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Gilets jaunes: le maire Régis Labeaume dans le feu de l’action

Régis Labeaume, témoin des violences à Paris, a même subi les effets des gaz lacrymogènes

Avec sa trottinette, ce gilet jaune passe à proximité d’un des nombreux incendies allumés par des protestaires dans les rues de Paris.
Photo AFP Avec sa trottinette, ce gilet jaune passe à proximité d’un des nombreux incendies allumés par des protestaires dans les rues de Paris.

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PARIS | Le maire de Québec a été témoin des violences qui ont duré toute la journée dans la capitale française, hier, principalement dans le quartier où il logeait, subissant même les effets des gaz.

Le maire Régis Labeaume a été témoin des manifestations, hier.
Photo Jean-Luc Lavallée
Le maire Régis Labeaume a été témoin des manifestations, hier.

Régis Labeaume a participé aux Journées Québec, à Paris, une grande foire de recrutement pour les employeurs québécois en quête de main-d’œuvre française. L’évènement se déroulait loin des heurts, dans le 13e arrondissement. Il lui fallait cependant revenir en fin de journée à son hôtel, situé dans le 8e arrondissement, là où les casseurs sévissaient.

Impossible d’y revenir en taxi – les chauffeurs refusant des courses dans le secteur – ou de faire la totalité du trajet dans les transports publics en raison de la fermeture de plusieurs stations de métro. Une longue marche s’est donc imposée.

« Ç’a été un peu compliqué... On s’est ramassés en plein cœur. C’était tout un spectacle de voir les casseurs professionnels qui étaient là. Le problème, c’est quand on s’est fait entourer par les antiémeutes, j’ai senti qu’on était en plein milieu de l’action », a-t-il confié à l’auteur de ces lignes, qui l’accompagnait.

Incendies et nuages de gaz

Ce manifestant s’est servi d’un lance-pierres pour attaquer les forces de l’ordre.
Photo AFP
Ce manifestant s’est servi d’un lance-pierres pour attaquer les forces de l’ordre.

Le Journal a été témoin de violents affrontements avec les policiers et de multiples incendies allumés en marge des manifestations des « gilets jaunes », ce mouvement issu du peuple qui revendique une baisse des taxes (principalement sur le carburant) et un rehaussement du pouvoir d’achat.

Des barricades improvisées – composées de matériaux de chantiers de construction ou de mobilier urbain – et plusieurs véhicules ont été détruits par les flammes. Des commerces ont également été saccagés et pillés. Sirènes incessantes, grenades assourdissantes, nuages de gaz irritants ; quiconque circulait au cœur de Paris ne pouvait les éviter hier.

« C’est désagréable, les gaz lacrymogènes », a constaté le maire, les yeux et la gorge légèrement irrités. Il dit toutefois n’avoir jamais craint pour sa propre sécurité. « Ils ne visent pas les individus, ils visent le méchant capitalisme. »

Entouré de milliers de gilets jaunes, cet homme brandit un drapeau
français devant l’Arc de Triomphe.
Photo AFP
Entouré de milliers de gilets jaunes, cet homme brandit un drapeau français devant l’Arc de Triomphe.

Images dévastatrices

« Les images sont assez dévastatrices », a renchéri M. Labeaume, qui estime peu probable qu’un mouvement inspiré des gilets jaunes fasse des petits à la maison. « Il y a de la misère à Québec, mais on ne vit pas ce genre de situation. L’iniquité sociale est moins évidente chez nous qu’ailleurs. À Paris, le coût de la vie est très cher. »

Les policiers, présents par milliers, semblaient pourtant dépassés par les évènements, hier, à Paris. Les heurts ont débuté très tôt en matinée autour de l’Arc de triomphe, près des Champs-Élysées. Plus de 270 personnes ont été arrêtées. En fin de soirée, on dénombrait plus de 110 blessés, dont 17 parmi les forces de l’ordre.

« Nous sommes un mouvement pacifique, c’est juste que nous sommes désorganisés », a déploré Dan Lodi, un retraité de 68 ans. « Il y a toujours des abrutis venus pour se battre, mais ce n’est pas du tout représentatif » du mouvement largement soutenu par les Français, selon les sondages.

Depuis l’Argentine, au Sommet du G20, le président français Emmanuel Macron a condamné les responsables de ces violences qui « veulent le chaos » et « trahissent les causes qu’ils prétendent servir », sans pour autant offrir de solution à la crise qui sévit.

– Avec l’AFP