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De plus en plus de cas de dégénérescence maculaire

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Avec le vieillissement de la population, on risque d'entendre parler, de plus en plus, de dégénérescence maculaire. Cette maladie, qui engendre une perte de vision, touche environ 300 000 québécois et ce nombre est appelé à doubler dans les 15 prochaines années.

Il existe deux formes de dégénérescence maculaire: sèche et humide. La première entraîne une perte progressive de la vision centrale, tandis que la deuxième entraîne une perte rapide.

Une perte de la vision importante peut forcer à mettre fin à certaines activités, comme la lecture ou la conduite automobile, ce qui peut souvent être difficile à encaisser.

«C'est beaucoup d'adaptation. Ne pas reconnaître les gens, ce qui isole énormément, perdre son permis de conduire. Si la personne n'a pas 70 ans, souvent, elle a petit boulot qu'elle est obligée d'arrêter», a énuméré la directrice de l'Association des personnes handicapées visuelles du Bas-Saint-Laurent, Huguette Vigneault.

Mme Vigneault a été frappée par cette maladie à l'âge de 12 ans. À 50 ans, elle avait complètement perdu sa vision centrale.

«Si ça arrive à 12 ans, tu as 12 ans d'adaptation à défaire, si ça arrive à 70 ans, tu as 70 ans d'habitudes à défaire pour réapprendre autrement», a ajouté Mme Vigneault.

Cette maladie peut engendrer d'autres problèmes. «C'est aussi trois fois plus de dépressions cliniques qui accompagnent une perte de vision, c'est cinq fois plus de risques d'une chute, cinq fois plus de risques d'une mauvaise prise de médicaments», a expliqué le directeur général de l'Association québécoise de la dégénérescence maculaire (AQDM), André Lavoie.

Une seule des deux formes de dégénérescence maculaire peut être traitée à l'aide d'injections.

«Ça peut vraiment aider une personne à être fonctionnelle plus longtemps», a souligné Mme Vigneault.

L'importance de la prévention
Mardi, l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) nous apprenait que les traitements utilisés pour stopper ou ralentir l'une des deux formes de cette maladie ont grandement contribué à augmenter les dépenses de l'État en matière de médicaments, en 2017.

«La prévention, c'est ce qui coûte le moins cher et, actuellement, il n'y a pas de prévention, alors on s'en va vers un demi-million de personnes atteintes de dégénérescence maculaire sans qu'il n'y ait aucun plan gouvernemental sur le plan de la prévention et de l'information», a indiqué M. Lavoie.

Outre l’hérédité, plusieurs facteurs peuvent favoriser l'apparition de cette maladie, dont la cigarette, l'alimentation, l'embonpoint, l'hypertension, les ultraviolets et la lumière bleue.

L'Association québécoise de la dégénérescence maculaire lutte pour qu'un plus grand nombre de Québécois connaissent ces facteurs aggravants. L'organisme a d'ailleurs entamé une campagne de sensibilisation de la population, mercredi, à Rimouski.