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À l’aventure en Caroline

À l’aventure en Caroline
Illustration Nathalie Samson

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J’ai connu des hauts et des bas dans mon récent périple en Caroline du Nord. Ça se résume facilement : après une journée horrible de vol en retard, de correspondance manquée, d’attitude de merde de ma part et d’engueulade avec le service à la clientèle, mon demi-marathon du lendemain à Charlotte a tout guéri.

Depuis un certain temps, j’étais dans une mauvaise passe, mais grâce à l’endorphine naturelle dans mon corps, j’ai décidé de lâcher prise.

Sourire aux lèvres, après avoir couru dans une ville pleine de belles surprises, je me suis dirigé vers mon hôtel la tête pleine de projets pour affronter cette journée que je sentais tout à coup spéciale.

La liste

J’avais envie d’aller voir du football de la NCAA, mais la game la plus proche était celle de Wake Forest à Winston-Salem, à 1 h 30 de route. J’ai toujours voulu voir un match à cet endroit. Pourquoi ? J’adore cocher des endroits obscurs sur ma liste personnelle de choses à faire.

J’adore me sentir perdu au milieu de nulle part.

Fan de hockey

Après quelques hésitations, je finis par louer une voiture.

Je me retrouve dans le fin fond de la Caroline, loin de tout point de repère. Pendant que je regarde le match, je me demande qu’est-ce que je peux bien faire d’autre, hockey ou basketball ce soir ?

C’est là que je réalise que le club de la Ligue américaine des Hurricanes de la Caroline est à Charlotte. Encore mieux, je réalise qu’il y a deux ans, ils ont repêché un Québécois, Julien Gauthier.

Facebook a ses avantages, je décide de lui écrire un message. Pas de réponse. Normal. C’est juste avant son match. Je m’y rends quand même et juste avant de rentrer dans l’aréna, un homme qui en sortait me dit : « as-tu besoin d’un billet ? Je dois quitter et j’ai pu besoin du mien ». Bang ! La vie me sourit à nouveau. Billet gratuit en main, je jette un regard rapide vers le ciel : « Merci ! ».

Facebook

Je vois la game puis je pars sans nouvelles, mais la tête légère d’une belle journée qui me confirme que je me reconnecte à la magie de la vie.

En arrivant dans un resto pour le gros burger gras classique d’après course et après tout, je reçois un message Facebook du jeune Julien.

– Salut, on sort avec les boys, viens nous rejoindre.

– Il commence à être tard pour le clown, mais je pensais aller voir le match des Panthers (NFL) demain, ça te tente d’y aller ?

– Tellement ! Je nous trouve des billets et je nous arrange ça.

Je suis allé le rencontrer presque aussi nerveux que lors d’une première date.

On ne s’était jamais parlé et dès notre rencontre, il n’y a pas eu plus de 10 secondes de silence. Deux grandes gueules qui ont trop de choses à se raconter.

Le plus drôle, c’est que même si j’ai le double de son âge, c’est moi qui me sentais comme un ti-cul.

Et bien assis dans mon siège 10 rangées derrière la zone des buts, j’ai regardé vers le ciel, toujours avec mon petit sourire en coin, et j’ai comme entendu la vie me dire : « Arrête de chialer et laisse-moi faire, car lorsque tu lâches prise, ça m’aide à conduire le véhicule de ta vie ! ».