/weekend
Navigation

D’un extrême à l’autre

Catherine-Anne Toupin dans Boomerang : Noël chez les Bernier
Photo courtoisie Catherine-Anne Toupin dans Boomerang : Noël chez les Bernier

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir passé la majeure partie de 2018 à naviguer en eaux troubles et hautement dramatiques dans La meute et Unité 9, Catherine-Anne Toupin termine son année dans un tout autre état d’esprit : en remontant le temps dans un épisode spécial de Noël de Boomerang. Entrevue avec une actrice et dramaturge qui voyage d’un extrême à l’autre.

Voyez-vous votre rôle dans Boomerang comme une sorte de soupape ?

Tous les rôles sont des formes de soupape, mais différentes. La meute, pour moi, c’est quelque chose de profondément intime et connecté. C’est une parole que j’avais envie de transmettre... et que je fais avec bonheur et intensité chaque soir au théâtre. Unité 9, c’est le fun total d’explorer des zones tellement capotées et weird. Et Boomerang, c’est la légèreté, le plaisir de travailler avec une équipe que j’adore. Ce n’est pas parce qu’on joue une comédie que c’est plus agréable. C’est juste un trip différent.

D’où est venue l’idée de présenter un épisode de Noël ?

Les auteurs, les producteurs, les acteurs... On s’est dit : « Ça serait le fun que les gens connaissent la genèse des personnages. » Ce serait le fun de voir comment Karine et Patrick (Antoine Bertrand) ont fait connaissance, Richard (Émile Proulx-Cloutier) et Stéphanie (Magalie Lépine-Blondeau) en amour, Pierre (Marc Messier) et Monique (Marie-Thérèse Fortin) avant les soucis financiers... Aux États-Unis, ils font souvent ce genre d’épisodes. Surtout les sitcoms. L’épisode de Friends dans lequel ils reviennent en arrière au bal de finissants, c’est l’un de mes préférés !

Comme actrice, c’était comment d’explorer le passé d’un personnage que vous connaissez aussi bien ?

Assez tripant ! Pour Antoine et moi, c’était tout un défi de donner l’impression qu’on n’avait aucune connexion. Quand on tournait la première rencontre de Karine et Patrick à l’épicerie, le réalisateur nous disait toujours : « On dirait que ça fait 10 ans que vous êtes ensemble ! » Il fallait constamment se dire : « Faut pas que j’te regarde, faut pas avoir de chimie... »

Dans Unité 9, après des années à mener un régime de terreur à Lietteville, Shandy s’est finalement suicidée cet automne. Auriez-vous souhaité que votre personnage connaisse une fin heureuse ?

Non. Je trouve que (l’auteure) Danielle Trottier est allée au bon endroit. C’était la seule option. Plusieurs personnages d’Unité 9 ont trouvé le moyen de s’en sortir. C’est beau. Ça fait du bien. Mais en réalité, ce n’est pas tout le monde qui trouve une forme de rédemption. Un personnage comme Shandy, qui avait brûlé tous les ponts derrière elle, qui s’était isolée, qui n’avait plus rien à perdre parce qu’elle n’avait plus rien... Elle pouvait seulement se noyer dans cette vie qu’elle s’était créée. Dans une série d’une aussi grande vérité et profondeur, c’était quelque chose d’important à montrer, je crois.

Avec un peu de recul, quelle place occupe Shandy dans votre parcours ?

C’est mon plus grand défi d’actrice. Ce sont aussi mes plus grands moments d’abandon. Jean-Philippe [Duval, le réalisateur d’Unité 9] me disait souvent : « C’est fou ! On dirait que tu entres en transe. » Et c’était vrai. J’avais parfois l’impression d’oublier complètement que j’étais une comédienne en tournage, ce qui est rare. Unité 9, c’est aussi l’un des endroits où j’ai senti que tout le monde me soutenait. Parce que je remplaçais une autre actrice [Suzanne Clément a quitté la série et Shandy après une saison], j’ai toujours senti qu’on m’appréciait et qu’on m’encourageait. Ça m’a donné la permission de complètement m’abandonner dans ce rôle d’une extrême violence et d’une grande noirceur.

De nombreuses supplémentaires de votre pièce, La meute, ont été annoncées pour 2019. Bien qu’on parle d’une tragédie « ultra violente » dans laquelle vous incarnez une femme qui commet des gestes inacceptables, est-ce un beau cadeau de Noël à offrir ?

Oui ! (rires) Quand on l’a jouée en janvier et février derniers, plusieurs spectateurs nous ont dit que c’était quelque chose qu’ils s’étaient offert pour Noël. Un spectacle vivant, c’est toujours un beau cadeau. Oui, c’est une pièce dramatique, mais elle comprend énormément d’humour. Durant la pièce, il y a des moments qui font quasiment au théâtre d’été tellement ça rit ! C’est une pièce complexe qui va dans toutes sortes de sens.


TVA présente Boomerang : Noël chez les Bernier, le dimanche 9 décembre à 19 h.