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Elle se sent oubliée par l’hôpital depuis 4 mois

Avec trois anévrismes au cerveau, une femme attend une intervention chirurgicale depuis quatre mois

Marie-Andrée St-Jean, que l’on voit consulter des documents médicaux, vit chaque jour avec la peur qu’un de ses trois anévrismes ne se rompe et la tue.
Photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair Marie-Andrée St-Jean, que l’on voit consulter des documents médicaux, vit chaque jour avec la peur qu’un de ses trois anévrismes ne se rompe et la tue.

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Une femme des Laurentides craignant pour sa vie à cause de trois anévrismes au cerveau s’est sentie abandonnée par l’hôpital qui doit l’opérer depuis quatre mois, car personne n’a daigné la rappeler.

« J’ai peur de mourir ou de rester avec des séquelles. [...] Je n’ai que 66 ans, je ne suis pas prête à partir tout de suite », plaide Marie-Andrée St-Jean.

En mai dernier, la résidente de L’Ascension a rencontré une neurochirurgienne au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) qui lui a dit vouloir l’opérer. Un examen de routine l’an passé avait révélé pas un, mais trois anévrismes à différents endroits de son cerveau, dont deux jugés de taille moyenne à 6 et 8 mm.

Un anévrisme est la dilatation d’un vaisseau sanguin à un endroit qui se gonfle au fil des ans. Le danger est qu’il se rompe, causant un saignement abondant pouvant être fatal.

En juillet, Mme St-Jean a subi une série d’examens préopératoires en vue d’une chirurgie « en septembre ou au plus tard en octobre », dit-elle.

Appel du Journal

« Je n’ai aucune nouvelle », se désespère-t-elle. La dame a appelé quatre fois à la clinique de neurologie de l’hôpital dans les cinq dernières semaines. Des réceptionnistes lui auraient promis de faire le message à sa médecin, sans succès.

Ce n’est qu’hier soir, après les appels du Journal que sa spécialiste l’a contactée, lui disant qu’elle ne serait pas opérée avant Noël à cause du nombre de salles d’opération limité.

« C’est effrayant, je ne sais plus à quel saint me vouer », dit-elle. Puisque la sexagénaire habite à près de trois heures du CHUM, elle craint de ne pas pouvoir être hospitalisée assez rapidement en cas de rupture d’anévrisme.

Des tests à refaire ?

De plus, le CHUM confirme que les examens préopératoires sont valides pour trois mois. Ainsi, lorsqu’elle sera opérée, Mme St-Jean devra refaire des prises de sang et les médecins pourraient demander de nouveaux scans.

« Combien ça coûte au gouvernement tous ces examens que j’ai passés. [...] C’est ridicule », souffle-t-elle.

La porte-parole du CHUM, Lucie Dufresne, soutient que Mme St-Jean « est dans les délais d’attente pour les cas électifs et qu’elle sera opérée dès que possible ».

Lourdes conséquences

L’attente reste lourde de conséquences. Pour éviter une rupture d’anévrisme, elle a dû cesser toute activité physique menaçant de faire monter sa pression.

Sa médecin lui a aussi dit qu’elle devait arrêter les médicaments au moins six semaines avant l’intervention.

Fini les anti-inflammatoires pour cette aînée qui souffre d’arthrite depuis quatre mois. Aussi, Mme Saint-Jean a cessé les hormones qu’elle prenait quotidiennement depuis une hystérectomie et a l’impression de vivre une deuxième ménopause avec les chaleurs et les sautes d’humeur.

Qu’est-ce qu’un Anévrisme

  • Un anévrisme cérébral est une faiblesse de la paroi d’une artère située dans le cerveau.
  • Cette dilatation prend souvent la forme d’un « ballon » qui se gonfle.
  • Le « clippage » d’anévrisme est une opération de quatre à six heures sous anesthésie générale. Après le retrait d’une portion d’os du crâne, l’anévrisme est délicatement dégagé. Une ou plusieurs pinces métalliques seront apposées à la base de l’anévrisme, l’empêchant de continuer à se remplir de sang.
  • L’American Stroke Association qualifie de taille moyenne les anévrismes de 6 à 15 mm. Certains peuvent atteindre plus de 25 mm.
  • La taille, mais aussi l’emplacement et sa forme peuvent influencer les risques de rupture.

Source : CHU de Québec