme preuve, à la première Coupe du monde de chacune des quatre dernières années, il a toujours terminé dans le top 8.

Or, la maîtrise technique qu’il dit avoir retrouvée et une nouvelle approche dans sa préparation physique lui rappellent les mêmes dispositions dans lesquelles il se trouvait, lors de la saison 2014-2015, sa meilleure en carrière quand il avait enregistré cinq podiums en Coupe du monde et une médaille de bronze aux mondiaux.

Une mission difficile

Sa double victoire au 500 m et au 1000 m lors des championnats canadiens à Calgary, il y a trois semaines, renforce son « feeling » pour vivre un hiver prospère. Malgré tout, sa sagesse lui impose un bémol.

« Devenir champion du monde, c’est mon objectif chaque année, mais c’est tellement serré au 500 m que tu peux le viser, mais il n’y a rien d’assuré. Ronald Mulder [des Pays-Bas] demeure une étoile au 500 m, mais il n’a jamais été champion du monde et n’a même jamais obtenu de podium. Il est meilleur qu’Alex Boisvert-Lacroix et moi sur l’ensemble de sa carrière, mais ça n’a jamais marché pour lui aux mondiaux. Il est médaillé olympique, par contre [3e à Sotchi]. Ça exprime à quel point ça peut être dur », observe l’athlète de Lévis.

Une affaire de constance

Après sa victoire à Heerenveen en ouverture de la Coupe du monde, la saison dernière, Dubreuil s’est tenu loin des podiums par la suite. Sa deuxième place au 500 m des mondiaux de sprint fut son seul autre coup d’éclat. Le soin apporté durant l’entre-saison à sa technique s’avère la clé, selon lui, afin de retrouver la constance d’il y a quatre ans.

Si son 18e rang au 500 m des Jeux de Pyeongchang a laissé un souvenir amer à sa dernière saison, Inzell et les championnats mondiaux de sprint à Heerenveen, deux semaines plus tard, pourraient l’effacer.

« Si mon hiver va bien, ça pourrait donner un beau mois de février à deux endroits mythiques du patin. Ce serait magique de gagner une médaille à Inzell et une autre à Heerenveen. »

Après Obihiro, l’équipe canadienne participera la semaine suivante à une rare compétition à ciel ouvert à Tomakomai, à une heure au sud de la région olympique de Sapporo. Ensuite, ce sera dans le nouvel amphithéâtre de Tomaszow, en Pologne, du 7 au 9 décembre, suivi de Heerenveen et son imposant Thialf, aux Pays-Bas, du 14 au 16.

 

Chris Fiola: « Mon corps est fait pour le sprint »

 

Le métier de sprinteur sur patins ne manque pas de relève au Québec. Christopher Fiola est le plus récent à avoir levé la main pour en faire partie et sa démarche s’avère déjà concluante.

Deuxième à l’épreuve de 500 m des Championnats canadiens derrière Laurent Dubreuil, il y a trois semaines à Calgary, ce Montréalais a causé une surprise qui n’en était pas vraiment une, à bien y penser. On connaissait son potentiel dans l’art d’aller vite, mais il le diluait en se consacrant à d’autres spécialités sur longue piste.

Grâce à son passé de patinage à roues alignées, Fiola s’était forgé une identité dans la nouvelle discipline olympique du départ groupé, inspiré de la courte piste. Médaillé de bronze aux Championnats mondiaux juniors en 2016, il avait ensuite réussi à se qualifier pour la Coupe du monde durant les deux dernières saisons. Mais sa volonté de se hisser dans le top 20 mondial sur 500 m, cet hiver, l’a forcé à faire un choix.

« Cette année, j’ai mis toutes les chances de mon côté. J’ai convenu avec les entraîneurs de me concentrer seulement sur les sprints et de ne pas faire un peu de tout comme avant. C’est la première année que je le fais et je sens déjà une différence. Mon corps est fait pour le sprint et je suis prêt à performer », explique l’athlète de 22 ans.

Quatre Québécois

Avec lui, trois autres Québécois vivront les quatre premières Coupes du monde comme membres de la cellule de sprint dans l’équipe canadienne, soit Dubreuil, Antoine Gélinas-Beaulieu et David La Rue.

Gélinas-Beaulieu, vice-champion canadien du 1000 m derrière Dubreuil, et La Rue, titré au 1500 m, apporteront les ingrédients requis pour l’épreuve du sprint par équipe. Le départ du Franco-Ontarien Vincent De Haître vers le cyclisme sur piste a ouvert une porte.

« Ce qui va être intéressant, c’est qu’on va avoir une équipe de sprint 100 % québécoise », souligne Fiola.