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Vivre ensemble au-delà des religions

Comment je suis devenu musulman mélange habilement drame et comédie

Les parents de Mariam (Sounia Balha), interprétés par Manuel Tadros et Nabila Ben Youssef, exigent que le mariage de leur fille, une immigrante de deuxième génération non pratiquante, se déroule selon les traditions musulmanes.
Photo courtoisie, Patrick Lamarche Les parents de Mariam (Sounia Balha), interprétés par Manuel Tadros et Nabila Ben Youssef, exigent que le mariage de leur fille, une immigrante de deuxième génération non pratiquante, se déroule selon les traditions musulmanes.

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Au-delà du racisme, des accommodements raisonnables et de la peur de l’autre, il y a la vie. Des gens qui, toutes religions confondues et à travers des traditions souvent dépassées, sont à la recherche de la même chose, être heureux. La pièce Comment je suis devenu musulman aborde ces questions avec humour et intelligence.

À l’affiche jusqu’au 8 décembre au théâtre La Bordée, la pièce écrite et mise en scène par Simon Boudreault, raconte le choc entre une famille québécoise et une autre aux origines marocaines et musulmanes. Deux familles qui vivent au Québec et qui ont des rites et des traditions différents.

Mariam, qui est une immigrante de deuxième génération, est, depuis trois ans, en couple avec Jean-François. Elle est musulmane non pratiquante, et lui est catholique non pratiquant.

Ils n’ont pas l’intention de se marier, mais la situation changera lorsque Mariam, interprétée par Sounia Balha, tombera enceinte. Sa mère, Amifa, exige un mariage sur-le-champ. Un mariage marocain musulman. Elle propose même à Jean-François, interprété par Benoît Drouin-Germain, d’aller voir un imam et de se convertir à l’islam. Ce qu’il n’a pas du tout l’intention de faire.

« Ça va prendre cinq minutes. Une phrase, un papier à signer et c’est fini », explique la mère, joué par Nabila Ben Youssef, qui veut sauver l’honneur de sa fille et surtout de celle de sa famille. Une fille qui ne traîne pas l’héritage religieux de ses parents.

Une situation qui provoquera un choc de valeurs, de traditions et de religions et qui amènera les deux familles à trouver un terrain d’entente.

Mise en scène dynamique

Une pièce qui se déploie en parallèle avec la maladie de la mère de Jean-François, qui n’a jamais cru à la religion catholique et qui va bientôt mourir.

Comment je suis devenu musulman mélange habilement comédie et drame sans jamais aller dans la lourdeur des choses. Les sujets sont abordés et les contradictions sont soulevées dans une mise en scène dynamique et qui bouge beaucoup.

Les comédiens jouent plusieurs personnages. Ils s’adressent parfois directement au public.

On retrouve des insertions savoureuses et amusantes sous forme de publicités, de jeux-questionnaires et de sketch avec bruitage qui expliquent la vie du Frère André, la facilité à expier ses péchés et les énormités et absurdités que l’on retrouve dans les religions.

Les deux familles confrontent aussi le ridicule de certaines traditions présentes dans le Coran ou dans la Bible.

La tradition de la jarretière au mariage dégoûte la famille aux origines musulmanes.

Comment je suis devenu musulman démontre que les histoires de religion complexifient les choses la plupart du temps. Apprendre à se connaître et à vivre ensemble est une bien meilleure solution...