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Le syndicat de Postes Canada rejette la trêve

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Le syndicat représentant les postiers de Postes Canada a rejeté la trêve demandée lundi par la direction qui voulait que la grève tournante cesse jusqu’au 31 janvier.

Face aux retards qui s’accumulent en raison des débrayages de ses employés, Postes Canada a soutenu par communiqué que l’absence de moyen de pression dès maintenant constitue la «dernière chance» pour traiter le courrier accumulé «avant que l'avalanche de colis des Fêtes ne frappe ses établissements».

Le syndicat n’est toutefois pas du même avis.

«Notre intention n’est pas de nuire à la population, mais Postes Canada demande à nos membres de retourner au travail à la période la plus achalandée et la plus stressante de l’année, et ce, dans les mêmes conditions qui donnent lieu au taux d’accidents du travail le plus élevé du secteur fédéral. [...] Comment pourrions-nous l’accepter?» a précisé le président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), Mike Palecek.

Il s’est également opposé à la proposition de Postes Canada voulant qu’en cas d’absence d’entente, ce soit le médiateur qui puisse trancher.

«Nous n’accepterons pas l’arbitrage obligatoire pour régler nos différends avec Postes Canada. Nous avons le droit de négocier collectivement et d’utiliser la négociation pour parvenir à un règlement. Nous sommes convaincus de la possibilité d’une entente si seulement Postes Canada acceptait de régler les problèmes et cessait de chercher des moyens de ne pas négocier», a ajouté Mike Palecek.

Accumulations

Afin d’inciter les syndiqués à cesser leur grève tournante, la société d’État fédérale s’était engagée, lundi, à verser jusqu’à 1000 $ aux employés représentés par le STTP, si aucun arrêt de travail n’avait lieu d’ici le 31 janvier. Elle voulait aussi rétablir deux conventions collectives durant cette période de négociation.

Postes Canada estimait que la poursuite de la grève tournante rendrait impossible la livraison de tous les colis pour Noël.

«En raison des grèves tournantes, des accumulations qui en résultent et des énormes volumes du Vendredi fou et du Cyberlundi qui arriveront dans les prochains jours, nous faisons tout ce qui est possible pour travailler avec le syndicat d'urgence, afin de livrer la joie des Fêtes aux Canadiens», a déclaré Jessica McDonald, présidente du Conseil d'administration et présidente-directrice générale par intérim de Postes Canada, par communiqué.

Loi spéciale

Face à cette impasse, le président et chef de la direction du Conseil canadien du commerce de détail pour le Québec, Marc Fortin, a exigé que le gouvernement fédéral impose une loi spéciale si une entente n’a pas lieu d’ici jeudi.

«Ce qu’on a demandé au gouvernement fédéral, c’est qu’il utilise ses pouvoirs législatifs afin de s’assurer qu’on ne soit pas dans une situation de bris de service. Il y a 600 camions de Postes Canada qui ne sont pas triés. C’est encore gérable à la limite, mais s’ils attendent à la fin de la semaine, ce ne sera pas gérable, parce qu’il y a aura une augmentation de 50 % des colis. Tous les transporteurs privés ne sont pas capables de prendre ce volume que Postes Canada gère», a-t-il dit en entrevue à LCN.