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Que tout le monde s’élance

Que tout le monde s’élance
Photo Didier Debusschère

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S’il existait un sport permettant de bouger tout en restant bien au chaud, réunissant plusieurs générations, favorisant les rencontres sociales et le dépassement de soi, et engendrant peu de frais, l’essayeriez-vous ? On y joue pourtant depuis belle lurette... Les quilles !

Même si la communauté de quilleurs et le nombre de salons ont diminué depuis les florissantes années 90, les quilles se taillent toujours une place au sein de l’offre de loisirs qui a explosé.

Pourquoi ne pas profiter de la période des Fêtes pour découvrir ou renouer avec cette activité qui rassemble petits et grands ?

Au Quillo-Max Val-Bélair, le plus jeune joueur de la ligue junior, Jacob Thibault, 7 ans, et la doyenne de la ligue de l’âge d’or, Mercedes Beaulieu, 97 ans, partagent une même passion pour les grosses quilles, malgré les neuf décennies qui les séparent. Voilà la preuve qu’il n’y a pas d’âge pour jouer aux quilles !

Avec l’aide d’antidalots et d’une rampe sur laquelle l’enfant dépose sa boule pour ensuite la pousser sur l’allée, un enfant de 4 ans (et même plus jeune) peut apprivoiser les grosses et les petites quilles.

Que tout le monde s’élance
Photo Didier Debusschère

Le poids des grosses boules qui varie de 6 à 16 livres et celui des petites qui est d’environ 3 livres et demi permettent à des joueurs de toutes capacités physiques de tenter un abat. Enfants, parents et grands-parents mesurent donc leurs talents sur les allées, tissant des liens et créant d’heureux souvenirs.

Initier les jeunes

Toutes les générations s’amusent ferme aux quilles, même les plus jeunes, comme ici avec la Ligue junior du Salon de quilles 
Montmorency, de Québec.
Photo Didier Debusschère
Toutes les générations s’amusent ferme aux quilles, même les plus jeunes, comme ici avec la Ligue junior du Salon de quilles Montmorency, de Québec.

 

Il suffit d’une seule partie pour allumer la flamme du jeu chez les jeunes, puis pour leur donner envie de faire partie d’une ligue. La plupart des salons offrent d’ailleurs des ligues juniors, au sein desquelles un instructeur conseille les jeunes quilleurs, qui pourraient ensuite être tentés par la compétition, pour évoluer aux grosses quilles sur les scènes provinciales, canadiennes et mondiales.

Parmi les modèles inspirants pour eux, et il y en a plusieurs, notons Marc-Antoine Caron, Sara-Maude Desbiens et Samuel Demers qui font partie de l’équipe canadienne junior, puis François Lavoie, âgé de 25 ans, détenteur de plusieurs titres provinciaux et internationaux, qui évolue maintenant sur le circuit de la PBA (Professionnal Bowlers Association).

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Photo Didier Debusschère

 

Simon Tremblay, président de la Fédération québécoise des Dix-Quilles, joueur élite et entraîneur, constate que beaucoup de joueurs qui ont évolué chez les juniors, « sont devenus parents, amènent aujourd’hui leurs enfants aux quilles, puis s’investissent en devenant entraîneurs ».

Lui-même a commencé à jouer aux quilles à l’âge de 8-9 ans, dans les années 90. « Les quilles sont venues à moi », affirme celui qui a grandi dans un village où il y avait peu de divertissement avant l’ouverture d’un salon de quilles qui a comblé ses besoins de bouger et de se réunir entre amis.

Ce ne sont pas tous les parents qui ont les moyens d’inscrire leur enfant au hockey, constate M. Tremblay, axant sur l’accessibilité des quilles et la valorisation des jeunes par le sport.

Pas d’âge pour joindre une ligue

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Photo Didier Debusschère

 

Il n’est jamais trop tard pour joindre une ligue de quilles récréative, peu importe son âge et ses qualités de joueurs. Même si les saisons commencent en août et septembre, il est possible de débuter en tant que remplaçant par exemple, ou en complétant une équipe à la recherche d’un nouveau joueur.

Et « ce n’est pas un prérequis de bien jouer », souligne Stéphane Lépine, propriétaire des salons Montmorency et St-Pascal, car l’amélioration vient avec la pratique, au fil des boules lancées.

« Ceux qui ont le plus de plaisir, sont ceux qui ne s’en font pas trop avec le pointage », mentionne Maurice Richer, propriétaire de Quilles Univers Beauport. Et l’expérience devient encore plus valorisante lorsqu’on se mesure à soi-même, en tentant d’améliorer son pointage personnel à chaque partie. Les joueurs élites représentent une minorité de joueurs, soit environ 2 %.

Par ailleurs, il est faux de croire qu’il faut posséder ses propres souliers et sa boule personnelle pour jouer aux quilles, car l’équipement est disponible en location dans les salons.

Des joueurs qui ont bien du plaisir au Salon de quilles St-Pascal, à Québec.
Photo Didier Debusschère
Des joueurs qui ont bien du plaisir au Salon de quilles St-Pascal, à Québec.

À toutes occasions, les quilleurs occasionnels sont aussi les bienvenus dans les salons. Un appel en semaine permet de s’assurer de la disponibilité des allées souvent occupées par les ligues d’adultes. Il en va de même les samedis et les vendredis soirs, de même que les fins de semaine, à l’occasion de fêtes d’enfants, de partys de bureau, de réunion de famille, d’activités de collecte de fonds, de soirées animées de musique et lumières, etc.

Le Boule-O-Drome à Lévis favorise d’ailleurs ces rencontres amicales, parce que « jouer aux quilles c’est toujours le fun », souligne la propriétaire Claire Nolet.

Service clef en main pour organiser des « partys » avec traiteur, soirées de pizza à volonté, forfaits pour les ados, thématiques originales, concours, karaoké, etc., les salons usent d’originalité pour attirer de nouveaux joueurs.

Les systèmes informatiques ont aussi évolué, rendant l’expérience plus actuelle.

De retour d’un voyage aux États-Unis, Mme Nolet affirme que « l’offre du jeu de quilles s’est élargie par le développement de logiciels plus interactifs », qui comprennent de petits jeux vidéo et un accès aux réseaux sociaux, par exemple. Prochaine étape !

Les bienfaits des quilles

► Jouer aux quilles engendre une multitude de bienfaits physiques, psychologiques et sociaux. Par exemple, ce jeu permet de bouger en tonifiant ses muscles, en préservant son équilibre et sa souplesse. Il fait oublier les tracas quotidiens, en se concentrant sur une activité positive.

► La pratique des quilles est également, pour plusieurs, l’occasion de faire des rencontres, d’enrichir sa vie sociale. Comme le mentionne Maurice Richer, propriétaire de Quilles Univers, pour une grande majorité des gens, c’est tout simplement un agréable passe-temps. Entrer dans un salon de quilles est aussi une façon de déjouer les aléas de mère Nature, peu importe la saison.

► Qu’il pleuve, qu’il neige, que le thermomètre grimpe ou touche le fond, l’ambiance est toujours agréable.

Quelques chiffres

► Près de 95 millions : Le nombre de personnes autour du monde jouant aux quilles.

► Près de 1 kilomètre : la distance parcourue à la marche par un joueur pendant une série de trois parties.

► Entre 170 et 300 : Le nombre de calories qu’il est possible de brûler par partie, selon le poids du joueur et le niveau d’effort.

Référence : francais.bowlcanada.ca

Cinq jeux de quilles

► Dans la province de Québec on joue à quatre types de jeux de quilles, dont les grosses quilles (ten pins bowling) qui se pratique à travers le monde et est privilégié par les joueurs compétitifs, ainsi que les petites quilles (rubberband duckpins) qui se joue majoritairement au Québec.

► Il y a aussi les cinq quilles (five pins bowling) auquel on s’adonne plutôt dans la région de l’Outaouais, ainsi que le candlepin bowling (nommé ainsi car les quilles s’apparentent à de grosses chandelles), que l’on observe davantage dans l’Est-du-Québec.

► Quant au duckpin bowling (ressemble aux petites quilles, mais sans la bande de caoutchouc autour), il s’agit d’un jeu répandu aux États-Unis.