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«Se tenir debout, c’est la meilleure réponse»

Une centaine de personnes se rassemblent dans les rues de Québec en soutien aux Franco-Ontariens

Québécois, Franco-Ontariens et politiciens de plusieurs partis politiques se sont ralliés, hier, pour dénoncer les politiques parfois décrites comme « francophobes » du gouvernement Ford.
Photo Agence QMI, Guy Martel Québécois, Franco-Ontariens et politiciens de plusieurs partis politiques se sont ralliés, hier, pour dénoncer les politiques parfois décrites comme « francophobes » du gouvernement Ford.

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Près d’une centaine de personnes ont marché dans les rues de Québec, dimanche après-midi, pour démontrer leur solidarité aux Franco-Ontariens touchés par les coupes du gouvernement ontarien dans les services en français.

Le départ s’est donné au parc de la Francophonie, voisin de l’Assemblée nationale, pour se terminer à la place Royale, deux destinations symboliques, selon les organisateurs.

Québécois, Franco-Ontariens et politiciens de plusieurs partis politiques se sont ralliés, hier, pour dénoncer les politiques parfois décrites comme « francophobes » du gouvernement Ford.
Photo Agence QMI, Guy Martel

En plus de résidents de la Capitale-Nationale, des politiciens fédéraux et municipaux ainsi que des Franco-Ontariens débarqués tout droit d’Ottawa ont pris part au rassemblement. Ils ont d’une même voix dénoncé les mesures controversées du premier ministre Doug Ford et ont rappelé l’importance du fait français au Canada.

Le ministre fédéral et député de Québec, Jean-Yves Duclos, a appelé les francophones à « se tenir debout » jusqu’à ce que le gouvernement ontarien fasse marche arrière et respecte sa promesse de mettre sur pied une université francophone.

Québécois, Franco-Ontariens et politiciens de plusieurs partis politiques se sont ralliés, hier, pour dénoncer les politiques parfois décrites comme « francophobes » du gouvernement Ford.
Photo Agence QMI, Guy Martel

« C’est la seule attitude que M. Ford va comprendre. C’est pour ça que marcher aujourd’hui, se tenir debout, c’est la seule et la meilleure réponse », a affirmé M. Duclos.

« Recul inacceptable »

La marche a « moins mobilisé qu’en Ontario parce que ça ne nous touche pas directement », selon le coorganisateur Félix Pelletier-Belzile. « Mais je pense que si on sondait la population du Québec, il y a un grand désaccord avec ce qui se fait là-bas », a-t-il ajouté.

Québécois, Franco-Ontariens et politiciens de plusieurs partis politiques se sont ralliés, hier, pour dénoncer les politiques parfois décrites comme « francophobes » du gouvernement Ford.
Photo Agence QMI, Guy Martel

Le conseiller municipal Patrick Voyer s’est exprimé au nom de Régis Labeaume, lisant une lettre envoyée par le maire au président de l’Assemblée de la francophonie en Ontario, Carol Jolin, il y a deux semaines. « Je ne peux que dénoncer ce recul inacceptable qui nous ramène à une époque où il fallait s’excuser d’être francophone », a écrit le maire de Québec, présentement en déplacement à Paris.

Québécois, Franco-Ontariens et politiciens de plusieurs partis politiques se sont ralliés, hier, pour dénoncer les politiques parfois décrites comme « francophobes » du gouvernement Ford.
Photo Agence QMI, Guy Martel

« Exemple de courage »

Le geste de la députée ontarienne Amanda Simard, qui a claqué la porte du caucus conservateur devant l’intransigeance du gouvernement, a été unanimement souligné par les manifestants. « C’est un exemple de courage », a vanté Jean-Yves Duclos, tandis que son collègue Joël Lightbound disait avoir « beaucoup d’admiration » pour la jeune élue.

Québécois, Franco-Ontariens et politiciens de plusieurs partis politiques se sont ralliés, hier, pour dénoncer les politiques parfois décrites comme « francophobes » du gouvernement Ford.
Photo Agence QMI, Guy Martel

Christiane Gagnon, qui a vécu le tumulte du mouvement S.O.S. Montfort à titre de députée du Bloc québécois de 1993 à 2011, n’a pas hésité à comparer Mme Simard à Gisèle Lalonde, figure du combat des Franco-Ontariens pour préserver l’Hôpital Montfort à la fin des années 90. « Elles sont intègres dans leur mission et leur combat. J’espère que les gens vont s’en souvenir », a lancé Mme Gagnon, qui en était à une première action publique depuis son revers aux élections de 2011.

Une décision qui ne passe toujours pas

« C’est important de montrer aux Franco-Ontariens que la lutte qu’ils mènent en ce moment dépasse les frontières de l’Ontario. C’est une question de respect envers la communauté francophone qui a une place historique et très importante au sein du Canada. On se doit de la respecter. Ces coupes-là sont inacceptables. »

– Joël Lightbound, député libéral de Louis-Hébert

« La promotion de la dualité linguistique, c’est non négociable. C’est un facteur fondamental de l’identité canadienne. »

– Steven Blaney, député conservateur de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis

« Vingt ans plus tard, on vit la même affaire. Mike Harris disait aussi que ses finances ne lui permettaient pas de garder Montfort. [...] [La langue], c’est un combat de tous les instants. »

– Christiane Gagnon, députée du Bloc québécois de 1993 à 2011

« C’est important pour Québec, mais aussi pour l’ensemble du Canada. Il y a deux langues officielles au Canada. C’est une richesse, ce n’est pas une honte d’être francophone. »

– Patrick Voyer, conseiller municipal de Québec, district Les Monts