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De plus en plus de bois dans la construction

dossier forêt
Photo courtoisie, Stéphane Groleau Un travailleur affecté à la construction de la tour de condos Origine à Québec.

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L’utilisation du bois dans les constructions au Québec a pratiquement doublé depuis 10 ans. Le gouvernement donne l’exemple et les connaissances ont évolué.

L’utilisation du bois dans les constructions commerciales, industrielles, institutionnelles et multifamiliales est passée de 15 % en 2007 à 28 % en 2017.

Un travail a été fait à la source, en intégrant des cours juste sur le bois pour les ingénieurs et architectes dans les universités.

Aussi, la Charte du bois a été mise en place il y a cinq ans. Le gouvernement a décidé de donner l’exemple en s’assurance que l’utilisation du bois soit évaluée à l’étape d’avant-projet pour tous les projets financés en tout ou en partie par des fonds publics.

Des mesures d’accompagnement, c’est-à-dire des montants supplémentaires, sont données pour ceux qui iront vers l’utilisation du bois.

Les connaissances ont aussi évolué, permettant de briser plusieurs mythes à savoir que le bois était cher, inflammable et pas très solide. De nouvelles normes de construction en hauteur ont aussi élargi le champ de possibilités.

Coûts

Dans le cas des coûts, le bois à ossature légère est moins cher que l’acier et le bois massif à peine plus cher que le béton, selon CECOBOIS, le Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois.

«Mais cela coûte moins cher en opération, sachant que le bois est un isolant alors que le béton est un conducteur. En matière d’énergie, on parle de coût moindre», résume Gérald Beaulieu, directeur de CECOBOIS.

L’utilisation du bois permet de lutter contre les changements climatiques. La ressource est renouvelable et le transport est moindre puisque la matière première est disponible partout au Québec, assure-t-il. Les produits en bois nécessitent moins d’énergie pour leur production.

En retard sur l’Europe dans l’utilisation du bois dans les constructions, le Québec serait en train de rattraper cet écart.

«Donnez-nous encore 10 ans, on va s’apercevoir qu’on a nivelé ces écarts-là. Le Québec et le Canada performent très bien dans la diversité des bâtiments qu’on est en train de construire», indique Gérald Beaulieu.

Le bois plaît

Construction Sotramont de Montréal utilise le bois dans ses projets depuis des années et observe de près l’utilisation de plus en plus importante du matériau au Québec.

«Le fait que le bois passe dans les ligues majeures pour faire des bâtiments de grande hauteur, je pense que c’est une belle avancée. Il y a encore du travail à faire, beaucoup de recherche et développement à compléter», estime Guy St-Jacques, vice-président construction chez Construction Sotramont.

Il constate que le bois plaît beaucoup aux Québécois. Il le remarque même chez ses ouvriers.

«L’odeur que ça dégage, le côté enveloppant que le bois permet d’avoir pour les ouvriers, ça leur donnent le goût de travailler», dit monsieur St-Jacques.

Des écoles plus humaines grâce au bois

La moitié du revêtement extérieur du nouveau gymnase de l’école Saint-Victor de Petit-Matane sera fait de bois.
Photo courtoisie, Groupe Architecture MB
La moitié du revêtement extérieur du nouveau gymnase de l’école Saint-Victor de Petit-Matane sera fait de bois.

PETIT-MATANE | Le bois sera mis en valeur dans le gymnase de l’école primaire de l’école Saint-Victor de Petit-Matane, dans le Bas-Saint-Laurent, ce qui rend l’école plus humaine.

La moitié du revêtement extérieur est fait de bois ainsi que 50 % des murs intérieurs et de tout le plafond du gymnase. Les colonnes sont en acier camouflées dans les murs et les poutres sont apparentes en bois.

«Partout où on a pu en mettre, on en a mis», résume Manon Maltais, directrice des Services des ressources matérielles, de l’approvisionnement et du transport scolaire à la Commission scolaire des Monts-et-Marées.

Le bas des murs du gymnase est en bloc de maçonnerie, dans le but d’avoir une surface résistance en raison des ballons projetée sur le mur. Le gymnase de 2.7 M$ sera prêt en novembre.

«Le bois amène une impression de chaleur. C’est un matériau noble et qui vieillit bien dans le temps. On veut des écoles à dimension humaine qui n’ont pas l’air de blocs de béton ou à des prisons...», ajoute Mme Maltais.

Elle dit constater que le gouvernement commence à rehausser les budgets pour permettre de mettre le bois en valeur. «C’est comme une nouvelle tendance qui se dessine», dit-elle.

