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Au-delà des préjugés et des actes de violence

Comment je suis devenu musulman aborde la peur de l’autre et le vivre-ensemble

Comment je suis devenu musulman
Photos Patrick Lamarche Benoit Drouin-Germain et Sounia Balha qui interprètent Jean-François et Mariam.

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La peur de l’autre est, depuis quelques années, de plus en plus présente. Simon Boudreault a décidé d’aborder cette question, et celle de l’identité de la spiritualité, sans utiliser les clichés et les préjugés associés, la plupart du temps, à la violence.

À l’affiche à partir de mardi à La Bordée, la comédie dramatique Comment je suis devenu musulman raconte l’histoire de Jean-François, catholique non pratiquant, et de Mariam, une musulmane non pratiquante d’origine marocaine et immigrante de deuxième génération.

Lorsque la jeune femme annonce à sa mère qu’elle est enceinte, celle-ci exige que le couple se marie sur-le-champ et selon les traditions musulmanes.

« On suit ce couple et leur famille respective, qui essaient de trouver une façon de vivre ensemble. Il y a, d’un côté, les parents de Mariam, qui sont immigrants de première génération et ceux de Jean-François, un couple divorcé, dont la femme a rejeté la religion et le père qui a encore un fond de religion catholique. Il y a un choc pour les deux familles », a-t-il expliqué.

Comment je suis devenu musulman est aussi l’histoire de l’auteur, comédien et metteur en scène qui, en 2013, a été un peu forcé de se marier avec son amoureuse qui est d’origine marocaine. Un mariage, précise-t-il, où l’amour est présent.

« Ma belle-mère m’a dit qu’on devait se marier selon les traditions musulmanes. Ce qui a suscité plein de réactions sur l’importance des rituels au sein d’une famille, comme la mienne, où on ne parlait jamais de religion. Il a fallu trouver un terrain d’entente », a-t-il raconté.

Simon Boudreault précise que la pièce n’est pas autobiographique.

« Il y a plein de choses que vivent les personnages et que je n’ai pas vécues. Ç’a été beaucoup plus simple dans ma vie », a-t-il fait remarquer.

L’auteur, comédien et metteur en scène trouvait intéressante l’idée d’aborder ces questions par l’intime et le personnel.

« Notre rapport aux musulmans est souvent associé au terrorisme, aux crimes d’honneur et à la violence. Je voulais parler de ces enjeux avec ce que l’on vit au quotidien et d’une façon qui déconstruit l’image violente et polarisée qu’on reçoit par les médias. Dans ma belle-famille, des femmes voilées, il n’y en a pas », a-t-il mentionné.

Les musulmans, ajoute-t-il, ont aussi des préjugés à l’endroit des Québécois.

« Ils se demandent si la religion catholique, c’est juste des pédophiles. Je voulais mettre ça en parallèle et déboulonner les préjugés pour un peu mieux se comprendre », a-t-il indiqué.

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Manuel Tadros et Nabila Ben Youssef jouent les parents de la jeune femme d’origine marocaine.
Photo Patrick Lamarche
Manuel Tadros et Nabila Ben Youssef jouent les parents de la jeune femme d’origine marocaine.

Nabila Ben Youssef, qui joue le rôle de la mère de Mariam, adore ce personnage de femme très ancrée dans les traditions et qui ne lui ressemble absolument pas.

« Elle est manipulatrice, mais pas méchamment. Elle cherche la paix et elle veut protéger la réputation de sa fille et de sa famille. C’est important pour elle. C’est une femme qui est joyeuse, qui a la joie de vivre et qui aime la fête », a-t-elle décrit.

L’humoriste et comédienne, qui est d’origine tunisienne, précise qu’elle n’a jamais pratiqué les traditions musulmanes.

« Je me suis complètement éloignée de ça. C’est ma sœur qui me rappelle les différentes fêtes afin que je puisse appeler ma famille. La polygamie, les crimes d’honneur et l’excision, ça n’existe pas dans l’islam et dans notre culture. On se rend compte qu’on partage les mêmes peurs, les mêmes besoins et le même quotidien que les Québécois », a-t-elle laissé tomber.


► Comment je suis devenu musulman est présenté du 27 novembre au 8 décembre à La Bordée.