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Hockey, révolte et politique

Hockey, révolte et politique
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Le 17 mars 1955, une émeute éclate au Forum de Montréal. La raison? Maurice Richard s’est fait suspendre quelques jours plus tôt pour avoir frappé un arbitre qui tentait de le séparer d’un autre joueur.

Plusieurs associent cette émeute aux débuts de la Révolution tranquille et l’éveil de notre peuple québécois. En effet, cette émeute non organisée comprenant les 16 000 spectateurs présents et 10 000 protestataires attendant à l’extérieur du Forum fait partie des premières grandes démonstrations des Québécois face à une forme d’autorité.

Quand «émeute» rime avec «hockey»

Au cours des décennies suivant l’émeute de 1955, trois autres grandes émeutes ont secoué Montréal, soit celles de 1986, de 1993 et de 2008. Les deux premières en raison de l’obtention de la Coupe Stanley et la dernière à la suite d’une victoire du Canadien de Montréal en séries éliminatoires.

Ces émeutes, autant celle de 1955 que celles l’ayant suivie émanent d’une passion que nous avons, les Québécois, pour le sport. Une passion aussi liée intimement avec la rage. D’où vient donc cette colère?

Frustration sociale

Le contexte de 1955, pendant lequel la population québécoise était au bord de l’ébullition face aux répressions sociales, explique comment la suspension de Maurice Richard, où un anglophone a puni démesurément un francophone, a pu être un catalyseur pour toute cette rage.

L’émeute de 1986 est survenue six ans après le référendum de 1980, où le camp du «non» l’avait emporté avec un peu moins de 20% d’écart, et celle de 1993 est survenue deux ans avant celui de 1995, où le «non» l’a emporté avec un peu plus de 1% d’écart. Que s’est-il donc passé en 2008 pour provoquer une telle émeute? Le parti Libéral du Québec est passé de minoritaire à majoritaire, mais est-ce que ce contexte est vraiment suffisant pour susciter de telles démonstrations?

Si nous pouvons voir un lien entre le contexte sociopolitique du Québec entourant les émeutes de 1955, 1986, 1993 et 2008, qu’en est-il de la révolution sociale qui aurait dû s’en suivre à chaque fois? Si au moins ces trois dernières émeutes avaient su propulser notre peuple dans une nouvelle ère de révolution, comme l’a fait celle de 1955, leur violence n’aurait pas été en vain.

Futur incertain

À quand la prochaine rébellion? Une suspension pour Carey Price, gardien de but du Canadien de Montréal, entraînerait-elle une émeute qui serait l’élément déclencheur d’une grande révolte sociale face à notre gouvernement?

Sommes-nous seulement un peuple capable de manifester ses frustrations selon les aléas du hockey? Cette passion que nous avons, la retrouve-t-on ailleurs? À lire les critiques qui fusent de toute part lors de nouveaux mouvements, le hockey semble rester la seule façon d’unir notre peuple.

Alors, si c’est de cette façon que nos grandes révolutions s’entament au Québec, à voir le Canadien de Montréal aller, je redoute notre avenir.

 

Cette chronique est en lien à la thématique «sports» proposée par Réjean Tremblay.

 

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