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Le premier chapitre de l’ère Rémi Garde

Rémi Garde lors du bilan de saison de l’Impact, le 1er novembre.
Photo d'archives, Sébastien St-Jean Rémi Garde lors du bilan de saison de l’Impact, le 1er novembre.

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Rarement, dans l’histoire de l’Impact, nous avions vu un entraîneur arriver avec un tel profil. Au moment où Joey Saputo a annoncé la venue de Rémi Garde au Québec et en MLS, l’ensemble des amateurs de sports avait hâte de voir de quel bois il se chauffait.

Avec l’embauche de Garde, le président du club répondait à certaines critiques des partisans et dotait le club d’un pilote avec une expérience internationale considérable en tant que joueur et entraîneur.

De plus, l’ancien Lyonnais amenait avec lui en tant qu’assistant une légende du soccer français, Joël Bats. Tout était donc en place pour redonner espoir aux partisans et espérer que la saison 2018 en serait une des meilleures de l’histoire du Bleu-blanc-noir.

Malheureusement, ça ne s’est pas matérialisé. D’un point de vue statistique, l’équipe ne s’est pas améliorée outre mesure. Et — ai-je besoin de le rappeler — elle a raté les séries éliminatoires pour une deuxième année de suite.

Personnellement, je ne m’attendais pas à ce que Garde réinvente à lui seul le jeu du soccer. Par contre, j’anticipais une équipe beaucoup mieux organisée avec un jeu offensif plus fluide que les années précédentes.

Certes, le XI montréalais a eu une bonne deuxième moitié de saison, mais elle est loin de s’être élevée au niveau des attentes qu’on avait pu provoquer en début de saison.

Les mots justes ?

À la toute fin du camp préparatoire, l’Impact nous indiquait que les joueurs avaient bien travaillé et qu’ils étaient prêts à entamer la saison. Les mauvais résultats du début de saison ont vite invalidé ces affirmations.

Ce que je retiens de ces mois difficiles, c’est que malgré le manque de talent qu’a lui-même souligné Garde à maintes reprises, l’entraîneur n’a pas été en mesure de maximiser le potentiel de l’effectif qu’il avait sous la main.

Oui, il était dans une certaine mesure rafraîchissant de voir un entraîneur honnête face à la qualité de son effectif. Mais ce genre de commentaires peut s’avérer difficile à avaler quand il est évoqué sur la place publique avec les journalistes.

À mon sens, le choix que Garde a fait de dire de telles choses, au moment où l’équipe traversait ses moments les plus difficiles, n’était pas la meilleure idée.

Le rôle du meneur

Dans son bilan de saison, Garde a vanté les réactions de son effectif face à l’adversité et la camaraderie, la solidarité, qui l’habite.

Encore une fois, je m’inscris en faux. Où était-il, cet esprit, quand les séries étaient en jeu en fin de saison à Toronto, Washington et en Nouvelle-Angleterre ? Dans ces moments, ce n’était pas l’équipe intense, prête à tout donner à laquelle je m’attendais.

Dicter l’esprit du groupe, insuffler de l’intensité, ça fait partie du travail de l’entraîneur. Celui-ci doit aussi s’assurer de la constance de ses joueurs sur toute la saison.

Certains pourraient arguer : « Un entraîneur est aussi bon que les joueurs qu’il a sous la main. » L’équipe s’est-elle seulement élevée grâce à sa présence et à sa technique ?

Vers 2019

Pour la saison prochaine, on imagine que l’ensemble du personnel technique saura tirer des apprentissages de cette première année en MLS. La présaison n’en sera que plus efficace et le XI montréalais devrait être plus stable sur l’ensemble de la saison.

Mais c’est dans les deux derniers mois de l’année que les choses vont se compliquer pour Garde. Que pourra-t-il amener pour améliorer l’équipe compte tenu du budget qu’il a à sa disposition ?

Parce qu’à regarder la dernière saison de l’Impact, les défis sont simples : amener de meilleurs joueurs et tirer un maximum de l’effectif qu’on aura bâti.

À ce stade-ci, tout semble reposer sur les épaules de Garde. C’est lui qui devra assumer les succès et les échecs.

En somme, je crois qu’il est normal d’avoir de grandes attentes envers un entraîneur avec une telle feuille de route qu’on a embauché à grands frais.

Et toujours dans cette perspective, on peut assumer que Garde n’a pas livré la marchandise... pas encore.