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Forte mobilisation à Matane pour une autre famille de réfugiés

Des dizaines de milliers de dollars amassés pour les accueillir

Une photo prise à l’aéroport, à l’arrivée de la famille Ateia au Québec, le 27 avril dernier. La famille Ateia est accompagnée de Mohammed El Mernissi, le traducteur dans le comité de parrainage Syrie-Matanie.
Photo courtoisie, kallima Une photo prise à l’aéroport, à l’arrivée de la famille Ateia au Québec, le 27 avril dernier. La famille Ateia est accompagnée de Mohammed El Mernissi, le traducteur dans le comité de parrainage Syrie-Matanie.

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Après avoir amassé beaucoup d’argent pour accueillir une première famille de réfugiés syriens, des citoyens de Matane, dans le Bas-Saint-Laurent, se mobilisent encore plus pour en accueillir une seconde.

Depuis trois ans, 48 640 $ ont été amassés par le comité de parrainage Syrie-Matanie, un groupe de citoyens. L’objectif est de 57 700 $, ce qui sert à payer les billets d’avion et des frais de subsistance pour la première année de vie au Québec des deux familles.

La première famille, composée des parents Hussam et Meshlen Ateia, ainsi que de leur garçon de huit ans, Wade et un bébé à venir, s’est bien intégrée depuis son arrivée en avril.

« Nous nous sentons à l’aise à Matane. Il y a certaines difficultés pour la langue et la météo, car tout est complètement différent des nôtres. Mais nous espérons pour l’avenir de nos enfants au Canada », a indiqué Meshlen Nassar Ateia.

Une seconde famille

La seconde famille attendue, les Daadouch, est composée de la mère, Heyam Nemeh, et de ses trois enfants dans la vingtaine, Lama, Georges ainsi qu’Hazem.

Lama est sourde de naissance et a subi un traumatisme de guerre, en voyant un membre de sa famille mourir sous ses yeux. Elle a besoin d’aide, selon sa mère.

Tous les mois, le comité à Matane et la famille à Beyrouth où ils se sont réfugiés discutent sur Skype. On les encourage à être patients, car le processus pourrait prendre deux ans.

« C’est très attendu ces téléphones-là. La famille ne comprend pas qu’on est là, à l’autre bout du monde, qu’on ne les connaît pas et qu’on dise qu’on les attend les bras ouverts. Ils trouvent cela extraordinaire », indique Marie Pelletier, du comité.

« Nous sommes très reconnaissants du travail humanitaire considérable accompli par les habitants de Matane. Je souhaite vivre dans un grand pays comme le Canada. C’est une sécurité que nous avons toujours rêvé d’obtenir, en particulier après les dures souffrances de la guerre », a indiqué au Journal Heyam Nemeh, via Messenger.

Générosité

La mobilisation ne s’essouffle pas à Matane et le comité ne se fait pratiquement jamais dire non. Activités-bénéfices, emballage à l’épicerie, cartes de souhaits et dons personnels se succèdent.

« Les gens sont tellement fins. La Ville donne des reçus aux fins d’impôts. Des gens donnent des meubles. Tout le monde dit oui quand on demande, c’est plus facile que je croyais. C’est très valorisant. On n’en sauve pas un million, on en sauve huit, mais huit, c’est huit de plus », a dit Mme Pelletier.

Le comité a aussi le devoir d’accompagner les familles à Matane, par exemple pour leurs allocations fédérales ou leur francisation.