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Grosse expo pour La petite vie

La comédie culte bénéficie d’une exposition ludique, immersive et riche

L’auteur Claude Meunier, assis au cœur du décor du salon, remonté de toutes pièces pour l’occasion.
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean L’auteur Claude Meunier, assis au cœur du décor du salon, remonté de toutes pièces pour l’occasion.

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Claude Meunier se réjouit de l’engouement suscité par l’exposition spéciale La petite vie au musée Pointe-à-Callière, mais chaque fois qu’il voit quelqu’un prendre ses aises au milieu du salon des Paré, il refoule une irrésistible envie de s’écrier : « Hey, vous êtes chez nous ! »

Le salon n’est pas l’unique pièce de l’appartement de Moman et Popa qu’on a remontée pour l’exposition, qui s’ouvre officiellement aujourd’hui. La cuisine, la chambre des maîtres et l’atelier de Ti-Mé ont également été reconstitués à partir des décors qu’Avanti, la maison de production derrière La petite vie, gardait entreposés à Montréal au coût de quelques milliers de dollars par année.

Les différents costumes, perruques et accessoires de chacun des personnages de La petite vie, incluant ceux de Popa, ont été conservés.
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
Les différents costumes, perruques et accessoires de chacun des personnages de La petite vie, incluant ceux de Popa, ont été conservés.

Sérieusement ludique

Bien qu’au musée Pointe-à-Callière on qualifie cette exposition de « ludique », elle a été organisée avec beaucoup de sérieux. Et quand on visite les lieux, ça paraît. Répartie sur deux étages, elle regorge de détails qui plairont autant aux fans invétérés qui connaissent chaque épisode par cœur qu’aux téléspectateurs occasionnels, curieux de revisiter l’un des plus grands phénomènes télévisuels de l’histoire du Québec.

Les mordus d’Instagram se délecteront devant le vieux station wagon familial ou encore le fameux lit vertical de Moman et Popa, dans lesquels tout un chacun peut prendre place, le temps de réaliser quelques photos de souvenirs. Les plus motivés pourront également s’amuser à essayer les folles perruques de Thérèse (Diane Lavallée), porter les ensembles monochromatiques de Creton (Josée Deschênes) et danser la bamba avec autant de vigueur que Rénald (Marc Labrèche).

Test de personnalité

2018 oblige, l’exposition comprend également un test de huit questions qui permet aux visiteurs de savoir à quel personnage ils ressemblent le plus. L’auteur Claude Meunier l’a passé et, sans surprise, le résultat s’est arrêté sur Ti-Mé.

Quant aux autres salles, l’une retrace les origines de l’émission (un sketch aux Lundis des Ha ! Ha ! en 1983) et l’autre nous rappelle, à travers des compilations statistiques et des extraits vidéo, à quel point La petite vie a connu un succès immense. En mars 1995, l’épisode intitulé Réjean reçoit a rassemblé 4 098 000 de téléspectateurs, un record. Encore aujourd’hui, les reprises du samedi soir à Radio-Canada rallient des auditoires qui dépassent parfois les 600 000 personnes.

Expo bonifiée

L’exposition La petite vie déménage à Montréal après avoir été présentée, en 2013, au Musée québécois de culture populaire de Trois-Rivières. Puisque Pointe-à-Callière offre « le double d’espace », de nombreux ajouts ont été effectués, selon la directrice générale du musée, Francine Lelièvre.


L’exposition La petite vie du musée Pointe-à-Callière de Montréal se poursuit jusqu’au 7 avril 2019.

Et pourquoi pas un savon « steak, blé d’Inde, patates »

Parmi les produits dérivés vendus à la boutique du musée, signalons des pains de savon « pâté chinois ».
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
Parmi les produits dérivés vendus à la boutique du musée, signalons des pains de savon « pâté chinois ».

L’exposition-événement La petite vie a entraîné la création d’une gamme de produits dérivés parfois inusités, comme des pains de savon en forme de pâté chinois (en clin d’œil au célèbre « steak, blé d’Inde, patates » de Thérèse), des rubans à mesurer « de Popa » et des épices à dinde. Offerts exclusivement au musée Pointe-à-Callière de Montréal, ces articles affichent des prix variant entre 2,99 $ (macaron) et 25 $ (tablier).

On trouve également des t-shirts (24,99 $) sur lesquels sont inscrites des répliques cultes du sitcom québécois, comme « Je ne suis pas cheap ! » de Rénald, « Chu une femme, comprends-tu ? » de Caro, et « Salut mon homme ! » de Pogo.

Du côté des tasses, le modèle sur lequel on aperçoit le célèbre « Comment c’qui va » de Réjean sera assurément un excellent vendeur à 14,99 $.

Réticence

En entrevue au Journal, le producteur Luc Wiseman raconte avoir « toujours refusé » de sortir des produits dérivés La petite vie, hormis quelques livres et coffrets DVD lancés au fil des années.

« Ça aurait été facile de s’associer à Glad pour lancer des sacs de poubelle, mais on voulait éviter de trop étirer l’élastique, confie le président d’Avanti, la boîte de production derrière la série. On nous l’aurait reproché. Surtout à l’époque. »

« Au Québec, c’est souvent mal vu de faire de l’argent ou d’avoir trop de succès, ajoute Claude Meunier. Ça vient peut-être de notre héritage judéo-chrétien. »

Réserves bientôt à sec

Parlant de produits dérivés, la cuvée La petite vie, apparue dans (presque toutes) les succursales SAQ en novembre pour souligner le 25e anniversaire de l’émission, connaît un joli succès.

Des 90 000 bouteilles de vin rouge et blanc Château Ragoût et Clos de Thérèse (12,95 $) offertes en éditions limitées, 70 % ont trouvé preneurs en moins d’un mois. Lors du 20e anniversaire, en 2013, 60 000 bouteilles avaient été distribuées.