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Le prix Turner récompense un court-métrage tourné avec un téléphone

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LONDRES | Une Écossaise explorant les questions homosexuelles, bisexuelles et transgenres dans un court-métrage filmé avec un iPhone a remporté mardi le prestigieux prix Turner, récompense britannique pour les artistes contemporains.

Charlotte Prodger, homosexuelle déclarée, a été récompensée pour son collage visuel d’une trentaine de minutes intitulé BRIDGIT lors d’une cérémonie au musée Tate de Londres.

Le travail de Mme Prodger «explore des questions sur l’identité des personnes "queer", le paysage, la technologie et le temps», a souligné le jury.

L’artiste de 44 ans, habillée d’un simple t-shirt blanc pour l’occasion, s’est dite «submergée d’émotions».

«Les histoires que je raconte, bien qu’elles me concernent et qu’elles soient personnelles, sont des histoires que beaucoup de gens - enfin, les personnes "queer", j’imagine - ont vécues”, a-t-elle expliqué à la chaîne de télévision publique BBC, après avoir collecté son prix de 25 000 livres sterling.

Installée à Glasgow, elle a travaillé dans un relatif anonymat pendant 20 ans avant d’être choisie pour représenter l’Écosse à la Biennale de Venise cette année.

Les oeuvres des trois autres finalistes en lice pour l’obtention du prix britannique avaient un ton politique marqué.

Les Londoniens de Forensic Architecture ont utilisé des technologies de modélisation 3D pour retracer la mort l’année dernière de deux personnes dans un village de bédouins du désert de Néguev au cours d’un raid de la police israélienne.

Ce groupe de recherche avait précédemment été mandaté par Amnistie internationale pour illustrer les mauvais traitements infligés à des prisonniers dans la geôle militaire syrienne de Saidnaya.

Le Néo-Zélandais Luke Willis Thompson a réalisé un portrait vidéo muet en noir et blanc d’une femme qui a diffusé en direct les instants suivant la mort de son compagnon afro-américain après avoir un contrôle de police aux États-Unis.

Les films et installations du Britannique Naeem Mohaiemen, également nominés, se sont penchés quant à eux sur l’héritage du colonialisme après la Seconde Guerre mondiale.