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À l’ombre de Napoléon et du fort Boyard

Le fort Boyard a servi de prison, mais servait surtout en concert avec la forteresse de l’île d’Aix à contrer les invasions britanniques.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Le fort Boyard a servi de prison, mais servait surtout en concert avec la forteresse de l’île d’Aix à contrer les invasions britanniques.

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La semaine dernière, je vous parlais d’un personnage historique important, mais encombrant, parce qu’on en a honte : le maréchal Pétain. L’île d’Yeu, qui a été sa prison, abrite sa dépouille, mais ne serait pas fâchée de s’en débarrasser.

Lorsque Napoléon arrive le 15 juillet 1815, il reste ici dans la maison du gouverneur pendant quatre jours.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Lorsque Napoléon arrive le 15 juillet 1815, il reste ici dans la maison du gouverneur pendant quatre jours.

 

À l’île d’Aix – à un jet de pierre du fameux fort Boyard qui a longtemps occupé l’écran de TVA le dimanche soir –, c’est le contraire. On met de l’avant constamment un autre personnage éminent, même s’il n’a passé que quelques jours ici : Napoléon.

Le dromadaire personnel de Napoléon lors de la campagne d’Égypte est aujourd’hui une pièce de musée.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Le dromadaire personnel de Napoléon lors de la campagne d’Égypte est aujourd’hui une pièce de musée.

Lieu stratégique

Quel étrange petit endroit que cette île ! À peine plus d’un kilomètre carré ! Ses 250 habitants accueillent quand même quelque 200 000 visiteurs par an. Sa position stratégique en a fait un lieu militaire d’importance pendant le règne de Louis XIV, puis sous Napoléon, elle est transformée en forteresse pour tenir tête aux Anglais. L’empereur vient sur l’île pour superviser les travaux en 1808. Il revient dans des circonstances plus dramatiques en 1815 pour fuir les Anglais. Il reste seulement quatre jours avant de se rendre à l’ennemi en appelant à son fair-play. De là, il est transféré à Plymouth... en attendant son exil au bout du monde sur l’île de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, entre la Namibie et le Brésil. L’île d’Aix est donc le dernier lieu de résidence de Napoléon en France.

Napoléon logeait dans cette chambre modeste… tout un contraste avec les palais de Paris. Imaginez les nuits blanches qu’il a dû avoir ici avant de se donner aux Anglais.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Napoléon logeait dans cette chambre modeste… tout un contraste avec les palais de Paris. Imaginez les nuits blanches qu’il a dû avoir ici avant de se donner aux Anglais.

En 1927, la technologie a évolué. Le fort ferme et l’île se vide. Ou presque. Elle se muséifie pour survivre. Ça marche ! Il y a deux musées achalandés l’année durant. L’un parle de Napoléon (bien sûr). L’autre est plus insolite et suranné – il m’a dégoûté ! – et traite de l’Afrique : des têtes de lion, de tigre, léopards, éléphants, etc. Des trophées de chasse du baron local qui raffolait de la chasse au gros gibier. La pièce maîtresse de ce musée est sans conteste le dromadaire de Napoléon qui lui a servi de monture pendant la campagne d’Égypte. Drôle de destin pour un animal !