/entertainment
Navigation

Quel type de maman êtes-vous?

Portrait of happy mother and baby
Photo Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

Dans son livre Maman en construction, Lory Zephyr explique que la personnalité des parents a une grande influence sur la vie du bébé à naître. Certains psychologues se sont penchés sur les différents traits de personnalité et ont établi des catégories spécifiques aux mères. Le Journal vous présente des extraits du livre.

Extrait du livre<br/><b><i>MAMAN EN CONSTRUCTION</i></b><br/>Lory zephyr<br/>Les Éditions de l’Homme
Photo courtoisie
Extrait du livre
MAMAN EN CONSTRUCTION
Lory zephyr
Les Éditions de l’Homme

LA MÈRE PERFECTIONNISTE

La mère perfectionniste se caractérise par son désir de contrôle, son anxiété et sa peur en général. Souvent, pour elle, son propre regard et celui des autres sont un lourd poids à porter. C’est la femme qui est constamment bien mise, qui parle toujours de sa grossesse de façon positive et qui trouve le temps de performer au travail entre ses cours d’entraînement en parcours et sa cuisine moléculaire. En soi, il n’y a pas de problème à accomplir toutes ces choses. Le hic, c’est qu’elle le fait davantage pour le regard des autres que pour elle-même.

Si vous vous reconnaissez dans ce profil, vous remarquerez peut-être que vous vous permettez difficilement de montrer les facettes moins belles de vous-même et de ce que vous vivez. L’apprentissage du lâcher-prise peut vous être grandement bénéfique.


LA MÈRE IMPRÉVISIBLE

La mère imprévisible est surtout reconnue pour ses émotions changeantes. Comme son ressenti prend facilement le dessus sur elle, elle peut, selon les circonstances et de manière soudaine et inattendue, montrer de la colère, du stress, de la tristesse ou de la joie. Avec les hormones de grossesse et tous les changements psychologiques, physiques et identitaires qui en découlent, elle peut vivre un tourbillon émotionnel parfois très intense, voire trop intense. L’entourage ressent aussi souvent les contrecoups de son comportement. Comme la mère imprévisible a des réactions explosives, ses proches peuvent chercher à fuir, ce qui risque, par effet domino, de l’insécuriser et d’augmenter ses émotions négatives.

Dans cette optique, si vous croyez être une mère imprévisible, vous avez sans doute avantage à être accompagnée professionnellement pour mieux comprendre et gérer vos émotions.


LA MÈRE « MEILLEURE AMIE »

Cela paraît moins pendant la grossesse spécifiquement, mais la mère « meilleure amie » aime mieux entretenir avec ses enfants une relation où priment l’égalité et la confiance. Tout ce qui touche la discipline ou l’instauration de limites l’angoisse. Elle évite donc de se mettre dans une position d’autorité. Il arrive que cette facette de sa personnalité transparaisse, au cours de la grossesse, dans ses relations amicales, professionnelles ou conjugales. C’est le genre de femme qui stresse pendant deux jours à l’idée de demander à son conjoint d’accomplir davantage de tâches domestiques, car elle trouve qu’il travaille déjà fort. Certaines femmes disent dès le début de leur grossesse qu’elles ne souhaitent pas imposer de limites à leur enfant.

Si c’est votre cas, peut-être est-ce le bon moment pour réfléchir aux raisons de cette posture. Explorer les raisons de cette aversion à l’égard de la discipline pourrait vous préparer à mieux intégrer ce volet de votre futur rôle de mère plutôt que de l’éviter.


LA MÈRE « SUFFISAMMENT BONNE »

Donald Winnicott est un pédopsychiatre et psychanalyste britannique qui a proposé des théories toujours d’actualité aujourd’hui. Un de ses concepts marquants est celui de la mère « suffisamment bonne ». Il explique que, dès ses premiers jours de vie, le bébé ne peut pas supporter ce qui est angoissant, mauvais ou frustrant. En raison de sa grande vulnérabilité, il se sent menacé lorsque ses besoins ne sont pas satisfaits. Il se trouve dans un état de dépendance absolue et c’est pour cette raison que la mère répondra de façon presque parfaite à ses besoins grâce à son holding (maintien).

