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La Ville ne sauvera pas l’église Saint-Sacrement

Labeaume estime que ce n’est pas de ses affaires

La rénovation de l’église du Très-Saint-Sacrement, sur le chemin Sainte-Foy, coûterait 3 M$. La fabrique n’est plus capable d’assumer ces coûts et mettra l’édifice en vente.
Photo Didier Debusschere La rénovation de l’église du Très-Saint-Sacrement, sur le chemin Sainte-Foy, coûterait 3 M$. La fabrique n’est plus capable d’assumer ces coûts et mettra l’édifice en vente.

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Malgré l’insistance du conseiller Yvon Bussières, l’administration Labeaume n’a pas l’intention de sauver l’église du Très-Saint-Sacrement.

« Ce n’est pas dans les affaires municipales. Je vais aller loin : ça ne nous regarde pas. » De France, où il participe à une mission économique, le maire de Québec, Régis Labeaume, a été catégorique. Il a fermé la porte à toute intervention de la Ville dans le dossier de l’église juchée en haut de la côte Saint-Sacrement. Sa mise en vente a été confirmée par la fabrique, qui n’est plus en mesure d’assumer les coûts de rénovation que nécessite l’édifice religieux.

« Ce sont des églises, ça regarde le diocèse, la fabrique, ça ne regarde pas la Ville de Québec. On va tenter de nous amener dans le dossier, M. Bussières l’a fait, puis il l’a fait très correctement, mais je veux être très clair : ce n’est pas un dossier municipal », a tranché le maire.

Bussières « en deuil »

Le conseiller municipal du secteur, Yvon Bussières, qui est aussi marguillier au conseil de la fabrique de la paroisse, se disait « en deuil » lundi. « Je suis triste de ça. C’est un deuil. C’est une église qui a été inaugurée il y a 95 ans. On ne se rendra pas au centenaire. On tourne collectivement la page sur un siècle d’histoire. »

Il lui restait un espoir : que la fiducie proposée par le groupe Porter puisse se porter acquéreur de l’église et y réaliser les importants travaux de 3 millions $. Mais il se disait conscient que déjà huit églises sont identifiées pour être sauvegardées de cette façon et que les chances sont minces.

Le maire a anéanti cette possibilité.

« Elle n’est pas dans les huit églises qu’on a choisies et on n’ajoutera pas d’églises. Il y a des critères très clairs sur lesquels c’est basé et on n’ajoutera pas d’églises. »

Il a lancé la balle dans le camp du gouvernement provincial. « Nous, on gère une ville, on ne gère pas les églises et un diocèse. Qu’ils aillent voir le gouvernement. »

« En péril »

La vice-présidente du comité exécutif et responsable du patrimoine, Marie-Josée Savard, a elle aussi fermé la porte à double tour. « On a déjà un montant d’argent prévu sur 10 ans, 30 millions $, et malgré ça, on sait qu’on aurait besoin de davantage. [...] On ne peut pas toutes les sauver. » La Ville n’a pas l’intention de classer l’édifice non plus, dit Mme Savard.

Dans son rapport sur la préservation du patrimoine religieux, le groupe de travail présidé par John R. Porter identifiait l’église du Très-Saint-Sacrement comme étant « carrément en péril » en raison de « l’état alarmant de [sa] structure ». « On peut s’interroger sur leurs chances de survie », écrivait le groupe, citant aussi l’église Saint-Cœur-de-Marie, qui est pour sa part dans un état de détérioration avancée.

Yvon Bussières déplore cette interprétation. « L’église n’est pas sur le point de tomber. Le groupe n’a pas de rapport d’ingénieur pour dire ça. » Rappelons qu’un pan de la façade ouest s’était effondré en juillet 2017, nécessitant des travaux d’urgence.

– Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée