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Revisiter la malédiction des Templiers

Mireille Calmel
Photo courtoisie, Cathy Bistour Mireille Calmel

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La romancière française Mireille Calmel propose aux lecteurs de la suivre dans une histoire captivante liée à la malédiction des Templiers dans sa nouvelle saga historique en deux tomes, La Fille des Templiers. Et le plus extraordinaire, c’est que la découverte d’un manuscrit ancien par une de ses fidèles lectrices est à l’origine du projet.

Mireille Calmel ne s’attendait pas à se replonger dans l’histoire des Templiers, un ordre religieux et militaire du Moyen-Âge. Et encore moins de parler de la malédiction légendaire qui leur est rattachée, à savoir que le roi Philippe Le Bel et tous ses héritiers allaient payer pour la mort sur le bûcher de Philippe de Molay, grand maître de l’Ordre.

Ce thriller remarquable commence en 1314, alors que le roi reçoit la malédiction pendant que Philippe de Molay se meurt.

Huit ans plus tard, Charles IV est prévenu que sa maîtresse, Jeanne de Dampierre, est aussi liée aux Templiers et souhaite sa mort.

Avant de mourir, Philippe Le Bel avait confié qu’une jeune femme, Flore Dupin, était liée à la malédiction. Ses soldats se lancent à la recherche d’une paysanne portant sur le ventre une étrange tache de naissance.

« J’avais décidé de ne pas écrire sur les Templiers, parce que je pensais que tout avait été dit. J’ai tellement lu de choses là-dessus que je ne voyais pas ce que je pouvais apporter de plus », commente Mireille Calmel, en entrevue.

Découverte inattendue

Les choses ont changé lorsqu’une lectrice qui lui est fidèle depuis 20 ans a réalisé un rêve d’enfant en achetant une propriété qui avait appartenu aux Templiers, en Champagne.

« La terre appartenait à Hughes de Payns, donc le premier grand maître. Elle a fait rénover la tour et elle a trouvé une cache avec des documents signés par Hughes de Payns, Bernard de Clairvaux et Baudoin II de Jérusalem, qui sont les fondateurs de l’Ordre. »

La lectrice a communiqué avec Mireille Calmel, car le texte était en latin. « Elle voulait savoir ce que ça signifiait. J’ai vu le texte avant tout le monde. Ce texte, c’est le lien entre la création de l’ordre du Temple et les gardiens de la Sainte Ampoule, ce que j’explique dans le roman. »

La sainte ampoule dont elle parle fait référence à une fiole qui aurait contenu une huile sacrée, utilisée pendant le baptême de Clovis, roi des Francs.

Chronologie

« Personne jusqu’à maintenant n’avait parlé de ça : ni romancier ni historien. Le document est toujours en cours d’authentification, mais je me suis dit, comment on a pu passer à côté d’un truc pareil ? Et maintenant que j’ai l’information, est-ce que je retrouve trace dans l’histoire de quelque chose qui me permet de dire que c’est vrai ? »

Mireille Calmel a tout retrouvé. « À la fin du livre, vous avez le tableau chronologique qui m’a permis de dire qu’effectivement, c’est bien le cas : l’ordre du Temple a aussi été créé pour protéger les gardiens de la Sainte Ampoule et l’abbaye Sainte-Colombe à Sens. »

Un trésor

Le livre est né de cette nouvelle matière exceptionnelle. « Je me suis dit : il faut faire quelque chose. Il faut reprendre les protagonistes de l’époque, qui étaient le comte et la comtesse de Rethel, et à partir de là, j’ai fait ce thriller. Pour moi aussi, c’était un trésor ! »

Les personnages de Flore Dupin et de l’inquisiteur sont inventés, mais les autres ont existé. « Jeanne de Dampierre a eu un destin historique : après la mort du roi, bien des années plus tard, elle est devenue Jeanne la Flamme. Elle a été impliquée dans la guerre de Cent Ans. »

  • Mireille Calmel est l’une des grandes figures du roman historique français.
  • Ses best-sellers se sont vendus à plus de trois millions d’exemplaires en France et sont traduits dans 15 langues.

EXTRAIT

La fille des templiers, Mireille Calmel, XO Éditions, 374 pages
Photo courtoisie
La fille des templiers, Mireille Calmel, XO Éditions, 374 pages

« Flore essuya une perle de sueur à son front. Elle détestait cette moiteur estivale. Le franc soleil de ce 15 juillet 1322 rougissait ses joues de porcelaine, irritait ses yeux pervenche et, selon elle, donnait à son allure une impression de négligé. Non qu’elle fût particulièrement attachée au paraître. Fille de métayers, elle s’appliquait aux travaux de la ferme avec ses parents et y trouvait un plaisir sain, fait de son goût pour le grand air, la nature et les animaux. »

– Mireille Calmel, La Fille des Templiers