Le holding fait référence non seulement à la manière dont la mère prend son bébé dans ses bras, mais aussi à celle dont elle répond à ses besoins. À cette étape, le bébé se nourrit de ce que son environnement lui apporte de positif, comme s’il n’y avait pas de distinction entre lui et ce qui lui est extérieur.

Après quelques semaines cependant, il est plus conscient des soins que sa mère lui donne. On parle alors de handling (maniement). Si ces soins sont constants et fiables, le bébé intègre un souvenir positif et l’assurance qu’il peut faire confiance à son environnement.

Selon Winnicott, c’est durant cette période que s’opère une désadaptation progressive de la mère qui permet à l’enfant d’émettre un signal auquel elle peut répondre. Durant cette seconde phase, le bébé comprend que, malgré la présence d’un délai, il peut faire confiance et qu’il est en sécurité, car ses expériences passées le lui ont confirmé.

Ainsi, la mère « suffisamment bonne » est la mère fiable qui permet une saine distance entre elle et l’enfant pour que celui-ci puisse manifester ses besoins alors que la tension qu’il supporte lui est tolérable. Lorsque cette étape se passe bien, Winnicott constate que les enfants sont assez confiants pour se tourner davantage vers l’exploration de leur monde. Ultimement, ils apprennent à être seuls, ce qui leur permet d’acquérir leur autonomie et de construire une saine indépendance.

Selon Winnicott, la majorité des mères sont naturellement « suffisamment bonnes » et, pour l’être, elles n’ont pas à remplir leur rôle parfaitement en tout temps. Au contraire, cette théorie montre l’importance de ne pas toujours chercher à être parfaite et de quelle façon cela contribue positivement au développement de l’enfant.


L’IDÉAL DE LA MÈRE COMPLÈTE

La mère complète arrive à offrir à ses enfants un milieu qui leur procure soutien, chaleur, amour et stabilité.

Vous correspondez à ce type de mère si vous accueillez sereinement votre maternité. Vous planifiez la venue de votre bébé en n’en faisant ni trop ni pas assez. Vous lisez par-ci par-là sur la grossesse et la maternité tout en vous faisant confiance face à l’inconnu. Vous tenez pour acquis que votre bébé aura une personnalité qui lui est propre et vous avez hâte de le voir. Vous lui parlez d’ailleurs fort probablement déjà alors qu’il se trouve dans votre ventre. C’est un être à part entière qui mérite respect et empathie, et qui se doit d’être valorisé dans son unicité. Malgré les sacrifices que la grossesse et la maternité vous imposent, vous sentez que vous les assumez sans toutefois vous gêner pour dire que cela vous fait vivre des émotions négatives.

Cela dit, quelque chose cloche dans ce portrait, n’est-ce pas ? Même si, dans l’ensemble, la description semble faire référence à un modèle adéquat, il peut sembler être à la limite trop parfait...


LA MÈRE « MOI D’ABORD »

Vous l’aurez deviné, la mère « moi d’abord » est plutôt centrée sur elle-même. Elle aime capter l’attention et souhaite être admirée des autres. Elle a souvent tendance à voir son bébé comme le prolongement d’elle-même, ce qui peut être problématique. En fait, dès le début de la grossesse, ses attentes à l’égard de son enfant sont bien simples : il devra répondre à ses désirs et s’adapter à elle. Ainsi, il peut être difficile pour ce type de mère de comprendre que son bébé aura sa propre personnalité, qu’il affirmera parfois farouchement ses besoins et qu’il ne s’adaptera pas si facilement à la vie qu’elle a envisagée.

Si vous reconnaissez en vous certains traits de cette mère, peut-être avez-vous remarqué que vous parlez plus que vous n’écoutez. On vous l’a même déjà dit ! Et si vous essayiez l’inverse ? C’est en forgeant qu’on devient forgeron, alors c’est en écoutant qu’on devient plus sensible aux autres.


En fin de compte, les mères devraient se poser seulement les questions suivantes : « Est-ce que mes interactions avec mon bébé sont généralement positives et nourrissantes pour lui ? », « Est-ce que je lui fais sentir qu’il est aimé ? », « Est-ce que mes soins répondent le plus possible à ses besoins ? » Si vous pouvez répondre oui à ces questions, alors vous êtes une bonne maman. Tout simplement.