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La recette du succès pour le tramway

Jean Mercier, Mario Carrier et Fanny Tremblay-Racicot lancent ce soir leur livre sur le transport urbain durable.
Photo Jean-François Desgagnés Jean Mercier, Mario Carrier et Fanny Tremblay-Racicot lancent ce soir leur livre sur le transport urbain durable.

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Pour réussir son projet de transport structurant, Québec a besoin d’un maire charismatique, de l’aide des gouvernements et d’une collaboration avec les villes environnantes, estiment trois experts.

Les professeurs Jean Mercier et Mario Carrier, de l’Université Laval, et Fanny Tremblay-Racicot, de l’ÉNAP, lancent aujourd’hui un livre dans lequel ils analysent les exemples de trois villes américaines qui ont bâti un système de transport collectif structurant efficace et attrayant.

Avec le professeur Fabio Duarte, du MIT, ils se sont penchés sur les cas de Montréal, Seattle et Curitiba, au Brésil.

Dans ces villes, la proportion de gens qui prennent le transport collectif pour se rendre au travail se situe autour de 45 %. C’est faramineux comparativement à Québec où ce sont 12 % des gens qui adoptent ce mode de transport.

À travers les recherches et les entrevues qu’ils ont menées, ils ont pu dégager des facteurs communs à ces réussites.

Mario Carrier identifie l’apport d’un « personnage charismatique » pour vendre le projet.

Ténacité

Son collègue Jean Mercier ajoute qu’« il faut avoir des idées, de la ténacité et de la continuité sur plusieurs décennies. Souvent, c’est un maire qui a pris l’objectif à mains nues et qui l’a porté, quitte à se faire battre lors d’une élection ou deux par après. Mais il aura quand même laissé sa marque sur la ville ».

Le maire Régis Labeaume, dit M. Mercier, est cependant confronté aux aléas du financement gouvernemental. Mais en ce moment, il y a une « fenêtre d’opportunité » que Québec doit absolument saisir avant qu’elle ne se referme, croient les experts.

Mais même avec du leadership et du financement, la clé de la réussite d’un réseau structurant est la densification, ajoute Fanny Tremblay-Racicot.

Et dans la périphérie de Québec, c’est ce qui manque. « Pour avoir du monde dans les autobus, il faut que ce soit assez dense, parce que c’est trop cher à opérer. »

« Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu le gouvernement fédéral, provincial et la Ville de Québec avoir une aussi grande volonté de développer le transport collectif, mais tout ça est ralenti par la dynamique métropolitaine », remarque M. Carrier.


Jean Mercier était l’invité d’Antoine Robitaille mardi en direct sur QUB radio.

  • Réécoutez son entrevue complète (à partir de 14h27):

 


« Il faut que les gens se réunissent. Ça comprend aussi Québec-Lévis. Je ne peux pas croire que les gouvernements  supérieurs n’interviendront pas à un moment donné pour faciliter la conversation et les projets entre Québec et Lévis. Ils ne vont pas engloutir des milliards dans des projets où une des deux villes ne sera pas dans le coup. » – Le professeur Jean Mercier