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Révolution 2, la barre est haute

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Depuis The Crown, qui n’est pas du tout dans la même veine, bien entendu, aucune série ne m’a captivé comme Révolution. Je n’avais pas vu autant de créativité à la télévision depuis longtemps.

Qui plus est, cette créativité était « made in Québec ». Elle était autant le fait de Québécois pure laine comme Katerine et Alexandre Leblanc (Team White), les grands gagnants, que celui de Québécois d’adoption comme Yoherlandy Garcia, finaliste plus qu’émérite.

La dernière émission allait se terminer quand Sarah-Jeanne Labrosse a annoncé, sourire aux lèvres, que Révolution reviendrait l’automne prochain. Trop souvent lorsque revient une série, les qualités de la première et l’engouement qu’elle a suscité ne sont pas au rendez-vous. J’ai trop aimé cette première saison pour ne pas mettre en garde les concepteurs de Québecor Contenu et de Fair-Play contre les dangers de la suite.

QUEL SERA LE CRU 2019 ?

Les auditions pour dénicher les candidats de la deuxième saison commenceront dès février prochain. Reverrons-nous quelques aspirants de cette année ? Sans doute. Quoi qu’il en soit, il faut espérer que le cru 2019 sera au moins de qualité égale à celui de cette année. Mais la barre est très haute.  

Sarah-Jeanne Labrosse, connue jusqu’ici comme comédienne (Donalda dans Les pays d’en haut), est la Madame Loyal de Révolution. Comme le Monsieur Loyal des cirques traditionnels, elle fut vraiment la « maîtresse » du plateau, présentant les danseurs, les réconfortant aussi, dialoguant avec les juges et servant de guide pour l’auditoire du studio comme pour les téléspectateurs. 

Est-ce la direction éclairée des réalisateurs Daniel Laurin et Josianne Lamarre ou est-ce la sensibilité naturelle de Sarah-Jeanne Labrosse qui lui ont fait trouver un ton aussi juste et une présence aussi mesurée ? La jeune comédienne, qui faisait ses premiers pas d’animatrice, fut d’une discrétion exemplaire. Des animateurs et animatrices de longue expérience auraient eu intérêt à l’observer. Espérons qu’elle gardera cette simplicité de ton et d’attitude.

ATTENTION AUX LARMES INUTILES

Espérons aussi que les caméras ne s’attarderont pas indûment aux émotions des participants. À Star Académie comme à La Voix, on a beaucoup exploité les larmes des participants et de leurs proches. Dimanche, j’ai eu peur de voir ressurgir cette tendance voyeuse.

Jean-Marc Généreux en a trop fait parfois, mais dans l’ensemble, les juges auraient pu servir de modèles à ceux de La Voix et d’autres émissions du genre. Les « maîtres » de Révolution sont d’une indiscutable compétence. Ils ne sont ni complaisants ni insensibles. Le bon jugement de Lydia Bouchard s’accompagne en boni d’un sourire à tomber. Larry et Laurent Bourgeois, les Twins, ont donné au jury un relief qui a vite fait oublier qu’on avait d’abord annoncé Steve Bolton, chorégraphe des Dieux de la danse, de Mary Poppins et de tant d’autres succès.

Une bourse de 100 000 $ pour les gagnants, c’est très alléchant, mais le finaliste perdant devrait-il se contenter de 10 000 $ ? C’est bien peu lorsque l’écart est si mince entre les deux finalistes. Ou on diminue la bourse du gagnant au profit des autres ou on ajoute des dollars.

La deuxième série sera-t-elle aussi réussie ? Je le souhaite pour ceux qui ont raté la première, qui restera mémorable pour moi et, sans doute, dans les annales de notre télévision.