15 %

Depuis l’année scolaire 2017-2018, les projets de construction autorisés par le ministère bénéficient d’une bonification possible du budget pouvant atteindre 15 % du coût des travaux pour mettre en œuvre des solutions architecturales ou d’ingénierie permettant de soutenir la réussite éducative ou le développement durable.

«L’utilisation de cette bonification doit toutefois faire l’objet d’une approbation ministérielle à l’étape de conception du projet», souligne Esther Chouinard, responsable des relations de presse au ministère de l’Éducation.

Le quart des gens de Chibougamau travaillent grâce à la forêt

Un travailleur en action sur un chantier de construction qui met en valeur le bois.
Photo courtoisie, Chantiers Chibougamau
Un travailleur en action sur un chantier de construction qui met en valeur le bois.

CHIBOUGAMAU | Une personne sur quatre à Chibougamau est sur le payroll de Chantiers Chibougamau, une entreprise de plus de 50 ans qui fabrique et commercialise des produits forestiers. C’est sans compter les emplois indirects.

«Nous dépensons aussi plus de 30 M$ annuellement dans la municipalité, auxquels s’ajoutent plus de 20 M$ dans le nord du Lac-St-Jean. C’est un poids économique majeur», résume Frédéric Verreault, des communications de Chantiers Chibougamau.

Le salaire minimum qui y est offert pour un opérateur est de 24 $ de l’heure. Il passe à plus de 30 $ de l’heure selon l’expérience et les spécialités.

Environ 970 personnes, dont 700 à l’usine située dans la région du Nord-du-Québec, 200 à Landrienne en Abitibi et 70 dans les bureaux à Montréal, y travaillent.

L’usine y a vu le jour parce qu’elle était à proximité de sa matière première et l’expertise s’est développée. L’usine est maintenant de classe mondiale, avec des technologies modernes.

Si Chantiers Chibougamau profite du fait qu’il y a de plus en plus de constructions en bois au Québec, elle n’a toutefois pas le monopole dans le domaine. L’entreprise doit se battre contre d’autres usines québécoises et de l’extérieur, puisqu’aucun contenu local n’est exigé en ce qui les concerne sur les appels d’offres publics.

«Dans certains cas, nous sommes en concurrence avec une solution en acier ou en béton. Dans d’autres, c’est avec des produits de bois massifs. Dans tous les cas, c’est une soumission moins coûteuse et notre expertise et notre expérience qui nous permettent de nous démarquer», dit M. Verreault.

De gros projets

Chantiers Chibougamau vend son bois au Québec et de plus en plus aux États-Unis, particulièrement à des entreprises, ainsi que des promoteurs multirésidentiels et d’immeubles à bureaux.

L’entreprise a réalisé plus de 2000 projets aux quatre coins de l’Amérique du Nord, dont la toiture de l’amphithéâtre d’entraînement des Sabres de Buffalo, des pavillons de l’Université du Massachusetts et les colonnes des murs extérieurs du Centre Vidéotron à Québec.

Les seules limites à l’utilisation du bois sont perceptuelles, selon monsieur Verreault.

«Le grand drame qu’on a au Québec, c’est qu’on a suggéré de construire en bois depuis 10 ans en disant «construisez en bois pour aider l’industrie forestière». Par définition une mesure d’aide, c’est un peu une subvention, ça veut dire que tu payes plus cher pour aider quelqu’un qui a besoin d’aide. Or, c’est une solution emballante et rien d’une demande d’aide, au contraire», dit Frédéric Verreault.

Des pionniers dans l'utilisation du bois

Chez BMR

Le magasin BMR du Groupe Cormier, à New Richmond met de l’avant le matériau bois, comme plusieurs autres magasins de la bannière
Photo courtoisie, BMR
Le magasin BMR du Groupe Cormier, à New Richmond met de l’avant le matériau bois, comme plusieurs autres magasins de la bannière

À l'UQAC

Le nouveau bâtiment sportif de l’UQAC est composé de 283 m3 de bois représentant 70 % de la structure totale.
Photo courtoisie, Chantier Chibougamau
Le nouveau bâtiment sportif de l’UQAC est composé de 283 m3 de bois représentant 70 % de la structure totale.

INDUSTRIE DE LA FORÊT AU QUÉBEC

  • 59 004 travailleurs de la forêt
  • 1 municipalité sur 5 en dépend
  • 28 667 emplois dans l’industrie du bois
Source : Statistiques Canada 2017

 

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