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Guy Jodoin surpasse les attentes

Guy Jodoin se démarque dans le rôle de William Larose, un homme autoritaire, manipulateur et sans scrupule.
Photo courtoisie, Yves Renaud Guy Jodoin se démarque dans le rôle de William Larose, un homme autoritaire, manipulateur et sans scrupule.

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La pièce Bilan de Marcel Dubé, que l’on pourrait qualifier de drame familial, nous transporte à une époque heureusement révolue. Si la pièce est un beau succès à plusieurs égards, ce sont particulièrement les excellentes performances d’acteurs qui séduiront les spectateurs.

Cinquante ans plus tard, on assiste à une nouvelle mouture de Bilan. Celle-ci s’amorce dans un esprit festif, tandis que William Larose, entrepreneur prospère, offre à ses convives une fête pour souligner son passage en politique au moment où Jean Lesage prend le pouvoir. L’alcool coule à flots, on danse au rythme des années 60.

Cette fête qui n’en finit plus aurait eu intérêt à être réduite de façon significative. Cinq minutes auraient été suffisantes pour saisir le message et tremper dans cet univers.

Ce n’est que plus tard qu’apparaîtra William Larose, un homme autoritaire, manipulateur, sans scrupule, voire malhonnête et irrespectueux envers les siens. S’il s’imagine pouvoir acheter tout le monde avec son argent, il apprendra que cette arme se tournera contre lui. Tour à tour, il perdra tous ses proches, sa femme, ses trois enfants, et son homme de confiance.

Acteurs incroyables

C’est principalement la performance d’acteurs qui en fait une pièce exceptionnelle. Si toute la brochette de comédiens est formidable, c’est Guy Jodoin dans le rôle de William Larose qui se démarque du tout au tout. Sa performance est si forte qu’on se demande s’il ne va pas subir un infarctus sur scène. Son jeu est des plus explosifs tout en demeurant authentique. On y croit !

Parmi les autres belles performances, mentionnons celle de Sylvie Léonard qui personnifie Margot, la femme de William. Cette femme qui brille dans ses mille et une tenues est magnifique dans son jeu d’épouse soumise et incomprise qui malheureusement sombrera dans la surconsommation de médicaments, son échappatoire pour accepter une vie gâchée auprès d’un homme qui ne la respecte pas, tandis qu’elle en aime un autre en silence.

Quant à Rachel Graton (Suzie Larose), elle est excellente tout autant que Christine Beaulieu (Monique). Elles nous ont offert des moments renversants.

D’ailleurs, certaines scènes donnent froid dans le dos, notamment lorsque Suzie se fait battre par son mari parce qu’elle souhaite le quitter. Ouf !

On retrouve beaucoup d’ingéniosité de la part du metteur en scène, Benoît Vermeulen, qui par moment parvient à faire apparaître et disparaître ses personnages sous un écran de fumée.

On compte également de belles projections au haut de la scène.

Costumes sublimes

Les costumes sont sublimes et les accessoires des années 60 rappellent parfaitement bien cette époque. Pourtant, une grande question demeure. Pourquoi avoir tout gâché avec un personnage, tablette électronique à la main, prenant constamment des photos ? On peut vouloir camper sa pièce n’importe où dans le temps, tant et aussi longtemps qu’il y a une cohérence. Lorsqu’on enferme les femmes dans des carcans dépassés et que l’on se permet de les battre et bien nous ne sommes pas à l’ère des tablettes électroniques. Aujourd’hui, ces hommes mériteraient la prison. Un peu plus de cohérence aurait été appréciée. À force de vouloir être original, on a l’impression de vouloir nous passer n’importe quoi.

Une pièce de deux heures sans entracte, un peu trop longue, mais qui suscite toutefois de très belles émotions.


Bilan, à l’affiche au TNM jusqu’au 8 décembre