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Cannabis: transactions douteuses dans les paradis fiscaux

Des firmes de pot actives au Québec sont dans la mire des autorités boursières

clinique Medi-Green
Photo Chantal Poirier La boutique de cannabis médicinal Medi-Green ouverte en août par la firme Beleave, sur la rue Saint-Denis, dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, est nommée dans des recours des autorités boursières de la Colombie-Britannique.

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Des entreprises de cannabis actives au Québec auraient été impliquées dans un stratagème d’investisseurs cachés dans des paradis fiscaux, selon les autorités boursières de la Colombie-Britannique.

Les allégations visent Beleave, un producteur de pot accrédité par Santé Canada qui a ouvert une boutique de cannabis médicinal sur la rue Saint-Denis, à Mont­réal, en août.

Elles visent également Affinor Growers, une firme qui a comme actionnaire et ex-dirigeant l’ancien joueur du Canadien de Montréal Georges Laraque, ainsi que Abattis Bioceuticals, une firme de marijuana médicinale qui a eu un partenariat avec une usine de Montmagny, près de Québec.

Ces trois firmes font partie d’un groupe de 11 entreprises nommées dans des recours entrepris par la British Columbia Securities Commission (BCSC) dans les derniers jours.

Les autorités britanno-colombiennes estiment que ces firmes ont réalisé des transactions illégales avec un groupe de faux consultants allégués installés en partie dans des paradis fiscaux (Îles Marshall, Îles Caïmans, Hong-Kong et Suisse).

Inquiétude

« La BCSC est inquiète que certaines transactions, parfois appelées “échanges de chèques”, pourraient être abusives pour nos marchés boursiers et pourraient impliquer la vente illégale d’actions », a affirmé Peter Brady, directeur exécutif de la BCSC, dans une déclaration à notre Bureau d’enquête, hier.

Les transactions illégales alléguées, totalisant plus de 50 millions $ en 2018, auraient permis à des entreprises de tromper le grand public investisseur.

Elles auraient affirmé dans des communiqués de presse avoir recueilli des sommes en provenance des paradis fiscaux en vendant leurs actions.

En réalité, ces firmes auraient reçu bien peu d’argent frais, car elles remboursaient les mystérieux investisseurs (les « consultants ») pour la quasi-totalité des actions vendues.

Le groupe de consultants, appelé le Bridgemark Group, aurait de son côté encaissé des millions de dollars en profit dans les transactions.

La BCSC a interdit à ce groupe d’acheter ou de vendre les actions des 11 compagnies. Ces entreprises se sont de leur côté vu interdire de vendre leurs actions dans certaines conditions.

Structure opaque

Notre Bureau d’enquête avait rapporté au début de l’année que près de la moitié des producteurs de cannabis autorisés au Canada avaient reçu des centaines de millions $ provenant de paradis fiscaux opaques.

Affinor Growers et Abbatis ont dit vouloir collaborer avec les autorités britanno-colombiennes. « Le fait d’être nommé [...] est certainement négatif pour notre compagnie », a reconnu le patron d’Abbatis, Robert Abenante.

Beleave, pour sa part, n’a pas répondu à des messages envoyés hier.